Un peu comme lorsque Galilée a révélé que la terre était ronde, Koikispass a décidé de vous confier l’un des secrets les mieux gardés du sport français : le rugby, c’est (aussi) un sport de filles. Et on va vous le prouver.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire d’être costaud et barbu pour maitriser l’art du ballon ovale. En août dernier, la France accueillait la coupe du monde de rugby féminin à Paris. Plus de deux millions de téléspectateurs s’étaient donné rendez-vous devant la diffusion du match France – Australie, où se jouait la qualification pour les demi-finales. Une réussite presque inattendue pour la délégation des bleues, qui leur ouvre le champ des possibles. Des efforts doivent encore être faits par la fédération pour transformer cet essai, mais l’ovalie se démocratise lentement (et surement) !

A plus petite échelle, les équipes féminines fleurissent aux quatre coins du pays. C’est le cas chez nous, avec la création d’une équipe à l’USON. Nous avons suivi pendant plusieurs jours les 34 licenciées, bien décidées à montrer qu’elles ont aussi leur place sur le terrain.

USO Nevers

Se rassembler pour mieux régner

Née de la fusion entre l’ovalie Pougues-les-Eaux/La Charité-sur-Loire et l’équipe de Nevers où elles y pratiquaient respectivement le rugby à VII, les joueuses jouent depuis le début de la saison 2013-2014 aux couleurs jaune et bleu de l’USON. Classées en fédérale 3 la saison précédente, où elles jouaient à XII, elles doivent cette année affronter les équipes des trois catégories confondues et jouer à XV. En effet, depuis cet été, les trois niveaux ne font plus qu’un, et toutes jouent en niveau « fédéral ».

Remaniement non négligeable, car les poules des championnats sont beaucoup plus nombreuses depuis. Les filles doivent également affronter des équipes qui évoluaient auparavant à un niveau de fédérale plus élevé que le leur. Tant de changements, qui ne découragent pas pour autant nos rugbywomen.

Femmes de défi, elles s’engagent pleinement dans cette activité sportive en menant de front leurs vies de maman, d’épouse, ou d’étudiante.

Rugbymen VS Rugbywomen : même combat

Elles bénéficient, au même titre que leurs compères masculins, de très bonnes qualités d’entrainement.

Grâce au soutien de Mr Dumange, elles peuvent profiter des infrastructures mises en place au Pré-Fleuri. Leurs déplacements sont pris en charge et un équipement complet leur est fourni : shorts et t-shirts de match et d’entrainement, survêtements, parka, sac de sport.

Après un match difficile et tout au long de la saison, les joueuses profitent des soins de Cécile Morino, leur kinésithérapeute. Installée à la polyclinique du Val de Loire, elle leur programme chaque semaine une séance de récupération en piscine (qui se transforme parfois en moment de détente quand certaines viennent patauger avec leurs enfants…).

Avec deux entrainements hebdomadaires (à la Charité-sur-Loire et à Nevers) et plusieurs matchs par mois, elles passent le plus clair de leur temps ensemble. Plus que des coéquipières, toutes sont devenues amies et une véritable bouffée de complicité émane lorsqu’on les côtoie.

USO Nevers

Leurs trois drôles de mecs

USO NeversNicolas Gomez, Christophe Ballereau (tous les deux anciens joueurs professionnels à l’USON) et Gilles Pascault sont là pour les encadrer. Plus habitués à la  testostérone et aux odeurs de mâle transpirant, les voilà désormais entourés de pipelettes parfois râleuses mais très studieuses. « Je ne cache pas que j’avais quelques idées préconçues avant d’entrainer les filles. Mais ces aprioris ont vite disparus quand j’ai vu l’intensité, l’envie et la motivation qui les habitaient », confie Nicolas.

« Etre entrainées par d’anciens joueurs, c’est un véritable plus pour nous. Il est nécessaire d’avoir les connaissances techniques, mais quand en plus, ils ont une expérience du terrain, c’est beaucoup mieux » explique Ophélie. « Ils se complètent bien tous les trois. Nicolas fait preuve de beaucoup d’empathie, et même s’il nous secoue parfois un peu il reste très à l’écoute. Christophe (alias Babal, ndlr), lui, il est plus brut de décoffrage. S’il doit nous dire « Fermez là » il ne va pas pas se gêner. Mais il pèse toujours ses mots. Quant à Gilles, il pense toujours à tout, à nos bobos, aux feuilles de match. C’est le papa.» ajoute Clémence.

Elles voient toutes un véritable plus à être entrainées par des hommes. Les caractères s’additionnent, et la machine fonctionne. « Les coachs sont le ciment du groupe. Ils savent nous recadrer, nous encourager, et nous protéger », conclue Sylvie.

Du rugby oui, mais de la féminité aussi

A l’instar des dieux du stade, Nevers a aussi ses déesses. Elles chaussent leurs talons hauts pour le calendrier de fin d’année et mettent K.O les clichés de la joueuse garçon manqué. (Messieurs, calmez vos ardeurs : elles ne seront pas vêtues d’un simple ballon en février…).

Toujours pomponnées après un match, elles veillent aussi à garder leur part de féminité sur le terrain. Manucure aux couleurs de l’équipe, cheveux nattés… Quand on vous disait qu’elles pouvaient faire rimer rugby et féminité.

Le système D comme débrouille, ça aussi elles connaissent. Pas toujours évident de caler son planning avec celui de la baby-sitter : les vestiaires se transforment parfois en garderie quand leurs plus jeunes et plus fidèles supporters s’invitent à la partie. Les blessées font les nounous, et la sieste se fait… là où il y a de la place !

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