« Nevers est une ville très célèbre située sur les bords de la Loire »…

C’est ainsi que le dessinateur graveur Israël Sylvestre (1621-1691) définissait notre ville, vantant son passé prestigieux, ses monuments majestueux…

Puis il y eu l’initiative d’élus visiblement très inspirés par l’architecture soviétique qui, au début des années 60, canalisèrent la Nièvre et détruisirent la plupart des fleurons architecturaux… et un peu l’identité de la ville au profit de l’urbanisme moderne et de l’expansion. La nostalgie, camarade : Koikispass vous invite à regarder Nevers avec les yeux d’hier…

La gare de Nevers

Mise en service le 5 octobre 1850, elle fut exploitée par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) jusqu’à sa fusion en 1938 pour créer la SNCF. Bombardée par les Alliés lors du raid du 16 juillet 1944, elle acquit sa physionomie actuelle en février 1986, quand elle fut inaugurée par François Mitterrand, Président de la République et Pierre Bérégovoy, maire de Nevers et ministre de l’Economie.

La place Saint-Sébastien

Anciennement Place du Marché-au-blé, elle fut l’emplacement d’une chapelle à l’histoire particulièrement rocambolesque qui débute en 1469 : le bourgeois neversois Simon Carimantran lègue à sa mort la somme nécessaire à sa construction pour que chaque jour une messe soit dite en sa mémoire par sept prêtres différents. Bénie en 1526, la chapelle prit probablement le nom de Saint-Sébastien entre 1550 et 1584 suite à la croyance selon laquelle la peste ne cesserait pas tant qu’un autel ne serait pas élevé en l’honneur du saint supplicié. Elle fut détruite en même temps que plusieurs maisons en 1759, pour laisser, dit-on, place au carrosse du roi Louis XV qui ne vint jamais…

La chapelle des Mariniers

Trop discrète la chapelle des mariniers ?
Sans doute puisque lors des travaux de destruction du quartier des Pâtis en 1961, ce lieu cultuel fut détruit par un bulldozer « par inadvertance ».

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Les bords de Loire

Avant la construction de la déviation, de la Maison de la culture, Nevers était bordée par son fleuve et sa rivière la Nièvre jusqu’en 1961 qui vit la destruction du quartier des Pâtis. A gauche, la présence d’un bateau-lavoir

L’hôtel de France

Grand lieu de halte des voyageurs entre Paris et Lyon – les écuries pouvaient contenir 150 chevaux – il fut construit à l’emplacement d’une guinguette et d’abord baptisé Hôtel de la Nation. Le 9 août 1793, il vit naître la fille du Ministre de la Police Joseph Fouché. Après la venue à deux reprises de Napoléon, il fut rebaptisé Hôtel de l’Empereur, puis agrandi pour devenir Hôtel de France. L’évolution de l’automobile qui permit de raccourcir les temps de trajet sonna son glas
et il fut détruit en 1976.

Le Palais Ducal et sa fontaine

Résidence des Ducs puis des Comtes de Nevers dès le XVème siècle, le château est ensuite légué à la ville en 1810, transformé en Hôtel de Ville et en Palais de Justice. La Mairie construite en 1850, le Palais de justice s’y étale jusqu’en 1970 (d’où le « palais »). La fontaine monumentale en pierre de Nevers qui lui faisait front fut détruite au début des années 50 du fait de son délabrement.

La place et le marché Carnot

A l’époque où Nevers était une plaque tournante du commerce (la ville comptait une centaine de grossistes), on décida de construire deux halles « à la Baltard » : le marché Carnot en 1895 et le marché Saint-Arigle en 1898. Jugé « désuet, glacial et malodorant » au début des années 60, on doit à Jean-Louis Ramey, alors maire de Nevers, la disparition en 1966 de ce fleuron architectural. Outre les commerçants, les Halles accueillaient des banquets et même un Salon de l’automobile organisé par la Fédération Morvandelle du Tourisme en… 1925.

La route de Paris et la Croix des Pèlerins

Anciennement Square de la route de Paris, celle qui deviendra la place de la Croix des Pélerins doit son nom à la croix installée par les descendants des confrères de Saint-Jacques, témoins de l’itinéraire de Saint-Jacques de Compostelle et en remplacement des croix disparues pendant la Révolution Française. L’avenue appelée aujourd’hui Colbert était et demeure l’entrée principale de Nevers.

L’entrée de Nevers par la route de Sermoise

Si l’entrée n’a pas beaucoup changé, on notera cependant la présence d’un éclairage électrique à fil au-dessus de la chaussée et la présence sur la maison de droite du panneau indiquant qu’il s’agissait de l’Octroi : la taxe municipale sur les entrées de marchandises mise en place au XIIème siècle et qui perdura jusqu’en 1943, date à laquelle le gouvernement de Vichy l’abrogea pour faciliter le transit des marchandises en temps de guerre.

La Caisse d’Epargne

Malgré ses allures d’hôtel particulier, l’Hôtel de la Caisse d’Epargne fut construit entre 1912 et 1919 pour répondre selon l’argument de son directeur Frédéric Blandin « à l’arrivée des ateliers du chemin de fer, promesse de nouveaux travailleurs ». Dans un style néo-gothique, bâti en lieu et place de maisons d’habitation, ce sont l’architecte Auguste Palet et le sculpteur Alix Marquet qui furent en charge de construire cet édifice s’inspirant du Palais Ducal.

La Place Chaméane

Lieu stratégique de la deuxième défense de Nevers, anciennement Place du Momenet, elle prit le nom d’Antoine-Joseph de Chabrol de Chaméane, capitaine de la garde nationale, Député de la Nièvre et maire de Nevers de 1822 à 1827. Sa configuration actuelle date des grands travaux de 1909.