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À l’ESAT La Vernée, on permet aux personnes handicapées de s’épanouir par le travail

Un atelier de l’ESAT de La Vernée à Nevers / Photo par Romain Liger

Favoriser l’épanouissement et l’insertion des personnes handicapées par le travail. Tel est l’objectif de l’ESAT La Vernée à Nevers. Et, pour ce faire, l’équipe multiplie les initiatives originales. Explications avec Carole Pillot, directrice du pôle Travail protégé et Fanny Jeannin, éducatrice spécialisée. 

Pouvez-vous expliquer ce qu’est un ESAT ?

Carole Pillot : L’acronyme ESAT signifie Etablissement et service d’aide par le travail. Nous accueillons 184 personnes souffrant de déficiences intellectuelles et de troubles associés sur nos trois sites de Lormes, Decize et Nevers. L’idée est de favoriser le retour de nos bénéficiaires en milieu ordinaire en leur proposant de se professionnaliser. L’ESAT est donc un support d’épanouissement par le travail. 

Originellement, les ESAT sont spécialisés dans la sous-traitance industrielle…

Carole Pillot : C’est effectivement l’activité initiale, avec l’entretien des espaces verts. Dans le cadre de la sous-traitance industrielle, nous remplissons des tâches d’ensachage et d’assemblage, ce que l’on appelle « le travail sur table ». Nous travaillons avec des entreprises comme Look Fixations, Arquus, Somatherm… Mais, depuis quelque temps, nous cherchons à nous diversifier. En effet, concernant la sous-traitance, nous sommes en concurrence avec la Chine, un petit peu avec le milieu carcéral aussi…

Fanny Jeannin : Cette volonté de diversification tient aussi à notre souci de valoriser les bénéficiaires. Il nous semble important qu’ils aient le choix dans leur formation. D’autant que tous n’ont pas envie d’oeuvrer dans la sous-traitance.

Quelles autres activités avez-vous développées ?

Carole Pillot : Depuis la crise sanitaire, nous avons développé la traduction en méthode Facile à lire et à comprendre (FALC). En effet, une loi de 2005 indique qu’il faut que tous les textes soient compréhensibles par chacun. Or, plus de 15 ans après, on voit bien que ce n’est pas le cas. Le FALC est une méthode qui a pour but de traduire le langage classique en langage simplifié. Nous avons donc formé six bénéficiaires qui sont capables de remplir cette mission. Il y a énormément de besoins, encore faut-il que tout le monde joue le jeu. Pour l’instant, nous répondons surtout à des demandes institutionnelles. Nous avons débuté en novembre et espérons maintenant toucher les espaces culturels..

Vous proposez aussi à vos bénéficiaires d’oeuvrer au côté des animaux. Pourquoi ce choix ? Quels bénéfices en retirent-ils ? 

Carole Pillot : Nous avons en effet une ferme avec un élevage ovin, bovin et quelques volailles. En mai, nous allons ouvrir à Nevers un salon de toilettage canin. Nous avons embauché un professionnel qualifié qui va former nos bénéficiaires, avec le soutien d’un éducateur. Il y a une vraie demande car, sur la ville, pour faire toiletter son chien, il y a un délai d’attente de trois à quatre mois. Nous répondons donc à un vrai besoin ! Par ailleurs, nous allons ouvrir en juin à Decize une pension canine.

Fanny Jeannin : C’est très structurant pour nos bénéficiaires de travailler avec les animaux. Et la bienveillance dont ils font preuve à l’égard des bêtes est un gage de confiance pour les futurs clients ! L’idée est vraiment de sortir des tâches traditionnelles et de développer chez chacun de nouvelles compétences pour augmenter leur employabilité. 

Vous aviez déjà une activité liée aux espaces verts qui se trouve renforcée avec un nouveau projet…

Carole Pillot : Effectivement, cela fait maintenant deux ans que nous travaillons sur un projet d’horticulture à Lormes. Le propriétaire voulait vendre. Nous avons racheté l’endroit, gardé l’ancien patron pour qu’il forme les bénéficiaires et, début juin, nous serons propriétaires à part entière des lieux ! 

Quel est le rôle de l’espace inclusif que vous avez créé ?

Carole Pillot : On pourrait définir cet espace inclusif comme le « Pôle Emploi de l’ESAT ». Au lieu d’aller vers les entreprises, nous leur proposons de venir voir les compétences de nos bénéficiaires. Le bénéficiaire est ensuite mis à disposition de l’entreprise durant deux ans avec objectif d’embauche à la fin.

Fanny Jeannin : Une fois embauché, le bénéficiaire est accompagné par nous durant encore un an. Cela sécurise l’employeur comme l’employé ! 

Que dire aux entreprises pour les convaincre d’accueillir vos bénéficiaires ?

Fanny Jeannin : Il convient d’abord de rappeler une chose : notre but premier, c’est de répondre aux objectifs professionnels des bénéficiaires. Parmi ceux-ci, certains ne peuvent ou ne veulent pas quitter l’institution. A nous de voir comment faire pour qu’ils y restent en y étant au mieux. Mais effectivement, d’autres souhaitent aller travailler en milieu ordinaire…

Carole Pillot : Ce sont des gens très rigoureux dans leur travail et très dévoués. D’où la poursuite de l’accompagnement social quand ils sont en poste pour éviter les abus ! Je crois qu’il faut aussi dire qu’accueillir un de nos bénéficiaires, c’est participer au changement de regard sur le handicap. Car il est indéniable que le point de vue de la société doit évoluer sur ce point. 

Infos pratiques : 20 Rue du Petit Mouësse, 58000 Nevers. Ouvert : du lundi au jeudi : 8 h – 12h et 13 h 30 – 16 h 45 et vendredi : 8h – 12 h. Tél : 03 86 68 81 18. Facebook : Esat Fol

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