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Faire de l’exploitation de la forêt l’affaire de tous dans le Morvan

Le Haut-Folin, au cœur du massif forestier du Morvan / Photo par Romain Liger pour Koikispass

Dans le Morvan, le Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus (GFSFM) agit depuis 2003 pour préserver le patrimoine forestier face à la pression exercée par les coupes de l’industrie du bois. Un combat difficile, taxé parfois de radicalisme, et qui cherche avant tout à promouvoir une exploitation responsable.

Avec 1100 propriétaires dont 40% sont en Bourgogne, il est le premier groupement forestier citoyen fondé en France. Parfois accusé de vouloir mettre le Morvan sous cloche, le Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus (GFSFM) veille à maintenir une diversité des essences et une continuité des massifs face à la pression exercée par la culture intensive des sapins et les coupes rases effectuées par l’industrie du bois. Sur ses parcelles (350 hectares en tout sur les 135 000 hectares de la forêt morvandelle), le GFSFM fait en sorte de “stimuler l’écosystème pour qu’il produise des graines et qu’il se régénère par lui-même”.

En termes techniques, c’est ce que l’on appelle la “sylviculture à couvert continu”, basée sur une approche globale de la forêt et qui cherche à accompagner les processus naturels, sans perturbations brutales, grâce à des interventions légères et fréquentes.

La nécessité de créer un débat citoyen

Une manière de défendre un autre modèle économique – “Nos exploitations sont rentables et nos forêts prennent de la valeur”, indique Ghislaine Nouallet, co-gérante du GFSFM – mais aussi une autre approche environnementale : “On dit que quand on coupe des arbres, les nouveaux vont capter du carbone. Mais c’est un discours simpliste qui ne tient pas compte du carbone libéré par la coupe rase, souligne Ghislaine Nouallet. La science a prouvé que les forêts à couvert continu captaient plus de carbone qu’une plantation”, du fait notamment du rôle joué par l’écosystème au sol, que l’on ne sait pas évaluer aujourd’hui. 

L’enjeu désormais pour le GFSFM, assisté d’un conseil scientifique composé de juristes, d’ingénieurs et de spécialistes du Morvan ? Faire de ce sujet un débat qui dépasse le cercle des experts en s’inscrivant dans une démarche pédagogique pour que “les citoyens aient leur mot à dire” alors qu’il existe “un lobbying puissant et que les coupes rases se multiplient” insiste Ghislaine Nouallet. Une situation qui a conduit le le Parc naturel régional du Morvan à demander qu’une autorisation soit exigée pour les coupes rases dès que les parcelles dépassent 0,5 hectare, au lieu de 4 hectares aujourd’hui. Sans succès à ce jour…

Plus d’infos sur sauvegarde-forets-morvan.com

Emmanuelle de Jésus

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