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Le Sentier du Passeur : un panorama sur le bec d’Allier à clouer le bec

Le panorama sur le Bec d’Allier depuis l’observatoire du sentier du Passeur / Photo par Steve Stillman pour Koikispass

Pour célébrer l’arrivée du printemps, la rédaction de Koikispass vous partage l’une de ses balades préférées : le sentier du Passeur, au départ du port de Gimouille et qui vous garantit une place au premier rang pour profiter du spectacle offert par le bec d’Allier.

L’aventure débute par un dimanche pluvieux-venteux au port (bien nommé) de Gimouille. Le site est classé « Panda » par le WWF, le Fonds mondial pour la nature. C’est une zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique ; ce que confirme le parcours pédestre conçu avec le WWF, jalonné de panneaux pédagogiques. Mon but : rejoindre l’observatoire qui domine le confluent pour observer les oiseaux.

Dès le départ, je note sur le sol des empreintes de sabots – signe que des cavaliers doivent apprécier la balade –, mais aussi des traces de moutons. D’ailleurs, les voilà qui s’avancent sur le chemin, menés par une bergère et deux chiens. Un joli troupeau dont la mission est d’entretenir les rives par écopâturage. Eau sauvage + vent + moutons… allez savoir pourquoi, Les Lacs du Connemara envahissent mon espace mental. Michel Sardou, sors de ce corps !

Au bout d’une ligne droite se trouve le pont-canal du Guétin. Long de 343 mètres au-dessus de l’Allier, il est utilisé de nos jours par les bateaux de plaisance. Je passe ensuite sous le pont routier pour atteindre le chemin en sous-bois qui frôle parfois les berges du fleuve (on fait attention) et permet d’admirer une nature encore bien sauvage. Les bancs de sable en cette saison accueillent quelques oiseaux mais, avouons-le, ce n’est pas la foule ornithologique des grands jours. Heureusement, les panneaux ornés du portrait du Passeur (référence au passeur du Bec d’Allier qui autrefois faisait traverser les gens d’une rive à l’autre et qui a vaguement la tête de Georges Brassens) ont chassé Sardou et m’ont appris bien des choses. Sur le guêpier d’Europe notamment, un migrateur qui arrive sous nos latitudes à la mi-avril. OK, on est fin février… Mais peut-être que tous les oiseaux de la création ont prévu un grand show à l’observatoire ! Cela dit, le spectacle n’est pas morne : la rivière n’est jamais sereine, l’eau vient se cogner aux bois morts coincés dans les bancs de sable et parfois un mouvement rapide à la surface laisse deviner une vie aquatique secrète ; on se doute qu’à la belle saison ça doit taquiner depuis les berges…

Un dépaysement total

En attendant, avec ou sans piafs, j’arrive au Bec d’Allier. Depuis le belvédère en bois, alors qu’il se met à pleuvasser, le spectacle est fascinant et le dépaysement est total ! Le chemin se poursuit entre berges et champs jusqu’au but de ma balade : l’observatoire. Après une volée de marches, désertes en ce jour où la météo fait grise mine, je m’installe face aux ouvertures rectangulaires qui offrent le panorama sur le Bec d’Allier. Pour le grand spectacle à plumes, c’est raté : la pluie qui s’est intensifiée a chassé les oiseaux. Mais je ne regrette pas la balade car finalement c’est la nature dans sa sauvagerie tranquille et farouche qui en devient le véritable motif. C’est encore plus vrai en s’approchant du point de confluence entre Loire et Allier, une union tumultueuse et implacable. En retournant à Gimouille, je traîne encore un peu le long de la rivière. Les moutons sont toujours là, serrés en pelote contre les bourrasques. Il est temps de filer, ou Sardou va rappliquer.

Infos pratiques : panorama du Bec d’Allier par le sentier du Passeur, boucle de 8 km depuis le parking du port de Gimouille. Suivre la signalétique.

Emmanuelle de Jésus

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