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en 2021, on passe au vert

A l’origine, l’écolo était un militant politique vêtu de guenilles équitables qui espaçait trop ses douches sous prétexte de préserver les ressources en eau. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le hippie est devenu « green » et surtout malin car bien menée, une petite révolution écolo dans la maison ce sont des économies, une qualité de vie améliorée et beaucoup de points beauf retirés du karma. Vu l’avenir qui se prépare, ça peut pas faire de mal…

6h50
Dans le game au trône 

La chasse d’eau représente 20 % de l’eau utilisée dans la maison : entre 3 et 6 litres à chaque passage si vous possédez une chasse à double-flux et jusqu’à 9 litres sur une chasse d’eau classique. Pour être écolo même sur le trône, quelques possibilités à choisir selon votre degré d’implication : le pipi du matin sous la douche, ni vu ni connu, la chasse seulement après la grosse commission : tirer la chasse à chaque pissouille c’est non seulement gaspiller de l’eau mais cela projette des gouttelettes souillées dans toute la pièce ou a minima sous le couvercle, bonjour l’hygiène – c’est scientifiquement prouvé. Plus socio-compatibles : les toilettes équipées de chasse d’eau « spécial pipi » de 0,3 litre, ou, un cran au-dessus, les toilettes sèches. Il existe aussi des toilettes équipées au sommet du réservoir d’un lave-mains : à chaque fois que vous désinfectez vos mimines, vous remplissez le réservoir et ça, c’est super malin. Enfin, niveau expert (ça se décide au moment d’installer la plomberie) : prévoir deux circuits d’eau, un pour l’eau potable, l’autre pour l’eau de pluie qui servira à alimenter les toilettes, les douches (super pour la peau et les cheveux) et qui peut être basculé sur le circuit classique quand les réserves d’eau de pluie sont taries.

Le truc en plus

Le papier toilette a été inventé en 1857 et en France on ne l’utilise dans toutes les maisons que depuis 1960. Un Européen utilise 13 kg de papier toilette par an dont 60 % provient de forêts vierges. Alors comment faisait-on avant ? On peut utiliser le bidet qui fait son grand retour (pas très économe en eau) ou mieux encore, faire installer une douchette comme au Japon. C’est en plus bien plus hygiénique !

7h
du vert à l’eau

Dans la salle de bain, utiliser un shampooing solide et un savon saponifié à froid (pourquoi pas produit dans la Nièvre ?) plutôt qu’un gel douche plein de conservateurs et d’agents moussants : économique (un bon savon local coûte environ 6 euros), il dure plusieurs semaines s’il est conservé dans une boîte à savon ou un pochon enduit. Double avantage : on évite les emballages mais aussi les produits chimiques sur notre corps et dans les canalisations.

Sur vos robinets (thermostatiques pour éviter de faire le clampin à poil en attendant que ça chauffe) mettez des mousseurs (50% d’économie d’eau) et privilégiez la douche si elle ne dure pas plus de 5mn… Sans oublier que quand on se savonne, on ferme le robinet. Côté produits hygiéniques, on tente les cotons-tiges réutilisables, les carrés à démaquiller et les protège-lingeries en tissu lavable et pourquoi pas les culottes menstruelles. Enfin en level expert, il existe une multitude DIY sur internet pour fabriquer crèmes, cosmétiques et autres masques de beauté.

Le truc en plus

Pensez à fermer le robinet pendant que vous vous savonnez ou vous brossez les dents : un brossage de 3 minutes robinet ouvert gaspille environ 15 litres d’eau… A raison de deux fois par jour, ce sont 30m3 par an et par personne qui partent à vau-l’eau, soit 65 euros si vous vivez à Nevers.

Midi
la cuisine à l’ancienne c’est moderne

Règle d’or : on oublie les plats préparés, les jus de fruits « à base de… », les machins « saveur truc » et autres saletés et on cuisine soi-même avec des produits de saison (la tarte aux fraises et la ratatouille en février c’est niet, sauf si on a eu la bonne idée de congeler fruits et légumes l’été d’avant). On mise sur le local dès que c’est possible et on redécouvre les légumes oubliés sans être idiot non plus : du rutabaga vendu à 6 euros le kilo sous prétexte que c’est vintage, faut pas pousser mémé dans les orties (sauf pour en faire une soupe. Des orties, pas de mémé).

Dans la série radin-malin, achetez vos légumes bio : certes un peu plus chers mais on peut se passer de les éplucher ou même utiliser les épluchures pour faire une soupe, des chips… les fanes de carottes font des soupes délicieuses, celles de radis un pesto succulent.

