Moins connus que leurs prestigieux voisins de Sancerre et Pouilly, les coteaux-du-giennois, dont les deux-tiers du terroir se situent dans la Nièvre, viennent de dégainer un guide gratuit des caves à télécharger. Co-président du syndicat viticole du vignoble, Marc Thibault nous dresse le portrait de cette AOC qui regroupe une quarantaine de producteurs.
Quelle est l’histoire des coteaux-du-giennois ?
Marc Thibault : L’appellation coteaux-du-giennois s’est constituée en deux temps. D’abord, il y a eu les vins du Loiret autour de Gien qui ont obtenu le label VDQS (vins de qualité supérieure, qui n’existe plus aujourd’hui, Ndlr) dans les années 50. Les vins de Cosne s’y sont rattachés dans les années 70. Et c’est en 1998 que toute cette zone accède à l’appellation d’origine contrôlée (AOC) sous le nom de coteaux-du-giennois qui s’étend sur 750 ha de superficie plantable. Aujourd’hui, 240 ha sont en production, ce qui laisse un potentiel très important de développement.
Combien de vignerons composent l’AOC ?
Nous sommes 37 producteurs répartis sur 14 communes entre Gien et Cosne-sur-Loire et nous produisons un million de bouteilles par an. Deux-tiers du terroir se situe dans la Nièvre. Au fil des années, le nombre de producteurs ne cesse d’augmenter du fait de nos voisins de Sancerre (Cher) et Pouilly qui viennent s’installer en Giennois pour diversifier leur gamme.
Quelles sont les caractéristiques des vins des coteaux-du-giennois ?
Ce sont des vins qui vont vous procurer de la fraîcheur et du fruité. On trouve un côté iodé dans les blancs avec des vins qui tiennent très bien l’évolution entre 5 et 7 ans. Ils conviennent très bien à l’apéritif et en accompagnement de fromages comme le chèvre ainsi que pour les poissons et les fruits de mer. Les rouges seront quant à eux à consommer dans les 3 à 4 ans même si certains peuvent se garder plus longtemps jusqu’à 10 ou 12 ans. Ils se marient à merveille avec une viande charolaise grillée ainsi que des fromages un peu plus faits. Nous produisons en outre quelques rosés qui sont des vins parfaits pour déguster un plateau de charcuterie.
Comment fait-on pour se faire une place à côté de deux appellations aussi connues que Pouilly et Sancerre ?
La proximité de Sancerre et de Pouilly est une chance car cela nous sert de locomotive en termes d’évolution technique. Et cela permet aussi à nos interlocuteurs de situer facilement notre terroir. Chaque année, nous organisons deux grands événements : le festival des coteaux-du-giennois qui se déroule fin juin à Gien et la Fête des vins des coteaux-du-giennois le dernier dimanche de juillet à Bonny-sur-Loire.
Qu’attendez-vous du guide des coteaux-du-giennois qui vient de sortir ?
Le guide des coteaux-du-giennois recense les contacts de chaque vigneron. Il doit nous permettre de développer notre visibilité, notamment au niveau local car les habitants du territoire ne se sont pas encore approprié l’appellation. Il s’agit donc de les inciter à aller à notre rencontre car nous avons à cœur de faire connaître la diversité de nos vins.
Infos pratiques : le guide des caves des coteaux-du-giennois est à retirer gratuitement dans les offices de tourisme Bourgogne Cœur de Loire à Cosne (Palais de Loire, rue du Général de Gaulle) et à Pouilly (dans les locaux de la Tour du pouilly fumé, rue Waldeck Rousseau) ou à télécharger en ligne sur bourgogne-coeurdeloire.fr
Propos recueillis par Isabelle Dany





































