Gregoire : « J’aurai aimé cotoyer Brel ou Ferré »

Grégoire c’est un peu le gendre idéal, le mec qu’on remarque à peine, à la gentillesse presque suspecte. Et pourtant, rien n’est joué. Ses chansons sont à son image, simples et vraies, toujours teintées d’optimisme voire un brin utopiques. Rencontre avec un garçon généreux et accessible, malgré son incroyable succès.

Tu seras en concert à Cosne sur Loire. Connais-tu la Région ?

Je ne connais pas Cosne en soi, mais je connais Bourges où je suis passé faire des plateaux radios. Mais ce n’est pas la région que je connais le mieux en France.

Est-ce que tu savais qu’une habitante de Nevers a été une de tes internautes productrices de ton premier album et figure dans le clip de “toi+moi” ?

Bérénice, oui c’est ma colocatrice. C’est d’ailleurs comme ça que je connais les neversois. Par son intermédiaire, j’ai plus connu les artistes issus de Nevers, comme Les Tambours du Bronx ou Jospeh d’Anvers, que la ville.

Tu revendiques ta “banalité”, est-ce facile de rester “banal” en étant devenu un chanteur populaire, avec la notoriété et l’argent qui vont avec ?

Dans un sens, je n’ai pas vraiment changé de vie. J’ai changé de rythme de vie avec les promos et tout ça, mais fondamentalement, je n’ai pas changé mes habitudes, je n’ai pas fait de folies. Mon cercle d’amis est toujours le même. J’ai la chance d’avoir connu le succès en faisant un métier que j’aime.

On t’a découvert vivant en colocation à tes débuts, c’est toujours le cas ?

"Le même soleil", deuxième album de Grégoire

"Le même soleil", deuxième album de Grégoire

Oui, j’y suis en ce moment même. Pendant que je te parle, un de mes colocs est en train de regarder la télé. Ça a évidemment participé à me faire garder la tête sur les épaules. Si j’avais pris le melon, ils me l’auraient dit tout de suite !

Ton deuxième album Le même soleil reçoit un bel accueil, as-tu eu peur de ne pas confirmer le succès du premier ?

C’est une peur qu’on a toujours, mais j’ai tendance à voir les choses de manière positive. Le premier arrive presque à 1,5 million d’exemplaires avec des thèmes que les gens ont aimé. Comme le second est dans le même esprit, parce que c’est mon style, je ne me suis pas inquiété plus que ça. Le deuxième a été fait aussi sincèrement que le premier en tout cas.

Tu dis que les gens se retrouvent dans tes chansons, laquelle te ressemble le plus ? Est la plus importante pour toi ?

C’est une question délicate parce qu’elles me ressemblent toutes. Même sur cet album, j’ai écrit une chanson qui s’appelle Mon Enfant bien que je n’en aie pas. Et les gens qui sont autour de moi, on jugé que cette chanson était juste, ça correspondait donc à un vécu pour quelqu’un. Et c’est ce qui compte pour moi…

Tu es associée depuis quelques années aux Enfoirés, c’est une reconnaissance pour toi ?

Tout à fait. Pour moi c’est une reconnaissance de mes chansons et des idées que je veux véhiculer. Toi+Moi fait l’ouverture d’un des spectacles et quand je vois ça à la télé, je suis super fier, sans prétention aucune, de me dire que cette chanson elle permet quelque part de faire manger des gens. Cette solidarité, c’est vraiment quelque chose que je revendique. Et puis dans cette troupe il y a vraiment des gens incroyables. Alors si pendant une semaine on peut tout donner pour les autres, ça parait naturel de la faire.

Y’a t’il un artiste qui t’a particulièrement impressionné dans cette bande ?

Évidemment, Jean-Jacques Goldman ! Cet homme-là est incroyable. C’était quelqu’un que j’admirais avant et le fait de le connaître ne m’a pas déçu. Bien au contraire. Francis Cabrel aussi. Ce sont vraiment des modèles de gentillesse, d’humilité et de simplicité.

Le dernier album des enfoirés

Le plus drôle ?