Cuisiner vous saoule ? Faites-en un rendez-vous familial sympa le dimanche avec le batch cooking (on cuisine les légumes, les pâtes, le riz à l’avance, on met en boîtes dans le frigo et on assemble les repas de la semaine au fur et à mesure). Et si vous êtes célibataire, cuisinez en écoutant de la musique ou un podcast, c’est sympa (évitez les écrans en revanche, c’est comme ça qu’on laisse des phalanges sur la planche à découper). Dans tous les cas, un verre de Pouilly rend le concept définitivement séduisant.

Contrairement à une idée reçue, la cuisine au gaz est parfois moins économique que la cuisine électrique si vous utilisez de la vitrocéramique ou de l’induction (45% moins énergivore que la plaque électrique classique). Achetez en vrac pour éviter les emballages (ça ne fait plaisir qu’aux industriels), de plus en plus de boutiques proposent l’achat en vrac, amenez vos propres pochons faits maison ou recyclez les sachets. Quand vous mettez une casserole sur le feu, pensez à la couvrir… c’est une économie de 30% en énergie. 

Côté déchets : on trie évidemment, on composte à l’extérieur si on a un jardin ou un composteur partagé et dans la cuisine sinon. Option ami des bêtes : le lombricomposteur (avec mini-potager ou pot de fleur intégré pour les plus enthousiastes). Option chic : le composteur Bokashi qui fonctionne avec des micro-organismes sous forme de granulés : propre, rapide et écologique.

On nettoie son frigo et on ne laisse pas la banquise se former dans le congélateur. Aucune chance d’y voir surgir des pingouins… mais vous risquez d’être surpris de votre facture d’électricité : chaque demi-centimètre de givre augmente ainsi la consommation du congélateur ou du frigo de 30 %.

Le truc en plus

Plutôt que le papier aluminium ou cellophane, optez pour les Bee wrap, les emballages réutilisables à base de cire d’abeille pour couvrir les plats, emballer un fruit entamé etc.

20h
Le salon, on en cause ?

D’abord, ne regardez pas trop les chaînes d’info… C’est anxiogène et influe sur votre consommation de tabac, de chocolat, de chips et d’antidépresseurs. Plus sérieusement, branchez vos appareils sur des prises à interrupteur. Une TV en veille coûte 4 euros à l’année… Bon certes, ce n’est pas beaucoup mais comptez le nombre d’appareils en veille que vous avez chez vous (ordinateurs, consoles, télévision, décodeurs, chargeurs en tous genres… et sachez que par an en France ce sont 140 millions d’euros que vous offrez à votre fournisseur d’énergie). Dans le salon comme partout, installez des ampoules à LED, qui ne sont pas polluantes. Mais surtout, une ampoule classique de 45W allumée 6h par jour vous coûte 18 euros par an, une ampoule à LED équivalente… 2,5 euros. Inutile non plus d’éclairer votre couloir d’une ampoule 100W… vous n’y faites que passer et d’ailleurs, optez pour des douilles automatiques (ça évite d’oublier d’éteindre). Avec en moyenne 20 lampes par maison, l’économie se chiffre en centaines d’euros par an. Et à cela deux avantages : vous éviterez de polluer en allant râler sur Facebook contre les augmentations des tarifs réglementés et surtout, vous ferez ralentir les centrales nucléaires…

Le truc en plus

Quand vous regardez un match de foot, inutile de crier après les joueurs. Ça n’a aucune conséquence écologique mais vous passez pour un dingue !

23h
Au dodo, l’écolo

Être écolo même en dormant c’est possible, demandez aux militants EELV. En achetant des meubles certifiés FSC (gestion durable de la forêt), en recyclant du mobilier (Emmaüs, c’est mieux qu’Ikea pour être vert) mais aussi en parant son lit de linge en coton biologique. L’hiver, inutile de chauffer au-delà de 16° : privilégiez une bonne couette, un ou plusieurs partenaires ou un pyjama : d’une part vous dormirez mieux, votre corps consommera des calories (et donc vous maigrissez en dormant… le rêve) mais surtout rien ne sert de chauffer un espace vide… Pour la déco, pensez aux peintures écologiques et aux tissus bio. Ça n’a l’air de rien mais vous passez huit heures à respirer des produits chimiques en petite quantité qui peuvent, compte tenu du fait que vous passez un tiers de votre vie au lit, avoir une influence sur votre santé : produits cancérigènes, perturbateurs endocriniens…

Le truc en plus

Pour le chauffage, c’est 19° dans la maison, 16 dans la chambre. Au-delà de 20°C, chaque degré de plus coûte en moyenne 7 % sur la facture de chauffage. Pour le mode de chauffage, bannissez le fioul et optez pour les chaudières écologiques (en plus des aides massives de l’État pour vous aider à faire votre coming-out écolo existent).

