Des châteaux, des paysages entre forêts morvandelles et plaines ligériennes, des bourgs avec plein de médiéval dedans, une nationale vintage et un circuit de F1… il y a tout cela dans la Nièvre et plus encore… et c’est sans doute la raison pour laquelle bon nombre de films et pas des moindres ont été tournés dans notre beau département. Silence : ça tourne !

Culte

“La grande vadrouille”
(Gérard Oury, 1966)

Synopsis :
Durant l’Occupation, deux Français que tout oppose (Louis de Funès, chef d’orchestre acariâtre et Bourvil, naïf peintre en bâtiment) se retrouvent malgré eux à devoir aider des aviateurs anglais à rejoindre la zone libre. Un périple qui donne lieu à plusieurs moments cultes dont la célèbrissime scène de l’échange des chaussures sur ce qui apparaît comme la N6.

Secret de tournage :
Contrairement à ce qu’indique la borne sur laquelle s’assied de Funès, elle n’a pas été tournée sur la Nationale 6 mais sur la route entre Pouques-Lormes et Anthien, au lieu-dit Drémont. C’est aussi sur cette route qu’est tournée la panne du fourgon postal.

Quasi 100 % bourguignon !
A ce jour 3ème film français le plus vu en nombre de spectateurs derrière Bienvenue chez les Ch’tis et Intouchables, La grande vadrouille a transformé la Bourgogne en immense plateau de cinéma puisque près de la moitié des scènes du film ont été tournées dans la région. Beaune, Dijon, Meursault, La Rochepot, Noyers-sur-Serein… mais aussi à Vézelay qui a célébré en 2016 les cinquante ans du film !

Légendaire

“Hiroshima mon amour”
(Alain Resnais, 1959)

La nouvelle vague est née à Nevers

Synopsis :
Une actrice française décide de se rendre à Hiroshima après le bombardement atomique et y rencontre un Japonais qui devient son amant. Tiré du best-seller de Marguerite Duras, l’enfance de l’héroïne se passe à Nevers. Duras avait choisi Nevers pour sa ressemblance phonétique avec Never… (déjà !) Si Nevers n’a jamais vu Duras, le film devient le manifeste de la Nouvelle vague (suivi de près par A bout de souffle de Godard).

Secret de tournage :
Lors du tournage, une jeune fille de 22 ans est d’abord préssentie pour être la doublure d’Emmanuelle Riva. Finalement cette jeune fille assistera son père photographe sur le tournage :
il s’agit de la photographe Monique Thuriot-Prémery, la fille de Pierre Prémery, photographe pour Paris-Centre, et mère de l’actuel maire de Nevers Denis Thuriot.

100 % neversois

“Rosalie Blum” (Julien Rappeneau, 2015)

Entièrement tourné à Nevers

Synopsis :
Vincent, un jeune Neversois, enquête sur une femme mystérieuse, une commerçante du nom de Rosalie Blum. Cette dernière, qui a repéré son manège, charge à son tour sa nièce de suivre Vincent.

Secret de tournage :
A l’origine, Julien Rappeneau ne devait tourner que quelques scènes à Nevers qu’il conaissait pour y être passé (sa famille étant originaire de l’Yonne). Mais la Ville de Nevers se mobilisa : la mairie et les habitants furent appelés à répondre à des demandes de lieux de tournage et à un casting de figurants. Même la VNF s’y est mise puisqu’elle prêta la maison de Rosalie Blum située aux bords de Loire. Petite anecdote : le photographe Pascal François et le service communication de Nevers firent faire pendant deux jours le tour de la ville pour convaincre le technicien de repérage. Finalement le film fut intégralement tourné à Nevers et le tournage dura 8 semaines pour un budget de 5 millions d’euros…

Littéraire

“Le Mystère de la chambre Jaune” (Denis Podalydès, 2003)

Un meurtre dans un château nivernais !

Synopsis :
À la suite de la tentative d’assassinat de la belle Mathilde, le jeune reporter Joseph Rouletabille se rend au château du Glandier pour élucider le mystère… Un château qui est en fait celui de Villemolin à Anthien.