Ils sont tous très drôles, il y a toujours des joyeux lurons bien sûr. Mais le plus étonnant, c’est Francis Cabrel. Tu ne l’imagines pas comme ça et pourtant il a toujours une petite phrase pleine d’esprit qui amuse beaucoup.

Depuis 3 ans, Les Enfoirés massacrent un tube. “In The Army Now” en 2009, “I Was Made for Lovin’ You” en 2010 et “J’ai demandé à la Lune” en 2011. Peux-tu nous dévoiler le nom du responsable ?

Non ça je ne peux pas (rires). En fait je ne trouve pas que c’est massacré, c’est adapté. Sur J’ai demandé à la lune par exemple, ça a été réécrit par Michael Furlon qui avait écrit l’original.

Tu as également participé à de nombreuses manifestations pour des associations caritatives (Huntington Avenir, Faire Face, Ela, Les fontaines aux jouets…) ? Pourquoi cet engagement ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Ça représente beaucoup de choses. Quand les actions sont bien menées et que ça vient en aide à des personnes touchées par la fatalité eh bien ça me parait naturel d’aider dès que je le peux. Je suis aussi très touché par les bénévoles parce que ces gens-là donnent de leur temps sans rien attendre en retour.

Avec quel chanteur(euse) disparu aurais-tu rêver de chanter ?

J’aurais aimé cotoyer Brel ou Ferré, comme Lennon ou Presley. Pour des raisons différentes évidemment, mais j’aurais aimé oui.

Dernièrement, tu as signé une chanson du Film Titeuf, »Je commence à comprendre ». Tu es fan de la BD ?

C’est une BD qui s’adresse aux jeunes et qui le fait de manière assez juste. Quand on m’a proposé de participer j’ai accepté naturellement car la chanson et la musique me correspondaient assez bien.

La B.O du film Titeuf

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Le frère de Jean-Jacques Goldman était sur ce projet et m’a demandé de participer. J’ai donc naturellement accepté.

Quelle est la chanson préféré de ton répertoire (Chloé 12 ans) ?

C’est J’Adore je pense, sur mon deuxième album. Et évidemment il y a aussi Toi+Moi parce qu’elle a ouvert la voie à tout le reste. Il y a Ta Main aussi…

Les filles de ma soeur (8 ans et 6 ans) t’écoutent en boucle, ma fille de 6 ans aussi. D’où vient cet engouement de la jeunesse ?

Ça c’est un mystère (rires). Peut-être que sur Toi+Moi on a l’idée de la ritournelle et que du coup, ça se retient assez bien, comme les chansons qu’on apprend à l’école. Mon public est aussi très familial. Alors dans la voiture, peut-être que les parents mettent mon album pour faire plaisir à leurs enfants

En parlant de jeunesse, quel était le héros de ton enfance ?

Des héros j’en ai eu plein. D’Indiana Jones à Rambo en passant par Robin des Bois. A 6-7 ans je voulais être Indiana Jones, jusqu’au jour où j’ai découvert qu’archéologue ce n’était pas courir dans la jungle pour chercher des statuettes (rires). J’aimais beaucoup ce côté aventurier. Sinon musicalement, ça a été très rapidement les Beatles, dès 8 ans et jusqu’à aujourd’hui encore.

Si tu avais des super-pouvoirs, quels serait-ils ? Qu’en ferais-tu ?

D’un point de vue très personnel, la téléportation. Plutôt facile à comprendre ;-) Et si j’avais une baguette magique, je ferais en sorte que tout le monde mange à sa faim sur cette planète.

Quelle chanson aurais-tu rêvé d’écrire ?

L’intégrale des Beatles déjà ! Et Ne me quitte pas bien sûr. Il y a des phrases magnifiques. Je te raconterai l’histoire de ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer, c’est juste magnifique.

Quels sont les 3 CD que tu emporterais sur une île déserte ?

Sergent Pepper des Beatles. En passant de Jean-Jacques Goldman et… (il hésite) Ziggy Stardust de Bowie.

Propos recueillis par Gildas BIZEUL

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