Il est plutôt discret, plus à l’aise en coulisses que sous les projecteurs. Benoît Tendero, à l’instar de Stéphane Bern, est un défenseur du patrimoine et ne se contente pas d’en parler, il agit. Restaurateur de fresques, c’est son job, il court la France de cryptes en églises pour dénicher, restaurer, sauvegarder un patrimoine daté de plusieurs siècles.

Un savoir-faire indispensable

Au compteur, il affiche plus de 200 églises, des châteaux, des monuments historiques, le Sénat ou encore la coupole du théâtre de l’Odéon.

De Caen à Poitiers, en passant par Strasbourg, Corancy ou Cessy-les-Bois, c’est toujours le même cœur à l’ouvrage. « Je ne fais pas de différence entre un édifice de renom et une église dans un village perdu au cœur de la France ».

Le décor est planté. Parmi ses faits d’arme, la Cathédrale de Poitiers. Un chantier de plus de six mois qui a mis à jour une fresque monumentale de plus de 700 m². Perché à 25 mètres de hauteur, c’est la main de l’homme qui est l’œuvre. « À raison d’un mètre carré par jour, il nous a fallu six mois de travail ». Un chantier qui aura valu à Benoît le titre honorifique du « Geste d’Or » qui récompense un savoir-faire.

défenseur du patrimoine

Il n’y a pas d’école

Son premier chantier, Benoît s’en souvient encore. Une église en Auvergne. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Graphiste de formation, spécialisé dans la BD, c’est par hasard que Benoît frappe à la porte de l’atelier Malesset à Paris. De l’audace, plus que du culot.

Il débute comme rentoileur de tableau avant d’embrasser la carrière de restaurateur de toile et de sculpture. Sur l’ouvrage, il apprend le métier. Un métier pour lequel il n’y a pas d’école, un métier qui relève davantage du compagnonnage que de l’apprentissage. « 7 à 8 ans de pratique, quelques 10 000 heures de travail avant d’être capable de poser un diagnostic, c’est la moyenne ». La peinture est à l’histoire ce que le papier peint est pour nous. Une fresque en recouvre une autre. « Quand on commence à gratter, on ne sait pas sur quoi on va tomber. La difficulté du job, ce qui le rend passionnant, c’est de savoir ce que l’on va conserver et restaurer ».

Apprendre et connaître l’histoire, l’iconographie, les techniques de construction et de maçonnerie, reconnaître un joint, un pigment, une peinture ou encore un badigeon c’est indispensable ! Et ils ne sont qu’une centaine en France à posséder cette expertise à être capable de reproduire une fresque, un trompe l’œil à partir d’un fragment d’histoire.