202 299, telle était la population de la Nièvre selon les dernières données démographiques publiées par l’Insee en 2022. Si des communes continuent de perdre des habitants, d’autres parviennent au contraire à en attirer comme Alligny-Cosne et Dornes.
Votre commune a gagné des habitants ces dernières années. Quelle a été votre stratégie pour les attirer ?
Philippe Bourgeois, maire d’Alligny-Cosne de 2014 à 2026 : Nous veillons à rester attrayants en conservant nos commerces de proximité comme la boulangerie, l’épicerie, le café, le coiffeur mais aussi nos services. Nous abritons une école et nous avons un cabinet médical avec une médecin généraliste, un groupement de trois infirmières et une infirmière Asalée. Nous disposons également de nombreux équipements sportifs avec un terrain de foot, deux courts de tennis, deux terrains de pétanque sans oublier notre comité des fêtes qui déborde d’énergie ainsi que de nombreuses associations qui animent notre village.. Au final, notre commune de moins de 1 000 habitants est équipée comme si nous en avions 1 500 ou plus. A l’exception du café, les bâtiments qui accueillent les commerces appartiennent à la commune avec des loyers très peu chers. Quand un commerce ferme, on passe des annonces et on en parle autour de nous pour faire fonctionner le bouche-à-oreille. On démarche les artisans aux alentours comme le boulanger qui est de Cosne et qui a installé une salariée à Alligny. Et les hasards de la vie réservent parfois de belles surprises. J’ai fait la connaissance de notre médecin lors de son mariage à Alligny-Cosne avec un natif du village. J’ai profité de l’occasion pour lui proposer de venir s’installer dans notre commune et après quelques mois de réflexion, elle a accepté ma proposition.
Jean-Luc Gauthier, maire de Dornes depuis 2020 : Le nombre d’habitants a commencé d’augmenter dans les années 1990 à Dornes. Depuis 2012, nous enregistrons également de nouvelles arrivées grâce à la construction de deux lotissements dont les derniers lots ont été vendus en 2024. Nous avons notamment des familles qui s’installent car nous apportons un important soutien à nos écoles.
À votre avis, qu’est-ce qui attire le plus les nouveaux arrivants ?
Philippe Bourgeois : Je pense qu’ils apprécient le calme et la simplicité que leur offre une commune rurale comme la nôtre où l’on peut prendre le temps de vivre tout en ayant accès à des commerces, des services de santé et un établissement scolaire. On profite également de la proximité avec Cosne-sur-Loire. Notre taxe foncière est peu élevée et nous proposons des terrains constructibles à des tarifs très attractifs. Enfin, notre syndicat des eaux nous garantit une eau de qualité très peu chère.
Jean-Luc Gauthier : A Dornes, on profite d’un habitat moins cher par rapport à des villes plus importantes aux alentours. Et puis nous disposons de beaucoup de commerces essentiels, d’un pôle santé, d’un supermarché, d’une jardinerie, d’un restaurant et d’une vie associative riche avec de nombreuses manifestations tout au long de l’année.
Qui sont ces nouveaux habitants ?
Philippe Bourgeois : Nous parvenons à attirer à la fois des habitants des communes aux alentours ainsi que des Parisiens et des Franciliens qui ont des résidences secondaires étant situés à moins de 2 h en train de Paris.
Jean-Luc Gauthier : Nous accueillons beaucoup de personnes qui travaillent sur la zone de Moulins (Allier) et qui recherchent un cadre de vie à la campagne. Pour eux, la présence des écoles, de la maternelle jusqu’au collège, est importante. Quant aux aînés, ils apprécient de pouvoir tout faire à proximité de chez eux grâce notamment à notre pôle santé composé de médecins, d’infirmières et d’un ostéopathe.
Faites-vous encore face à des idées reçues ?
Philippe Bourgeois : Je constate en effet que la Nièvre continue de souffrir d’une mauvaise réputation alors que l’on y jouit d’une agréable qualité de vie avec une belle campagne et de beaux paysages.
Jean-Luc Gauthier : Je lutte pour ma part contre l’idée que les enfants de la campagne n’auraient pas les mêmes chances qu’en ville. Je considère au contraire qu’il s’agit d’un énorme avantage de vivre à la campagne. Il y a moins d’agressivité et moins d’élèves, ce qui permet aux enseignants d’être plus proches d’eux. A Dornes, comme ailleurs, des gens sont devenus ingénieurs, médecins et agriculteurs parce qu’ils l’ont choisi.
Où emmèneriez-vous un visiteur pour lui faire comprendre pourquoi on vit bien dans vos communes ?
Philippe Bourgeois : Je l’emmènerai sur les chemins qui parcourent les hauteurs d’Alligny-Cosne d’où l’on a une très belle vue sur le Donziais et le Sancerrois.
Jean-Luc Gauthier : Je lui ferai découvrir notre belle campagne et nos étangs communaux. Je lui ferai également visiter nos écoles et nos installations sportives et rencontrer toutes les associations qui animent le village.







































