À Koikispass, on adore aller dénicher les gens qui font des trucs un peu bizarres. Cette fois, nous sommes allés déterrer Robert Rouvidant, le président du GRESN (Groupement de recherche et d’exploration spéléologique du Nivernais) qui depuis quarante ans se passionne pour la nature, vue d’en dessous.

On aurait pu miser sur Jules Verne. Raté ! C’est à la lecture de Norbert Casteret, un spéléologue dont la devise était « vers de grandes choses par des voies étroites » – on vous épargnera la locution latine ! – que Robert Rouvidant, 19 ans en 1977, se passionne pour la spéléologie et finit par créer le GRESN en  1992.

L’association réunit aujourd’hui 5 spéléologues « amateurs » et forme des futurs pratiquants. « Il faut être passionné, s’émerveiller à visiter des cavités souterraines et, le nirvana, en découvrir de nouvelles ».

La spéléologie, ce n’est pas pour se promener

Organisée en Fédération, la discipline a créé son propre service de secours (un accord national depuis 30 ans impose que les spéléos soient secourus par d’autres spéléos). Des diplômes sont même délivrés (le GRESN est d’ailleurs habilité à former les futurs spéléologues). Dédié à la découverte partout dans le monde, le GRESN peut aussi apporter une expertise : « Les cabinets d’étude peuvent faire appel à nous par exemple pour trouver de l’eau ».

Un sport sans limites

Si la Nièvre n’a pas de grottes – elle est composée d’un sol granitique relativement jeune (10 000 ans), dont la composition permet néanmoins de donner une idée assez précise des différentes époques : « le sous-sol nous permet de savoir ce qui par exemple était cultivé à certaines époques, de connaître les périodes de glaciation et de voir l’effet du climat sur la nature : on trouve aujourd’hui des plantes qui ne poussaient pas il y a 20 ans ».

Mais la spéléologie reste avant tout un sport sans limite : « Il y a  toujours à découvrir en dessous, et je reste émerveillé même 40 ans après par ce que je peux voir. Il y a une émotion incroyable lorsqu’on   descend par exemple le gouffre Berger, 1200 m en dessous de la surface et de sentir la chaleur qui monte du centre de la terre ». Comme quoi, on n’est pas loin de Jules Verne quand même !