Créée pour mettre en lumière les initiatives qui fleurissent partout en France, et raconter ce qui va bien plutôt que ce qui va mal, la Fédération française des trucs qui marchent fait l’objet d’un recueil, La Fédération française des trucs qui marchent – Le tour de France des idées qui nous rapprochent, sorti début novembre. Koikispass s’est entretenu avec son co-auteur Théo Caviezel.
On connaissait la Fédération française de la lose, ce média satirique qui surfe avec auto-dérision sur les petites défaites sportives des athlètes tricolores. Il faut désormais compter avec la Fédération française des trucs qui marchent (FFTM, une association co-fondée en 2022 par Christophe Arnoux, conseiller en communication et Raphaël Ruegger, jeune élu dans le Cher), qui entendent mettre en avant la réussite d’initiatives locales originales.
Comme à Semur-en-Auxois (Côte d’Or) par exemple, où la mairie a imaginé une « Entreprise à But d’Emploi » pour redonner du travail à une dizaine de chômeurs de longue durée. Cette association, qui fonctionne comme une vraie entreprise, a permis leur réinsertion en proposant un service de conciergerie (livraison de repas, nettoyage, petits travaux…) et une recyclerie. Rencontre avec Théo Caveziel, co-auteur du livre à paraître, qui décrypte les recettes de ces « trucs qui marchent » aux quatre coins du pays.
Quelle est la genèse de la Fédération française des trucs qui marchent ?
Théo Caviezel : Le constat que la politique nationale, très partisane, ne reflète pas la richesse des initiatives locales qui font avancer le pays. Ce qui tient la France, ce sont les 35 000 petites républiques que sont nos communes et nos villages. Les maires et élus locaux, souvent loin des plateaux télé, réalisent pourtant des choses concrètes sur leur territoire. Ce sont eux les véritables acteurs de notre démocratie. Nous avons donc créé cette Fédération pour les célébrer.
Quels sont les critères d’un “truc qui marche” ?
C’est simple : le projet doit être porté à l’échelon local, déjà fonctionner – ce n’est pas une expérimentation – et s’inscrire dans la durée. Et surtout, il doit être facilement duplicable. Si un maire découvre l’initiative, il doit pouvoir se dire : “Pourquoi je n’y ai pas pensé avant ? On va le faire aussi !”.
Comment trouvez-vous ces initiatives ?
Au début, nous faisions beaucoup de recherches dans la presse régionale. Aujourd’hui, avec la notoriété acquise, nous n’avons presque plus besoin de chercher : les élus eux-mêmes nous sollicitent tout au long de l’année.
Pouvez-vous donner un exemple ?
À Saint-Dizier, le maire a remplacé tous les panneaux publicitaires de la ville par des reproductions d’œuvres d’art en partenariat avec les musées nationaux. Pendant quinze jours, les habitants ont découvert les plus grandes œuvres au coin de leur rue. Le succès a été tel que l’opération a été dupliquée dans plus de quarante communes. Les habitants sont heureux, cela envoie un message culturel fort, démocratise l’art et c’est facile à mettre en œuvre : cela coche toutes nos cases.
Vous serez présents lors du Salon des maires à Paris pour une grande soirée ouverte au public le 17 novembre prochain…
Oui, c’est l’un de nos deux temps forts : le tour de France des trucs qui marchent au printemps, puis la grande soirée organisée la veille du Salon des maires dans une salle mythique à Paris. L’an dernier, c’était aux Folies Bergère ; cette année, ce sera sous le chapiteau Bouglione. C’est notre “TEDx des maires” : un maire monte sur scène devant 1 500 personnes et présente en dix minutes son “truc qui marche” comme une véritable star avec derrière lui, un orchestre et une mise en scène soignée. Dans la salle, des centaines d’élus écoutent, prêts à dupliquer son initiative. C’est une soirée ouverte au public, inspirante, qui résume toute notre raison d’être : montrer que, partout en France, des élus font bouger les lignes.
Infos pratiques : La Fédération française des trucs qui marchent – Le tour de France des idées qui nous rapprochent, sortie le 6 novembre aux éditions Buchet-Chastel. 22,50€. Plus d’infos sur trucsquimarchent.fr
Propos recueillis par Rémi Belot





































