1339 : UN NIVERNAIS FONDE UN COLLEGE PARISIEN

Au XIIe siècle, une renaissance intellectuelle se produit en Occident. Si jusque-là, les centres de la vie intellectuelle étaient les écoles monastiques, désormais, il faut compter sur les écoles urbaines.

Les plus importantes formèrent à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle des corporations de maîtres et d’étudiants : les Universités. De façon à ce que tous les jeunes puissent accéder à ces dernières, un nivernais, Jean de Hubant, fonde un collège, rattaché à l’Université de Paris, destiné à accueillir de pauvres étudiants nivernais.

QUI EST CE JEAN DE HUBANT ?
On ne connaît pas grand-chose de la vie de Jean de Hubant. Sa date de naissance nous est ainsi inconnue. On sait juste qu’il est natif de Hubant, commune de Grenois dans la Nièvre. C’est un charmant petit village situé aux abords du Morvan à quelques lieux de Tannay, Brinon-sur-Beuvron. Il fut Président de la chambre des Enquêtes au Parlement de Paris. Autrement dit il était chargé d’enquêtes judiciaires avec sous ses ordres soixante-quinze magistrats. Il meurt en 1346 après avoir confié l’administration de son collège à son neveu appelé également Jean de Hubant.

Collège de Hubant

Illustration Collège de Hubant
© Archives Départementales de Paris

UN COLLÈGE DESTINÉ À ACCUEILLIR SIX PAUVRES NIVERNAIS
Pour mettre en place son collège dans Paris, Jean de Hubant fait l’acquisition de plusieurs maisons rue de la Montagne Saint-Geneviève, haut lieu intellectuel parisien, proche de l’Université de Paris (aujourd’hui, quartier latin). Et, en 1339, le collège est créé. Il ne faut pas s’imaginer qu’il s’agit d’un collège comme aujourd’hui. C’était un lieu destiné avant tout à l’assistance et à l’hébergement d’étudiants pauvres.
Au collège de l’Ave Maria, six étudiants, âgés de dix à douze ans, tous originaires de Hubant, avaient donc le gîte et le couvert sous la supervision d’un maître d’études et d’un chapelain, autrement dit un prêtre. Ils recevaient une formation en grammaire préalable à l’entrée à la faculté des Arts (aujourd’hui enseignement secondaire général et premier cycle du supérieur). Ils quittaient le collège à l’âge de seize ans. La piété et la rigueur étaient de mise durant leurs études. Ils devaient soigner des malades, participer à des veillées funéraires, servir le repas à vingt pauvres le jour anniversaire du trépas de leur bienfaiteur. Quotidiennement, ils assistaient à des messes à genoux pour réciter les matines, autrement au milieu de la nuit (minuit).

À la mort de Jean de Hubant, le collège périclite jusqu’au XVIIIe siècle. Puis, en 1763, tous les collèges rattachés à l’Université de Paris furent réunis au collège Louis le Grand.

Pour en savoir plus :
Jean Christophe Cassard, L’âge d’or des Capétiens (1180- 1328), Paris, Belin, 2011
Elisabeth Pellegrin, La fondation du collège de Hubant dit de l’Ave Maria à Paris, Bibliothèque de l’Ecole des Chartres, volume 107-1, Paris, 1948

Par Franck Dupire

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