“SI J’CONNAISSAIS L’CON QUI A FAIT SAUTER L’PONT”

À Koikispass on connaît le con qui a fait sauter le pont, comme s’interroge Pithiviers dans le célèbre film de Robert Lamoureux Mais où est passée la septième compagnie ? (1973). Et le con s’appelait le Général Jean Barthélemot, comte Sorbier, ami de Napoléon. Du moins c’est ce que l’histoire nous dit…

LE FIL VERT SUR LE BOUTON VERT, LE FIL ROUGE SUR LE BOUTON ROUGE
L’affaire se déroule pendant la Retraite de Russie. Le 26 Novembre 1812, Sorbier, alors âgé de 50 ans et auréolé d’une brillante carrière militaire reçoit l’ordre de faire sauter les ponts sur la rivière Bérézina pour ralentir les troupes du Tsar Alexandre 1er, bien évidemment après le passage des troupes napoléoniennes. Mais le général, entendant mal les ordres, fait bien sauter les ponts, mais avant le passage des troupes françaises.

LA COLÈRE DE L’EMPEREUR
Montant sur ses grands chevaux, l’Empereur aurait déclaré dans un excès de colère légendaire : « Sorbier, votre nom ne figurera jamais dans l’histoire ». Mais ce dernier ne connaissait pas ma plume ni celles des journalistes du fameux journal Koikipass. Honteux, Sorbier se réfugie à Saint-Sulpice au Château de la Motte qui lui appartient après un court passage chez son beau-frère Jean Claude Flamen d’Assigny, alors maire de Nevers. Mis en retraite anticipée, un temps exilé pour avoir critiqué Napoléon, apesanti de sa bavure qui aurait – dit-on – fait plonger l’empire, bref, paria de la société, accusé de trahison, c’est tout naturellement qu’il décide de se diriger vers la politique et devient alors maire de Saint-Sulpice avant de mourir en 1827.

FAITES ENTRER L’ACCUSÉ (DUDUM DUDUM…)
Tout cela, c’est la version rapportée par un certain Monsieur Larrivée, Maître d’armes de Sorbier. Une autre piste est envisageable : la vengeance des sympathisants napoléoniens qui auraient mal accepté le ralliement de Sorbier à la monarchie lors de la Restauration en 1815. Et même si l’histoire est drôle, la direction des campagnes de 1813 et 1814 pour le compte de Napoléon, sa nomination à la légion d’honneur en 1814 permettent de douter de la version officielle. Ou alors si Sorbier est le con qui a fait sauter le pont, Napoléon
est encore plus stupide de lui avoir confié la direction de ses armées.