à l’école il préférait Emile Cohl, la prestigieuse école de dessin de Lyon. Aux ateliers d’illustration, la rue. Aux toiles, les murs ; Bertrand Dios était trop rock’n roll pour rentrer dans le rang. Dessinateur, peintre, sculpteur, Dios fait dans le monumental et le surprenant. Une façon, dit-il, de combattre l’ennui…

L’homme qui fait avec

Faire avec est un art. Faire avec les visages des habitants d’Arleuf lorsqu’il réalise l’immense fresque du Cornemuse : une façon de se faire accepter, mais aussi de raconter une histoire ancrée dans les traditions locales. Faire avec quand il réalise ses célèbres voitures construites de bric et de broc : vieux bidons d’huile, ou l’imposante SINGER, construite sur la base d’une ancienne machine à coudre de la marque.
Un relent de Cadillac :
« La rencontre avec Thierry Vasseur (NDLR : célèbre photographe installé à Lormes) a été décisive. Il est parvenu à les mettre en scène et me donner envie de continuer. Nous avons exposé à Paris et elles ont eu beaucoup de succès ». Faire avec le monde tel qu’il est pour continuer « à mettre de la couleur sur la grisaille », même lorsqu’il projette sur la toile une solitude qui ressemble à Hopper.

L’art nécessaire

A presque 50 ans, il aurait pu être rockeur ou blouson noir. Mais le besoin de liberté était plus grand encore. Là où d’autres ne peignent que sur toile, il lui faut des murs : plus de 70 fresques monumentales réalisées ici et là : « Certaines ont disparu mais ça ne me fait rien » et l’envie toujours d’aller plus loin : « Il y a une constante remise en question, un ébranlement des acquis et une vraie passion pour faire tenir les choses ensemble. C’est un jeu de stratégie qui m’excite ! ». Les couleurs sont pétillantes, démesurées : « En ce moment, le monde ne m’inspire pas. Les gens ne se jettent plus sur l’art. Il faut sans cesse provoquer à tel point que l’on se demande parfois pourquoi on continue à créer et j’aime la surprise de la démesure ».

4 questions pour mieux vous connaître

Abstrait ou figuratif ? J’aimerais faire de l’abstrait sur les murs mais le figuratif est plus facilement explicable.

Peintures ou voitures ?Les voitures sont un symbole de notre aliénation. Lorsque je les crée, je pars d’une pièce qui va me donner la direction. C’est la voiture qui m’emmène vers la découverte. Il y a un double message et je me sens plus insolite.

Peinture ou BD ?Je ne me sens pas à l’aise dans la narration. Beaucoup moins que dans l’image.

Un livre ?“L’écume des jours” mais sinon je n’arrive pas à lire. Ça m’emmène beaucoup trop vite dans mes pensées.