Un dossier d’Emmanuelle de Jésus

Les astres ont tranché : Noël 2015, c’est chez vous que ça va se passer. Nivernais de souche ou d’adoption, vous avez beau être aguerri à la survie en milieu hostile, la simple évocation du 24 décembre et ses discussions entre la première coupe de Champagne et la dernière tranche de bûche vous flanque déjà les foies. Mais vous n’êtes pas un canard ni une oie, alors secouez-vous ! En vrais mercenaires, nos rédacteurs vous proposent un guide de survie en territoire de Noël.

Noël oui, mais avec qui ?

En famille

Imaginez-vous autour du piano, ou d’un site de partage de musique – tout le monde n’a pas un quart de queue dans son salon – en train de chanter des “Christmas Carols”. Vous savez, ces rengaines à base de “Petit Papa Noël”, une scie vendue à 80 millions d’exemplaires en France depuis sa création en 1946 par Tino Rossi, et depuis tombée dans le domaine public. Et de laisser brailler les paroles aux enfants en attendant que la dinde aie fini de cuire.

Ça, c’est la version rétro-idéale. Car dans la vraie vie, Noël en famille, ce sont les discussions de plus en plus houleuses sur l’actualité (voir notre rubrique « conversation »), l’ado autiste en mode portable only, les gosses super pénibles que l’on finit par coller devant la télé alors qu’on s’était promis que plus jamais, et les menus casse-tête entre les sans-gluten, les sans-viande, les avec sauce, etc. On aimerait bien se rabattre sur les bulles, mais le Champagne est tiède. L’antichambre de l’enfer.

Avec des amis

Cas n°1 : faut pas rêver

Vous avez de vrais potes avec qui vous fêterez Noël jusqu’à la saint-glinglin sans bagarres, chacun invite les autres dans une joyeuse tournante, champagne !

Cas n°2 : plus dure sera la chute

Sauf que… Souvent, ça se termine comme le sketch de Muriel Robin, à ne plus savoir qui paye quoi, qui prépare quoi, et une guirlande de casse-bonbons :

• Ceux qui se pointent avec deux heures de retard, manque de bol, ils avaient les amuse-bouches;

• Ceux qui s’y prennent à la dernière minute, et finissent par acheter deux pauvres bouteilles et une boîte de chocolats bourrés d’huile de palme « c’est tout ce qui restait au magasin » (ben oui, à 21 heures un 24 décembre…). Résultat : vous vous tapez tout le boulot pour que ces pique-assiettes finissent sous la table ou dans votre plumard – et estimez-vous heureux si ce n’est pas avec votre conjoint(e).

Cas n°3 : risqué

On en profite pour faire se rencontrer deux amis célibataires. Ça fonctionne souvent – bourré, on est plus tolérant – mais attention, ce genre d’attention vous explose quasi immanquablement à la figure avant le Nouvel An, pas plus tard que Pâques pour les plus chanceux.

Seul

Économique, idéal pour se taper les navets que la télé nous réchauffe depuis 40 ans. C’est un truc qu’on aurait bien essayé mais nous avons un ego tellement démesuré que l’on n’est jamais seul ! On en profite d’ailleurs pour se taper une bouteille hors de prix rien qu’à notre santé.

Vous avez choisi votre team ? On attaque le menu !

Partons du principe que vous avez viré de votre table tous les intolérants alimentaires et que vous mangez tradi mais local. Figurez-vous que c’est possible ! (De rien. C’est cadeau.)

La recette du foie gras

Ingrédients

Un foie gras cru

1/2 c à soupe de sucre

2 c à soupe de porto

2 c à soupe de marc de Bourgogne

2 c à soupe de sel

1 c à soupe de poivre.

Préparation

Sortir le foie du réfrigérateur
25 minutes à l’avance.
Séparer les deux lobes, dénerver
à l’aide d’un couteau pointu.

Verser la moitié des ingrédients d’assaisonnement dans un plat, disposer les lobes dessus et les couvrir avec le reste des ingrédients.

Laisser mariner deux heures à température ambiante.

Préchauffer le four à 110° (th 5) et déposer le foie dans une terrine à couvercle, verser dessus le jus de la marinade.

Couvrir la terrine et la placer dans un plat plus haut rempli d’eau. Enfourner le tout pendant 17 à 20 minutes.

Puis (super important !) mettre la terrine dans l’eau glacée pour arrêter la cuisson. Ensuite, poser une presse sur le dessus et mettre au frais pour la nuit pour faire remonter la graisse.

Le gras, c’est la vie !

La fin d’année est l’occasion idéale de s’offrir un foie gras. Pas au supermarché où vous trouverez au mieux une pâte à modeler portant les empreintes digitales de la moitié du département, mais un foie gras de producteur. Par exemple, chez Frédéric Coudray Ozbolt à Donzy où on peut même visiter la ferme, assister au gavage et acheter des produits réputés (15 médailles au concours général depuis 1995, ça cause !)
Allez-y !  FOIE GRAS COUDRAY OZBOLT – La Bretonnière – 58220 DONZY

La bave aux lèvres

On est en Bourgogne et qui dit Bourgogne dit escargot. Or sachant que la France produit chaque année environ 1 000 tonnes d’escargots mais en consomme  environ 40 000 tonnes… 90% des cornus viennent de Pologne ou de Roumanie. Pour le local, faudra-t-il tout miser sur le persil du jardin ? Que nenni ! En France, où Helix Pomatia (le seul escargot « de Bourgogne », c’est lui !) est peu rentable à l’élevage (et interdit de ramassage à des fins commerciales), on produit de l’escargot Gros Gris (Helix Aspersa Maxima). Par exemple à Cervon chez Eve et Jérôme, où les gastéropodes élevés avec amour feront merveille dans les assiettes avec le persil du jardin.

