Association de bienfaiteurs
« 60 milliards engloutis par les associations ». C’est ce que titrait le Journal du Dimanche (JDD) en Une le 20 septembre. De quoi crier au scandale lorsqu’on est un bon contribuable qui paie scrupuleusement ses impôts, et en conclure à la gabegie. C’est d’ailleurs bien le but de cet article qui s’appuie sur une étude menée par l’observatoire Hexagone, dont le principal financeur n’est autre que le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Autant d’argent qui serait donc bien mieux dans nos poches si l’on suit la logique jusqu’au bout. C’est ce que pensent certains milliardaires dont les poches sont grandes (et pleines) et qui n’apprécient guère que la collectivité y mette la main. D’où leurs efforts pour nous convaincre que baisser les impôts, à commencer par les leurs, profite à tous. Une stratégie décryptée par le documentaire d’Arte.tv « Ultra-riches : taxe-moi (si tu peux) » qui passe notamment par l’investissement massif dans l’information.
Si 60 milliards justifient que l’on demande des comptes, lira-t-on pour autant un jour dans le JDD (détenu par un milliardaire) les conclusions de l’étude de l’Institut des politiques publiques qui a pu établir qu’en 2016, les 75 foyers les plus riches de France étaient proportionnellement ceux qui payaient le moins d’impôts ?
« Si vous n’aimez pas ce qui se dit, changez la conversation », conseille à ses clients Don Draper, le publicitaire de la série Mad Men. Et c’est exactement ce à quoi s’emploie la Une du JDD, faisant oublier au passage que le secteur associatif c’est 13 millions de bénévoles et près de 2 millions de salariés. À l’inverse, ce à quoi nous nous employons chez Koikispass, c’est rappeler que ces associations, nombreuses à intervenir dans le domaine du soin, sont toujours en quête de bénévoles faute de moyens. Sans doute est-ce parce que, privés de la générosité d’un milliardaire, nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires.
Les coulisses de la couv – Anaïs Eléonore Viaud, illustratrice, créatrice du Studio Biki et membre du collectif Les Illus’
«Lorsque les jours raccourcissent et que le ciel pèse un peu plus lourd, les concerts et sorties culturelles déplacent quelque chose en nous. Sous un ciel rose bonbon, le Café Charbon semble traversé par une déflagration. À ses côtés veille une drôle de bête : un dogue bleu, gardien des soirées à rallonge. Entre éclats, volutes et couleurs acidulées, j’ai voulu donner à cette vision l’énergie du festival, secousse musicale d’automne qui réveille la ville.»
Passée par la publicité parisienne, directrice artistique et Bourguignonne depuis l’âge tendre, Anaïs Éléonore, dite Bikini, signe des visuels d’art et de commande pour raconter le monde autrement et signe régulièrement des campagnes de communication, logotypes et affiches de théâtre. Elle expose actuellement jusqu’au 8 janvier avec le collectif Les Illus’ à la médiathèque
Jean-Jaurès de Nevers dans le cadre de “Nevers en Bleu”.
Retrouvez Anaïs Eleonore et les Illus’ sur Instagram @bikinitheoriestudio, @leonordebikin et @les.illus