Chicken Diamond en concert, le vendredi 23 juin 2017, à 21h30, à La Tavern’, à Nevers.

Le one-man-band Chicken Diamond, loa du nord-est hexagonal, hanté par les vanités sidérurgiques qui gonflaient jadis cette poche d’ennui, connaît très bien ce métal toxique à fusion lente qu’il coule dans son premier vinyle. (Le vinyle, une autre vanité des temps anciens.) Chicken a ficelé cette première malédiction tout seul, face à son home-studio, ses guitares, son bottleneck, son ampli, sa stompbox (“une boîte de saint-émilion customisée, millésime inconnu”), et des programmations de basse et de batterie qui le font parfois sonner “comme un groupe”. Il a voué cet album à toutes les gémonies qui font le bonheur ordinaire du genre, sa vitalité larvaire et sa noirceur orageuse… un état de choc général. Chicken se distingue pourtant de la nombreuse descendance de Jr Kimbrough, peut-être par le cachet : pas une faute de goût ici, ni dans la façon qu’il a de tordre ses malédictions, de sa voix souterraine, abrasive et rancunière, ni dans la façon de tordre le bruit, lovant ses riffs et croisant des fouets d’accords dans une harmonie barbare, avec une élégance reptilienne, peut-être pas mélodique mais presque swinguante. Ce swamp épais, pétri de terribles promesses, c’est aussi du blues.
The Soda Shop
https://thesodashop.wordpress.com/2011/06/27/

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Un vrai groove qui va chasser sur des terres limite hip-hop (comme sur Damn Old Sun ou Bones, les deux pépites noires du disque), et des influences qui vont d’un blues ultra sexuel (on dirait presque du Tom Waits sur son autre reprise incandescente du Sister Ray du VELVET UNDERGROUND) à un rock barré qui pète tout sur son passage (les déflagrations de Factory Smoke).

Planetgong
http://www.planetgong.fr/article-chicken-diamond-chicken-diamond-raw-blues-84720179.html
…L’ensemble du disque apparaît comme une splendide réussite : impressionnant par le savoir-faire et la maîtrise de son auteur – aucune approximation d’amateur n’est visible ici – l’album présente une écriture inspirée (« Damn old Sun », « Bones », « Me & my 44 ») belle variété de styles, particulièrement en face B. Si la plupart des chansons se concentrent sur des riffs de guitare et une frappe puissante, l’album laisse entrevoir de nouvelles possibilités dans un style sensiblement différent (« Civilized » et « Come Home », des chansons plus ouvertement mélodiques).