Texte : Emmanuelle De Jesus et Antoine Gavory

A sa sortie du Conservatoire National d’Art Dramatique, Emmanuelle Cordoliani a choisi Nevers « Un coup de foudre à deux heures de Paris » – pour poser ses bagages. Cette metteur en scène d’opéra au travail exigeant y a aussi installé sa compagnie, « Café Europa ».

Pourquoi avoir choisi la mise en scène et en particulier celle d’opéras ?

Avant le conservatoire, je faisais déjà de la mise en scène, je jouais (premier rôle à 9 ans : Toinette dans Le Malade Imaginaire de Molière, ndlr). Ce qui m’intéresse avant tout dans la mise en scène, c’est la direction d’acteur, la façon dont on peut « mettre en gestes » un texte de la littérature. Le texte est au coeur de tout. C’est parce que j’avais envie de choisir mon répertoire que je me suis engagée dans la mise en scène, pour que le public puisse se réapproprier autrement son patrimoine littéraire.

Quelle est la particularité de l’opéra ?

Le théâtre et la musique ont une simultanéité qui oblige à anticiper le texte et la musique. Il faut savoir mettre en scène les silences du compositeur pour faire passer cette émotion si particulière du jeu, de la voix, de la présence de l’acteur. Le fait d’être librettiste (auteur des livrets d’opéra) impose une exigence particulière dans l’écriturepour permettre à l’acteur d’exprimer à la fois son jeu, sa voix et sa présence. L’opéra est un vrai spectacle complet : il attire les amoureux du mot, les mélomanes, les amateurs de théâtre et ceux qui aiment cette rencontre entre différentes expression.

l’opéra est un vrai spectacle complet

Quelle est l’origine de votre compagnie, Café Europa ?

C’est une compagnie qui réunit des professionnels de la scène qui ont eu envie de faire autre chose : par exemple, aborder des sujets contemporains pour mener une réflexion au-delà du spectacle et ainsi participer à la médiation culturelle. Actuellement nous travaillons sur les textes de Marceline Desbordes-Valmore, seule poétesse du XIXème véritablement reconnue et sur cette courte période que l’on appelle Salon Hugo (1830-1836). Au-delà de la découverte de cette période foisonnante qui a influencé tout le romantisme, nous amenons les spectateurs à avoir une réflexion sur la place des femmes en littérature, sur la régression de la femme au XIXème siècle, et plus largement sur le genre en écriture.