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L’étrange épopée du Mosquito NT229

Mosquito NT229 © DR Wikipedia

« Il existe une dimension au-delà de ce qui est connu de l’Homme ; c’est une Dimension aussi vaste que l’Univers et aussi éternelle que l’Infini : elle est à la croisée de l’ombre et de la lumière, de la science et de la superstition, elle est le point de rencontre des ténèbres créées par les peurs ancestrales de l’Homme et de la lumière de son savoir, c’est la dimension de l’imagination, un domaine que nous avons baptisé… The Twilight Zone ! » 

Voilà une histoire que Rod Serling, génial inventeur de la série fantastique « La quatrième dimension » (The Twilight Zone en anglais) n’aurait sans doute pas boudée, celle du Mosquito NT229.

22 août 1944, le bombardier Mosquito SB G NT 229 décolle de la base de Thornay Island, dans le West Sussex (Royaume-Uni) pour commander 12 Mosquito VI de l’escadron 464 en vue d’un raid sur la gare de triage de Chagny. A son bord, le lieutenant-colonel australien « Peter » Gordon Hamilton Panitz, 28 ans,  commandant de l’escadron 464, pilote de la RAAF et le radio-navigateur gallois Richard « Dickie » Sutton Williams,
29 ans, Capitaine d’aviation. 

« On a d’abord cru à un coup de tonnerre »

Après avoir survolé Bona, l’avion s’écrase sur la colline entre Giverdy et Agland. Selon Didier Bego, auteur d’un ouvrage sur le sujet aux éditions de La Camosine , découvreur du site du crash et de quelques restes métalliques de l’appareil dont une plaque portant le numéro de série du bimoteur, l’appareil aurait été touché par la défense anti-aérienne. En effet, après le bombardement de Chagny, les appareils de l’escadron 464 sont pris à partie par des Flak – Fliegerabwehrkanone, canon anti-aériens – de l’armée allemande. Plusieurs appareils sont touchés. D’autres évoquent un vol trop bas. Quoiqu’il en soit, le Mosquito NT229 explose : « On a d’abord cru à un coup de tonnerre, explique Madame Cottard, alors adolescente et qui vivait dans le hameau d’Agland,  puis, très vite on a vu de la fumée ». Dans le crash, les deux aviateurs australiens perdent la vie. Les deux héros sont enterrés au cimetière de Bona, les restes de l’hélice placés sur leur sépulture témoigne de la violence du choc. En 2016, la municipalité de Bona a érigé une stèle sur le lieu de l’accident.

Un héros de la presse britannique

Mais ce qui rend cette histoire singulière, c’est lorsque l’on découvre l’histoire de Peter Gordon Panitz. Maître boulanger, Panitz est avec son compagnon Sutton Williams, un véritable As des As. Ensemble, ils sont parvenus à détruire 22 trains et de nombreuses centrales électriques, ponts, bateaux, quais et avions ennemis. Grâce à une opération de destruction de « six trains en six minutes », Panitz est devenu une star de la presse britannique qui le surnomme le « briseur de train ». Mais là où l’histoire est singulière c’est que Panitz, mort le 22 août 1944 à Bona était né le 21 septembre 1915 dans une petite ville du Queensland australien du nom de… Boonah. Nul ne peut plus douter que les deux aviateurs ont exploré les cieux de … la quatrième dimension…

Les restes de l’hélice sur la tombe des deux aviateurs témoigne de la violence du choc © Antoine Gavory

Pour en savoir plus :

De Boonah à Bona, Didier Bego, Editions la Camosine

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