Tourner le robinet et hop ! de l’eau potable sans restriction : un geste banal dont on mesure seulement la portée en cas de coupures (et en recevant sa facture). Pourtant, l’eau dans nos foyers est un trésor domestique qui suppose des trésors d’ingénierie : la capter, l’amener, en garantir la potabilité puis traiter les eux usées ne coule pas de source ! Infrastructures, prix, goût, astuces pour l’économiser : Koikispass vous emmène au fil de l’eau.

L’eau ça vient d’où ?

L’eau que nous consommons est un pur produit de la nature : eaux souterraines (source, nappe phréatique) ou de surface (étang, rivière, lac…). Mais pour parvenir jusqu’à nous, quel chemin ! Dans la Nièvre, l’eau provient de 321 captages, puis passe par 195 stations de traitement. Objectif : transformer cette eau naturelle en une denrée propre à la consommation humaine, avec des normes de qualité à respecter pour un certain nombre de substances dont le chlore, le calcaire, le plomb, les nitrates, les pesticides et les bactéries. L’eau traitée est ensuite stockée puis distribuée aux quelques 219 000 consommateurs nivernais.

Qui assure le service de l’eau ?

Ce sont majoritairement des regroupements de communes (Communauté de communes, agglomération, syndicat des eaux…) qui se chargent du service de l’eau, soit directement (« la régie »), soit par délégation à un prestataire privé (Veolia, Saur, Suez…) Dans tous les cas, le prestataire prend en charge captage, entretien des réseaux, traitement et acheminement.

Pourquoi le prix n’est pas  le même partout ?

En tant que ressource issue du milieu naturel, l’eau en soi n’a pas de prix, c’est ce service (du captage à la livraison) qui a un coût : un m³ d’eau facturé comprend d’une part l’eau potable et d’autre part le coût de l’assainissement collectif.

Le montant total de votre facture dépend lui de deux facteurs : une part fixe (abonnement) et une part variable indexée sur la consommation, plus des taxes et redevances aux Agences de l’eau qui sont chargées de protéger les milieux aquatiques. Sachant qu’en moyenne, un Nivernais consomme environ 100 litres par jour tous types de consommations confondus, la note grimpe vite… mais pas de la même façon. Le coût est lié aux contraintes locales :

  • le contexte géographique (1 km linéaire de canalisation pour 10 habitants d’un hameau dans le Morvan est moins rentable que le même km à Nevers)
  • la qualité de l’eau : plus les traitements pour la rendre potable sont lourds, plus la répercussion sur la facture sera élevée ;
  • les exigences environnementales entourant le lieu de rejet des eaux usées traitées.

Un dernier paramètre entre en jeu : le modèle de prestataire du service de l’eau. Globalement, l’Observatoire national des services d’eau et d’assainissement constate un surcoût de l’eau facturée par des opérateurs privés. Mais il pointe aussi des performances supérieures en gestion de crise, service à la clientèle, recouvrement d’impayés et plus de potentiel d’investissements lourds pour le traitement, le stockage ou l’assainissement des eaux usées. Le choix de tel ou tel type de gouvernance est souvent dicté par les contraintes démographiques, naturelles mais aussi politiques au sens noble du terme.

Eau du robinet VS eau en bouteille

Garantie potable, l’eau du robinet a pourtant mauvaise réputation : « elle a un goût »,
« elle sent le chlore », « elle peut contenir des résidus » etc. Régulièrement contrôlée, l’eau du robinet est pourtant garantie potable tant qu’elle circule dans les réseaux publics : à vérifier commune par commune sur http://goo.gl/oHziOU.

Le problème vient parfois des réseaux privés dans l’immeuble ou la maison. Des résidus de plomb notamment, peuvent être retrouvés dans les réseaux très anciens et dépasser les normes admises (10 microgrammes par litre depuis le 25 décembre 2013). Au propriétaire alors de changer son réseau (obligatoire s’il possède des biens en location). Sur certains tronçons, l’eau peut aussi sortir colorée du robinet : un phénomène dû à la stagnation de celle-ci dans les canalisations. Apparemment, le problème a été soulevé dans plusieurs quartiers de Nevers notamment. Dans le quartier du Pont de Loire, c’est plutôt le chlore qui sera mis en avant : normal, l’eau est traitée juste en amont à la Jonction. Alors que faire ?