Secret de tournage :
Privé mais ouvert à la visite, le château de Villemolin est inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques depuis 2002. Et une des chambres conserve un souvenir du passage de Rouletabille : la fameuse trace de main ensanglantée ! A noter que la scène d’ouverture du film qui lui fait suite (Le parfum de la Dame en Noir) a également été tournée au château. Le mystère de la chambre jaune est la première des aventures du jeune Rouletabille, pesonnage créé par Gaston Leroux en 1907. L’écrivain réussit la synthèse entre Conan Doyle (Sherlock Holmes) et Edgar Allan Poe dans ce feuilleton aux intrigues millimétrées mais comportant des échappées poétiques, dignes du « nonsense » anglais, qui lui valut d’être encensé par Jean Cocteau…

100 % Nivernais

“Les Arcandiers”
(Manuel Sanchez 1991)

Le kidnapping de Sainte Bernadette

Synopsis :
Trois jeunes (Dominique Pinon, Simon de la Brosse, Charles Schneider, c’est aussi l’un des premiers films de Géraldine Pailhas) en déshérance qui survivent de petits larcins décident de prendre en otage Bernadette Soubiroux et de réclamer une rançon au Vatican. Considéré comme LE film qui représente le mieux la Nièvre, les Arcandiers est un road movie 100 % Nivernais puisque son réalisateur, Manuel Sanchez, est originaire de Garchizy et a passé toute son adolescence à Fourchambault.

Secret de tournage :
Le tournage du film avait débuté le 11 février. C’est le 11 février 1858 que Bernadette Soubirous vit la Vierge dans la grotte de Lourdes. Manuel Sanchez vient de sortir La Dormeuse du Val, le 11 février dernier.

Insolent

“Mon oncle Benjamin” (Edouard Molinaro, 1969)

Tourné à Clamecy avec Jacques Brel

Synopsis :
Dans le Clamecycois du XVIe siècle, un médecin de campagne, Benjamin Rathery (Jacques Brel), coureur de jupons et irévérencieux se met en quête de séduire Manette (Claude Jade), la fille de l’aubergiste (Paul Frankeur). Son insolence et son irrespect de la noblesse vont lui valoir quelques déboires, notamment avec le nobliau local (Bernard Blier).

Secret de tournage :
Ecrit par le pamphlétaire clamecycois Claude Tillier (1801-1844) Mon oncle Benjamin est  tourné en 1969 par Edouard Molinaro à Vezelay, Corbigny et Corvol l’Orgueilleux. Pour la sortie du film les habitants de Clamecy organisèrent une fête et créèrent une adaptation théâtrale du roman. C’est ainsi que les Clamecycois se retrouvèrent sur scène à donner la réplique au personnage principal, Benjamin Rathery, interprété dans le film et dans la pièce par… Jacques Brel !

Mythique

“Poil de carotte”
(Julien Duvivier, 1932)

Ecrit (évidemment !) par Jules Renard, Julien Duvivier en 1932 vient effectuer ses tournages à Chitry-les-Mines (où se situe l’action du livre), village dont Jules Rebard fut le maire et où il est enterré.

Mini Chabrol

“La ville des silences”
(Jean Marboeuf, 1979)

En 1979, ce film de Jean Marboeuf avec Jean-Pierre Cassel (le père de Vincent) Jean-Marc Thibault, Michel Galabru et Michel Duchaussoy raconte l’histoire d’un détective qui se retrouve à enquêter sur une série de meurtres et va se retrouver confronté à l’omerta des familles d’une petite ville de province qui n’est autre que La Charité-sur-Loire.

Intello

“Comme une image” (Agnès Jaoui, 2003)

En 2003, Agnès Jaoui et son mari Jean-Pierre Bacri tournent Comme une image, un film, comme toujours chez Jaoui, qui interroge sur la place de l’individu. C’est à Saint-Aubin des Chaumes que la réalisatrice choisi de tourner certaines scènes (notamment dans l’église du village) avant de filer vers l’Yonne pour d’autres plans.

Scandaleux

“Le souffle au cœur” (Louis Malle, 1971)

Le film de Louis Malle fit scandale à sa sortie en mettant en avant les relations incestueuses dans la France de 1954. Si l’histoire se situe à Dijon, le film fut tourné à Versailles mais aussi à Saint-Honoré les Bains. La particularité de ce film : une image dévergondée de la bourgeoisie de province mais aussi un nombre incalculable d’anachronismes… mais bon, ça reste Louis Malle !

Rencontre

“Gas-oil” (Gilles Grangier, 1955)

Gas-oil est un polar noir genre road movie comme les aimait Gabin à l’époque (il vient alors de tourner Des gens sans importance avec Paul Frankeur entre autres). Si une seule scène (celle du camion entrant dans Nevers par le Pont de Loire) a été tournée chez nous, c’est le film qui marque la rencontre entre Jean Gabin et Michel Audiard qui formeront un duo exceptionnel pendant près de 20 ans (Le cave se rebiffe, Mélodie en sous-sol…). A noter la présence de Jeanne Moreau.

