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Le Parlement rural français fait entendre la voix des campagnes 

Le village de Lormes dans le Morvan / Photo par Romain Liger pour Koikispass
Le village de Lormes dans le Morvan / Photo par Romain Liger pour Koikispass

Lancé en 2019, le Parlement rural français s’est donné pour mission de défendre les intérêts des territoires ruraux, pas toujours assez pris en compte, auprès du gouvernement, des parlementaires et de Bruxelles. Ce qu’explique à Koikispass Julien Mezzano, délégué général de l’Association nationale Nouvelles Ruralités et à l’origine de ce collectif.

Qu’est-ce que le Parlement rural français ?

Julien Mezzano : Il est né de l’Association nationale Nouvelles Ruralités, qui regroupe un collège d’universitaires, d’entrepreneurs et de politiques, du conseiller municipal à l’ancien ministre. D’ailleurs, la présidence est tournante car nous sommes une association politique mais non partisane. En 2019, nous avons lancé le Parlement rural français, le but étant de se pencher sur les problématiques des territoires ruraux et d’essayer d’imaginer des solutions. Cela touche à de nombreux sujets comme la santé, la culture ou l’éducation. Nous défendons les intérêts de ces territoires auprès du gouvernement, des parlementaires et de la Commission européenne.

Quels sont vos principaux enjeux ?

La vocation du Parlement rural est d’inspirer les politiques publiques, et donc de dépasser les problématiques locales. Nous défendons la ruralité dans son ensemble. L’idée est d’avoir des territoires dynamiques et que cela se ressente au niveau national. Cela passe par plus d’investissement dans les services publics, notamment pour favoriser la proximité, ou par des mesures sur l’éducation ou la santé – par exemple, des médecins salariés de l’État dépêchés dans les territoires ruraux ou la fin du numerus clausus à l’université. Nous avons défendu des sujets très variés, des « campus connectés » aux « licences IV gratuites et non transférables ». Nous menons aussi des combats contre les idées reçues, notamment en rappelant que les territoires ruraux ne se limitent pas seulement au monde agricole. Nous traitons également d’architecture, de culture et même de paysage.

Comment partagez-vous votre expertise avec les décideurs politiques ?

Le collectif du Parlement rural français est parfois saisi par le gouvernement ou par le Parlement européen pour avis. Nous pouvons partager notre analyse sur une multitude de sujets, de la limitation de vitesse jusqu’aux sujets plus techniques comme les dotations aux collectivités. À côté de cela, nous avons créé un groupe « ruralité » au Sénat composé de 84 sénateurs ou encore le groupe d’études « enjeux de la ruralité » à l’Assemblée nationale, composé de 153 députés. Mais ce dernier groupe n’a pas encore été relancé dans la nouvelle assemblée.

Quel est votre rôle au niveau européen ?

Il relève davantage du lobbying. En 2019, nous avons obtenu un « agenda rural français » avec 180 mesures déclinées depuis par le gouvernement et qui seront complétées prochainement par 20 autres mesures. Aujourd’hui, l’Europe parle de « pacte rural », ce qui est une manière d’alléger nos propositions. Bref, c’est une bataille sémantique qui perd tout le monde et c’est dommage.

On entend peu parler du Parlement rural français. Le regrettez-vous ?

C’est normal et presque sain. Notre association n’est pas grand public. Nous sommes un cercle de réflexion et un groupe de pression. Nous sommes un lobby, certes, mais un lobby d’intérêt général. Nous n’avons rien à vendre !

Quelles ont été vos grandes réussites depuis votre création en 2019 ?

Comme je vous le disais, nous avons été à l’origine de l’« agenda rural français » qui a amené le gouvernement à instituer un secrétariat d’État à la ruralité. Même si cet « agenda rural » n’est pas le grand plan d’action que nous attendions, il illustre quand même pour nous une reconnaissance du monde rural au niveau politique. Maintenant, nous travaillons à des mesures plus poussées. Mais c’est déjà une belle réussite.

Quels sont combats sur lesquels vous souhaitez renforcer vos efforts ?

Encore aujourd’hui, on n’accorde pas assez de considération aux territoires ruraux. La ruralité n’est pas vue comme un sujet sérieux au niveau politique. On a donc décidé de créer un institut qui s’appellera « l’Institut des hautes études du monde rural », un centre de formation animé par notre collège d’universitaires. Il s’agit de former les décideurs de demain, les sensibiliser aux logiques et aux enjeux de nos territoires. Évidemment, cette formation n’aura pas d’adresse fixe afin de rester en lien avec le terrain. On ne va pas quand même imaginer une formation autour de la ruralité en plein 8e arrondissement de Paris !

Infos pratiques : plus d’infos sur les-nouvelles-ruralites.com

Propos recueillis par Virginie Jannière

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