2 options pour ceux qui n’aiment pas l’eau du robinet

L’eau en bouteille
Les campagnes de pub l’associent systématiquement à la nature et au bien-être mais méfiance… Poids, transports, stockage, déchets : d’un point de vue écologique, l’eau en bouteille est un cauchemar, demandez plutôt aux animaux marins. Et si certains ne jurent que par elles pour leur goût particulier ou leur efficacité (diurétique, énergétique…) réelle ou supposée, des études ont aussi montré dans plusieurs d’entre elles des traces de médicaments ou de pesticides.

La carafe filtrante
Controversée. Car si l’appareil supprime le goût de chlore et les résidus de nitrates et de pesticides, il retient notamment le calcium et le magnésium nécessaires à l’organisme. Par ailleurs, pour être efficace, il faut changer la cartouche régulièrement ce qui a un coût financier et écologique. Enfin laissée le plus souvent à l’air libre, la carafe devient un vrai éden à bactéries…

Conclusion : chacun boit ce qu’il veut ! Mais quitte à payer (et de plus en cher !) pour une eau potable dans toute sa maison, dommage qu’elle ne serve qu’à faire la vaisselle ou remplir la chasse d’eau, non ?

C’est toujours bon de le redire : l’eau potable chez soi est un luxe

Actuellement, 1,1 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à une eau salubre. Savourons notre chance de disposer d’une eau contrôlée, dont le captage comme le rejet sont entourés de précautions écologiques. Certes, cela a un coût : aux décideurs politiques d’être vigilants en choisissant tel ou tel type de gouvernance de l’eau. Quant à nous, consommateurs, nous avons notre rôle : économiser l’eau et privilégier des produits (lessives, savons etc) moins nocifs pour l’environnement, c’est à terme des économies d’assainissement et donc… de nos factures ! Une goutte d’eau me direz-vous ? Certes, mais c’est avec des milliers de gouttes d’eau que l’on reconstitue les réserves hydrauliques. à méditer et sans modération !

Mon eau du robinet a un goût !

Pour éliminer les germes pathogènes et garantir la sécurité sanitaire de l’eau dans les canalisations, on utilise du chlore : et voilà pourquoi on a parfois l’impression de boire l’eau d’une pataugeoire. Deux solutions pour ôter ce goût : verser l’eau dans une carafe une demi-heure avant de la consommation, l’odeur devrait avoir disparu. Sinon, pour les raffinés (et les pressés) : quelques gouttes de citron ou fleur d’oranger.

économiser

Avec ces gestes simples, faites baisser votre facture d’eau de 30 % !

Salle de bains

Vive le gobelet pour le lavage des dents et le robinet coupé pendant le lavage des mains, le rasage… Chouettes les douches, c’est 50 L d’eau consommés au lieu de 150 pour un bain. Avec un mitigeur thermostatique qui trouve instantanément la bonne température, c’est 15 % d’eau économisée en plus ! Et avec une pomme de douche avec aérateur qui procure la même sensation de bien-être c’est encore 30 à 40 % d’eau utilisée en moins !

TOILETTES

La chasse d’eau économique utilise 3 à 6 L d’eau au lieu de 10 L. Pas mal aussi : une bouteille d’eau en plastique pleine que l’on place dans le réservoir pour « tromper » la jauge et remplir la réserve avec moins d’eau. Un robinet qui fuit = 100 L d’eau perdus chaque jour. Une chasse d’eau percée = 1000 L d’eau perdus au quotidien. Les fuites c’est jusqu’à 20 % de la facture d’un foyer !

cuisine

Hourra les lave-linge et lave-vaisselle économes en énergie. A cycle équivalent, pour un lave-vaisselle, l’écart va de 15 à 40 L et de 60 à 130 L pour un lave-linge entre les modèles. On les remplit au maximum de leur capacité avant de lancer un cycle de lavage. Résultat : un lave-vaisselle, c’est 15 à 19 L d’eau au lieu de 30 L minimum à la main pour autant de vaisselle lavée (et une corvée de moins)

voiture

Une station de lavage nécessite 60 L d’eau par voiture au lieu de 200 L avec un tuyau d’arrosage. Et laver son véhicule à domicile, même sur sa propriété privée, est illégal !