À Nevers, tout le monde l’appelait le « p’tit Manu ». Depuis, Manu est devenu Da Silva et il fait son bonhomme de chemin doucement mais sûrement. Auteur, compositeur, interprète (autodidacte) son cinquième album, « Villa Rosa » est disponible depuis le 4 novembre dernier.

Retour en terre natale, mais pas forcément en terrain conquis, pour Da Silva. L’enfant du pays, qui a vécu dans presque tous les quartiers de Nevers, est en haut de l’affiche avec son cinquième album Villa Rosa. Les critiques l’assurent, c’est sans doute son meilleur album, le plus abouti. Sans dire qu’il est question de maturité artistique, mature il l’est depuis bien longtemps déjà, Da Silva à cette faculté de faire fi des qu’en dira-t-on. De lever les barrières, sans préjugés.

Villa Rosa, c’est dix titres, pas un de plus, pourquoi ? Une contrainte volontaire. Pas question de choisir quel titre ne figurera pas sur l’album et surtout pas de chanson à paraître dans une réédition de l’album qui donnerait le sentiment aux premiers acquéreurs d’avoir été lésés.

L’amour, la vie, la mort, les joies, les peines… sont des thèmes très marqués dans les textes de Da Silva. L’artiste aime les mots, jouer avec eux, avec leur sens multiples. Enigmatiques. “Chacun est libre d’interpréter mes chansons comme il le souhaite. Même s’il n’y a pas forcément de messages, il y a une histoire. Si en écoutant mes chansons ou en lisant mes textes les gens imaginent une histoire qui leur ressemble, c’est tant mieux”.

Nevers, sans être nommée, est cité dans la chanson “Gin Fizz”.

Je l’ai écrite en pensant à une boîte de nuit de Nevers dans laquelle je suis allé. Le KitKat. J’ai le souvenir de ces mecs qui dansaient en s’admirant devant les miroirs… J’ai fait cette chanson”. En dix morceaux et quelques 30 minutes, Da Silva nous embarque dans son univers tantôt pastel, tantôt flashy. Lui, le chanteur au caractère bien trempé, tatoué jusqu’au bout des doigts, ne se prétend pas engagé, mais conscient du monde qui l’entoure.

Actif sur les réseaux sociaux, (Facebook, Twitter), pas un jour sans un post ou un com’. Jamais avare de compliments pour ce(ux) qu’il apprécie, il sait également dire quand ça ne lui plaît pas, quand il n’aime pas. On sait où il est, on sait ce qu’il fait et on sait ce qu’il pense. L’essentiel étant pour lui de “penser ce que l’on dit, plus que de dire ce que l’on pense”. Il est comme ça Da Silva, on aime, ou on n’aime pas.

Et Nevers dans tout ça ? “Je n’ai que très peu l’occasion d’y séjourner. Ma Famille y habite, j’y ai encore quelques amis. Je suis parti en 1997 ou 98, je ne sais plus exactement. J’y ai de bons souvenirs, comme tout le monde. Des moins bons aussi. Mais j’y reviens toujours avec plaisir”. Da Silva dit vrai, il sera là, sur scène, le 21 avril prochain (symbole ?), dans le cadre du festival des Droits Humains, organisé par le Pac des Ouches, à l’espace Stéphane-Hessel. “ça me va bien” précise-t-il en un clin d’oeil.