Mais aussi…

Le dressing : Selon le vieil adage « On est trop pauvre pour acheter bon marché » dites-vous que ce qui n’est pas cher est fabriqué à l’autre bout du monde et qu’il faudra le changer souvent. Sans compter que c’est sans doute fabriqué par des ouvriers payés une misère, transporté dans des colis imbibés de produits chimiques dans des avions qui consomment une blinde en Kérosène. Maîtrisez l’art du recyclage (friperies, échange, achat d’occasion…) mais aussi de la réparation : les chaussettes se reprisent, les vêtements se réparent… le « visible mending » est même super tendance ! 

Le truc en plus

Un sèche-linge consomme 235 euros par an d’électricité. Profitez du soleil pour faire sécher votre linge (en plus, c’est plus simple à repasser). En hiver, les étendoirs devant les radiateurs font des miracles. Quant à la lessive, 40° suffisent pour laver vos vêtements sans les abîmer…

Le jardin

Le jardin est véritablement le lieu par excellence où vous pouvez vous transformer en écoloman en adoptant de bonnes habitudes. D’abord, faites-vous un petit potager. C’est économique, vous savez ce que vous mangez mais surtout jardiner a un effet bénéfique sur le stress. C’est même devenu une discipline : la jardinothérapie. Et ceux qui ne jardinent pas ne peuvent pas connaître la fierté de consommer ce que l’on a soi-même cultivé (c’est un sentiment qui nous renvoie à notre condition préhistorique). Pour cela, récupérez l’eau de pluie : chaque m2 consomme environ 4 litres d’eau par jour d’arrosage et optez pour un arrosage automatique solaire qui se branche sur votre réserve d’eau. Arrosez à la fraîche (le soir ou le matin) pour éviter l’évaporation et utilisez un paillage (dans l’idéal de la paille de lin, imputrescible) qui retiendra l’humidité de la nuit. On a testé : pour des pieds de tomates un arrosage tous les 10 jours même en plein cagnard a suffi.

Le truc en plus

Pas de jardin ? Il existe une flopée de systèmes pour cultiver chez soi : du simple pot de fleurs pour un pied de tomates ou d’herbes aromatiques au mini-potager, avec ou sans balcon, ne vous privez pas de voir pousser « vos » plants !

La voiture

Idéalement, il faudrait bannir tous les transports à moteur et revenir au pédibus, aux vélos (non électriques !), à la voiture à cheval et au char à bœufs. Compliqué. Mais il existe quand même quelques gestes pour les amoureux de l’auto. On ne vous conseillera pas d’acheter électrique ou pas… on n’y connaît rien. Mais avec quelques gestes on peut contribuer au bien-être de la planète. Chez soi d’abord : ne lavez pas votre voiture dans le jardin ! D’une, c’est une pollution terrible pour les sols mais en plus vous risquez une amende de 450 € si votre eau s’écoule dans les réseaux publics. Quand vous roulez, adaptez votre vitesse. Rouler vite consomme, pollue et le seul endroit où vous risquez d’aller plus rapidement c’est aux urgences – sans compter que cela n’améliore que la beaufitude, pas la virilité. Quand vous stationnez pour attendre votre pote parti acheter des clopes, ou que la pizza cuise au camion, éteignez votre moteur ! Personne n’a à profiter du ronron de votre toto, des particules polluantes et de ce boum-boum que vous appelez « du son ».

Le truc en plus

La climatisation est une plaie : elle augmente la consommation, pollue l’environnement et donne des rhumes. Achetez plutôt un cabriolet. 

Le numérique

On n’y pense pas souvent mais la pire action contre l’environnement que l’on puisse accomplir reste sans doute l’utilisation du numérique. Un mail avec une pièce jointe peut générer 19 g de CO2, un tweet 0,02g. La pollution par e-mail représente la consommation de 4 000 h de fonctionnement d’une centrale nucléaire soit 166 jours. Internet pollue 1,6 fois plus que le transport aérien. Sans compter que les téléphones sur lesquels vous allez dénoncer l’exploitation des ouvriers chinois ou la spoliation des terres rares africaines sont précisément issus de ces abus… Donc avant de raconter votre vie sur les réseaux sociaux… pensez au mal que vous faites à vos interlocuteurs, mais aussi à la planète. Et n’imprimez que ce qui est nécessaire, vous n’êtes pas Gutenberg !

ON RESUME 

Être un poil plus écolo c’est passer moins de temps sur les réseaux et les écrans. Et revenir à des trucs essentiels comme lire, écouter de la musique, passer du vrai temps avec ses proches, faire sa cuisine, caresser son chien, regarder pousser ses fleurs et câliner son(sa)(ses) partenaires amoureux. En vert et contre (mais alors tout contre) tous !