Derrière ce terme volontairement flou se cache une multitude d’initiatives qui font se retrouver citoyens, artistes et travailleurs dans des lieux autogérés. Ce que décrypte pour Koikispass Carine Camors, socio-économiste à l’Institut Paris Region.
Que-ce les tiers-lieux ?
Carine Camors : Il y a autant de définitions que de tiers-lieux ! À l’origine, la third place désigne un espace de travail qui n’est ni le bureau ni le domicile du travailleur. C’est un terme inventé en 1989 par le sociologue américain Ray Oldenburg. Il recouvre aujourd’hui des réalités très diverses. Le Robert en a publié une définition en 2022 qui parle d’un « espace de sociabilité d’initiative citoyenne, où une communauté peut se rencontrer, se réunir, échanger et partager ressources, compétences et savoirs ».
Qui profite de ces lieux ?
Le profil type est celui d’un jeune qui se lance dans le monde du travail en micro-entreprenariat ou d’un travailleur indépendant en reconversion, dépourvu de locaux. Il peut y travailler, rencontrer des gens, participer à des animations culturelles. Le salarié en télétravail fréquente aussi beaucoup ce genre de lieu. De nombreux départements ruraux souhaitent d’ailleurs développer ce type d’espaces pour revitaliser des territoires en manque d’attractivité.
Quelles sont les spécificités des tiers-lieux culturels ?
À la différence des autres tiers-lieux, ce ne sont pas seulement des espaces de travail. Les artistes peuvent y programmer leurs spectacles et exposer leurs œuvres. Souvent, les tiers-lieux culturels existent de manière éphémère. Mais ce n’est pas une règle. D’autres ont vocation à se pérenniser.
Peut-on parler de révolution ?
Oui. D’autant que les tiers-lieux s’inscrivent pleinement dans la transition écologique et sociale. Il s’y développe de nombreuses actions en faveur de l’environnement. C’est un plus pour l’avenir.
Justement, quel est, selon vous, l’avenir des tiers-lieux ?
L’un des principaux enjeux est de trouver le modèle économique pour rentabiliser ce genre d’espaces. Si certaines régions proposent des aides à l’investissement, il faudrait peut-être soutenir encore un peu plus les tiers-lieux car ils répondent vraiment à des missions de service public. Ils sont un bel outil de participation citoyenne.
Propos recueillis par Virginie Jannière
Plus d’infos sur cohesion-territoires.gouv.fr/tiers-lieux





































