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Marcher, c’est sortir de chez soi et rencontrer l’autre

Randonnée dans les paysages du Morvan / Photo par Romain Liger pour Koikispass

On est foutus, on ne bouge plus : voilà la conclusion sinistre d’un rapport de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui affirme que 95 % de la population est exposée à « un risque de détérioration de la santé » dû au manque d’activité physique. Menace sérieuse : on parle là d’obésité, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, respiratoires et même de certains cancers ! Pour réveiller des organismes gavés de malbouffe et de séries, si vous n’aimez ni courir, ni lever de la fonte en salle, il reste le basique : la marche ! Koikispass s’est entretenu avec Denis Cheminade, chargé de mission à la Fédération française de la randonnée pédestre, et Sylvie Simonnet, du comité départemental de randonnée pédestre de la Nièvre.

Marcher, cela semble naturel, et pourtant on marche de moins en moins… Pourquoi ?

Denis Cheminade : « La ville n’est pas favorable aux piétons. Pour marcher en ville, il faut des trottoirs dégagés, sans vélos ni trottinettes. Il faut que ce soit intéressant, que l’on ne se retrouve pas au milieu de la circulation… » D’où l’action de la Fédération du baromètre des villes « marchables », sur le modèle de villes cyclables. (Spoiler : Nevers n’y figure pas !) Il y a peu de place pour le piéton en ville, tout est fait pour la voiture. Il y a un besoin urgent de réaménager la ville pour la rendre plus apaisée, moins carbonée, plus adaptée à la marche, moins dangereuse. À la campagne, dans beaucoup de villages, rien ou presque n’est accessible sans voiture. On a perdu l’habitude de marcher, la marche est un mode de déplacement invisible : on marche jusqu’à sa voiture, ou jusqu’aux transports en commun. C’est tellement naturel que ce n’est plus un enjeu d’aménagement. Alors que cela ne va pas de soi, les indicateurs de santé publique l’attestent.

Justement, quels sont les effets de la marche sur la santé ?

D. C. : Ils sont bénéfiques et multiples : amélioration des systèmes locomoteur, cardiaque et respiratoire. Pour les seniors, la marche aide à conserver ses facultés motrices et donc réduit le risque de chute et de perte d’autonomie. Chez les enfants, cela approfondit leurs capacités sportives. La marche a aussi un effet bénéfique sur le système nerveux : marcher, c’est sortir de chez soi et rencontrer l’autre ; on est stimulé, ce qui contribue à maintenir une activité cérébrale et une capacité à communiquer. Marcher, c’est lutter contre l’obésité, le diabète, le stress. Et on peut débuter sans matériel ni entraînement spécifique.

Sylvie Simonnet, qu’en dites-vous ?

La marche est le meilleur moyen de découvrir une région ! Et, côté santé, il n’y a que des avantages : on travaille l’endurance musculaire, le souffle, le cœur, chacun à son rythme. Sans parler des effets bénéfiques sur la glycémie ! Si on choisit bien son parcours en fonction de la distance, du dénivelé et de la technicité, ce n’est pas un sport traumatisant.

La randonnée, pour beaucoup, c’est le cliché de retraités qui marchent en groupe avec des bâtons. Comment la FFR peut-elle attirer de nouveaux marcheurs ?

D. C. : En développant de nouvelles pratiques plus sportives : marche nordique, marche rapide… Pour les jeunes, la marche est un bon support à d’autres activités de nature comme les rando-challenges sous forme de rallyes. Faire partie d’un club n’est pas obligatoire, mais le groupe motive et il s’y crée des affinités. La convivialité est aussi un de nos moteurs !

S. S. : Les clubs organisent des sorties avec accompagnateur qui plaisent aux familles. On apprend plein de choses sur les sites traversés, sur la faune et la flore, et on lève les yeux de ses chaussures ! »

Infos pratiques : Plus d’infos sur nievre.ffrandonnee.fr

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