Auteur et directeur de théâtre, journaliste, romancier, metteur en scène, acteur, réalisateur… le CV de Xavier Jaillard a de quoi rendre fou n’importe quel archiviste psychorigide. Mais derrière ce qui semble être une dispersion vivent deux réalités : celle d’un homme pour qui l’écriture est « un vrai démon » et celle d’un amoureux de la création qui a su saisir toutes les opportunités.

1944. Xavier Jaillard, fils d’enseignant et petit fils d’agriculteurs nait à Saint-Révérien. Avec quelques chansons à l’adolescence il entre chez Barclay en tant que parolier puis rencontre Francis Blanche « Mon parrain, mon mentor » avec qui il créé le théâtre du Roi Lyre. Viennent s’y produire Pierre Dac, les Frères ennemis… toute la scène comique de l’époque. 1974. Blanche décède. Jaillard poursuit mais « ce n’était plus pareil » et ferme le Roi Lyre en 1979. Il créé Wilner Prod (du nom de jeune fille de sa mère) et produit des films, des documentaires et des pubs pour la télévision. Il joue, met en scène et interprète plus de 40 premiers rôles au théâtre, jouant parfois jusqu’à 400 fois le même rôle (La vie devant soi, 3 Molières en 2008 ou Jules Renard est en voyage, Grand prix de l’écriture littéraire) puis prend la direction de la salle Hébertot, avec la même envie chronique de créer : « Plusieurs fois je me suis coupé un bras pour continuer la création artistique, mais c’est tout ce qui me fait bander ! ».

Jaillard, Jules Renard et la Nièvre

Pour Jaillard, la Nièvre, c’est le Festival Jules-Renard, devenu celui des Auteurs et Adaptateurs vivants qu’il insuffle à Corbigny en 2002 mais c’est surtout sa maison de Bibracte et… Jules Renard : « Nous habitions à quelques kilomètres de chez lui, nous en parlions tout le temps ; J’ai même retrouvé des lettres que lui et mon grand-père s’envoyaient ». Porte parole de l’Académie Alphonse-Allais, un ami de Renard qui compte entre autres Claude Lelouch, Laurent Gerra et depuis peu Marcel Amont, c’est tout naturellement qu’il a imposé le nom de l’écrivain nivernais lorsque le Salon du Livre d’Autun lui a demandé de créer un prix littéraire : « C’était Jules Renard ou rien ». Ce prix national récompensera « un auteur qui a de l’humour » dans trois catégories : roman, prix de l’écriture scénaristique décerné par le public sur des courts-métrages diffusés sur Internet est un prix de l’écriture théâtrale. Décerné pour la première fois en mai 2017, il ne manque pas d’ambition : « On veut dézinguer le Goncourt ! »

Et demain ?

Il visera surtout à promouvoir l’esprit d’Alphonse Allais. Un travail que Xavier Jaillard mène à plein-temps lorsqu’il ne fait pas jouer ses pièces : « Je veux rapprocher les auteurs de l’Académie avec les événements littéraires ». Il vient d’ailleurs de sortir Les humeurs Jaillardes, une compilation de dix années de ses chroniques dans le journal de l’Académie L’Allaisienne. (éditions de l’Académie Alphonse Allais).