Cinq interprètes entrent en scène, accompagnés d’un rouleau de papier kraft. De ces grandes bandes de papier qu’ils déroulent sous nos yeux, plient, froissent, torsadent, nouent, surgit un personnage aux allures étrangement humaines. Hissé sur ses grandes jambes, il observe autour de lui et fait une rencontre. Débute alors un pas de deux insolite entre un danseur et ce drôle personnage de papier. Une rencontre dansée, tendre et étonnante, où danseur et marionnette inventent leur propre langage. Tantôt duo, tantôt duel, cette partition chorégraphique engage alors une triple écriture au – tour des corps : celle du danseur de chair et d’os, celle du danseur de papier, et celles des manipulateurs dont les corps sont entièrement dédiés à ce drôle de personnage, dont ils dessinent les gestes et à qui ils donnent ses impulsions rythmiques. La manipulation remar – quable, réalisée à vue, est extrêmement précise et juste, elle donne vie à Krafff ce personnage attachant et touchant. De cette relation tendre entre nos deux compères, on rit souvent et on s’émeut, beaucoup. Krafff est un spectacle qui relève du merveilleux, une parenthèse presque magique, un souffle suspendu, qu’il faut venir découvrir en famille.