Du décalé…

“Microbe et Gasoil” (Michel Gondry, 2015)

Après L’écume des jours avec Romain Duris, Gondry tourne en 2015 Microbe et Gasoil, l’histoire de deux gosses qui veulent contruire une voiture avec une tondeuse à gazon. Avec Audrey Tautou dans l’un des principaux rôle, le film a en partie été tourné au lac des Settons (pour les scènes de plage !).

Intello bis

“Conte d’hiver” (Eric Rohmer, 1992)

En 1992, Eric Rohmer tourne l’un des volets de ses contes des quatre saisons, Conte d’hiver, dont une partie de l’action se situe à Nevers. Pour l’anecdote, le rôle du beau-frère est tenu par un comédien et metteur en scène détenteur de nombreuses récompenses (dont un Molière !), Jean-Luc Revol, actuel directeur de
la Maison de la Culture de Nevers.

Inattendus

“Michel Vaillant”, “Mon pote” et “Bobby Deerfield”

C’est sur le circuit de Magny-Cours que fut tourné Michel Vaillant en 2003. Mais ce n’était pas la première fois que le circuit servait de lieu de tournage. En 1977, Sydney Pollack était venu tourner des scènes de Bobby Deerfield, adapté du roman de Erich Von Remarque, avec dans le premier rôle… Al Pacino ! En 2010, Marc Esposito viendra aussi avec Edouard Baer et Benoit Magimel, tourner quelques scènes de Mon pote.

Quelques nivernais sous les feux de la rampe

Maryse Martin
(1906-1984)

Si elle est née à Paris, elle a passé son enfance à Anlezy et c’est là qu’elle découvre le théâtre. Donnant la réplique à Bourvil, Gabin, de Funès, Giraudeau… et montant sur scène dès 1932 aux côtés des chansonniers. Elle avait d’ailleurs enregistré en 1938 un hymne au Morvan, Ô mon Morvan puis plusieurs autres chansons exprimant son attache au Morvan.

Jean-Luc Revol

Plusieurs fois « Moliérisé » le comédien et metteur en scène qui est aujourd’hui directeur de la MCNA a tenu une soixantaine de rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision.

Chrystof Fluder

Lui il est vivant ! Il est même jeune. Né à Decize, cet humoriste que l’on connait bien a démarré sur les chapeaux de roue une carrière d’acteur auprès de Omar Sy dans Chocolat et a tenu le premier rôle du dernier film de Mocky Cabanon Rose. Sa particularité ? Il est noir… (pour comprendre, relisez le Koikispass n°135).

Henri Virlogeux

Né en 1924 à Nevers (mort en 1995), Virlojeux c’était une voix et une gueule qui se prêta avec brio au répertoire comique (Le Corniaud, Le tatoué avec Gabin et de Funès) mais aussi au cinéma dramatique (Mort d’un pourri).
Avec plus de 50 films, autant de téléfilms et une vingtaine de pièces de théâtre il fut même la voix du narrateur de La Ruée vers l’or, tourné en 1925 par Chaplin, dans sa version sonorisée de 1942.

Paul Frankeur (1901-1974)

L’acteur mort à Nevers et enterré à Chitry-les-Mines (dans le même cimetière que Jules Renard) fut l’un des immenses second rôle du cinéma des années 40 aux années 70.
En dehors de Mon oncle Benjamin, il tourna près de 150 films (dont le célèbre Les enfants du paradis de Marcel Carné) et avec les plus grands acteurs : Gabin, Ventura.

Pierre Forget (1929-1993)

Il est né à Imphy et si son nom vous est inconnnu, vous connaissez sa gueule de personnage antipathique qui a joué dans une cinquantaine de films (souvent des patrons de bar !) dont les célèbres L’emmerdeur, L’aile ou la cuisse ou encore Le corps de Mon ennemi avec Belmondo.

Clap de fin

Du Polar noir de Podalydès à la comédie de Louis de Funès, en passant par le cinéma d’art de Rohmer ou le déjanté de Gondry, la Nièvre a su inspirer tous les plus grands réalisateurs depuis les débuts du cinéma parlant et a vu défiler tous les grands acteurs depuis 90 ans… De là à se rebaptiser Neverswood, y’a pas des kilomètres (de bobine !)