Allez-y !   La Maison des Escargots, Bois Boisseau 58800 CERVON (03 86 20 29 41)

Le vin

Reportez-vous sans la moindre limite à l’excellent dossier du numéro 121 de Koikispass pour tout connaître des nectars locaux, des accords mets-vins pour boire 100% Nièvre et de qualité.

Petits-plus d’une soirée réussie

Fotolia_95024621_©-magdal3na

La conversation

Il ne vous aura pas échappé que l’année 2015 a débuté et s’achève sur une actualité dont on se serait bien passé. Évitez absolument d’aborder le sujet et n’ouvrez pas la brèche aux analystes géo-politiques entre la poire et la bûche avec des phrases du genre : « Ma chérie, ce soir tu es une vraie bombe ! »

ou « Ben vieux, vous avez sacrément picolé, y’a des cadavres partout dans la cuisine ». Optez plutôt pour cette sélection de thèmes prospectifs : « 2016 sera une année bissextile »; « Est-ce que la France a une chance à l’Euro 2016 ? »; « Dis-donc, si on se faisait La Bottine en 2016 ? »

Les cadeaux

Cas 1 : Bien élevé et respectueux des traditions, vous offrez des cadeaux personnalisés. Nivernais militant, vous n’emballez que du local. Objets en bois de chez Emmanuelle Baudry (27 rue de Paris à La Charité-sur-Loire), faïences de Nevers tradi ou contemporaines, céramiques d’Agnès Claire à Tronsanges (www.agnesclaire.fr), bons cadeaux gastronomie à dénicher à l’office du tourisme de Nevers pour faire découvrir les bonnes tables, stages de jardinage au Jardin des Merlettes à Saint-Loup (jardindesmerlettes.com)…

Cas 2 : même profil mais en plus des doigts de fée, vous êtes le Maître Yoda du DIY. A vous les blogs qui pullulent sur le net.

538 €

C’est en moyenne ce que les Français déclarent dépenser pour Noël. Or 44% d’entre eux achètent leurs cadeaux dans les 15 derniers jours alors que selon les commerçants, les prix augmentent parfois de 50% dans la même période. La prévoyance est donc la meilleure compagne de votre porte-feuille !

La décoration

Dans la veine DIY, pour «Do It Yourself» (faîtes-le vous-même en VF) Koikispass vous propose une page au design maison pour faire de chouettes origamis et décorer la table : allez donc faire un tour sur le site www.chine-culture.com et dans la rubrique « fêtes », vous trouverez des pliages sur lesquels faire plancher les gamins. L’idée : coupler l’activité avec une chasse aux trésors en leur faisant faire le tour de Nevers pour choper plusieurs exemplaires de votre magazine mais dans des présentoirs différents.
Et puisqu’on aborde le sujet sachez qu’à la médiathèque de Nevers le 22 décembre à 16 h c’est histoires de Noël pour les enfants de 4-6 ans et le 23 à partir de 15 h, atelier cartes de Noël jusqu’à 8 ans. Le tout gratuit mais sur réservation au 03.86.68.48.57

Fotolia_93943397_©-endrews21

Le sapin

Alors là, si vous achetez autre que local, c’est que vous le faites exprès :
le Morvan produit un quart de la production hexagonale de sapins de Noël, derrière la Bretagne et Rhône-Alpes. Et c’est peu dire que « nos » sapins, môssieur, sont appréciés en haut-lieu : pour la 3ème année consécutive, c’est un sapin nivernais qui trônera dans la cour du Palais de l’Élysée. Bravo à l’entreprise de Jean-Christophe Boloron de Brassy qui fournit à nouveau un peu de Morvan aux Parisiens, comme à la belle époque du flottage du bois…

La gueule de bois

Idéalement, oubliez la voiture et dormez chez vos hôtes – avec eux si la soirée a été bien arrosée. Pour éviter de vous couvrir de honte au matin, quelques astuces :

• Un verre d’alcool au réveil : efficace puisque tant que vous êtes bourré, par définition, vous ne ressentez pas les effets de la gueule de bois. Dur à tenir sur le long terme.

• Un café salé (pour vomir plus vite), un jus de citron tiède, des huiles essentielles (citron, menthe, estragon et camomille), une infusion de romarin.

• Boire de l’eau entre chaque verre d’alcool pour éviter la déshydratation à l’origine du phénomène. A noter que ces astuces, toutes testées, sont également toutes foireuses.

Fotolia_91857411_-©-Andrey-Kiselev_optim

Les cadeaux non désirés

Ils seront refourgués illico chez tous les revendeurs qui ont les mots «cash» ou «troc» dans leur intitulé ou sur internet… Pour l’élégance, on repassera, mais comme l’affirme Bernard votre beau-frère – qui vous a sans doute offert une bouteille Cuvée 2015, «un sou est un sou».

Et pour conclure…

Malgré tous nos conseils, vous avez prononcé les mots interdits, vomi sur le couvre-lit ou insulté Bernard ? Vous voulez vous rabibocher avec votre famille après la traditionnelle engueulade du repas de Noël ? Notre suggestion : attendez que le Nouvel an soit passé… ça vous fera économiser un réveillon. A l’année prochaine !