On connaissait Nevers pour ses faïences, pour Lagardère et son regretté Grand Prix de Formule 1… Aujourd’hui pourtant, il s’agit pour la ville et l’agglomération de penser à l’avenir en brillant autrement. De quoi travailler très largement en direction des nouvelles technologies. Et si les résultats ne paraissent pas encore évidents, il faut pourtant constater que dans la Nièvre, les bonnes idées ne manquent pas !

Une start-up, qu’est-ce que c’est ?

S’il n’existe pas de définition incontestable de la start-up, ce type d’entreprise se caractérise par une création récente, le fait qu’elle porte bien souvent une innovation technologique, et qu’elle dispose d’un fort potentiel de développement. Autre trait commun à toutes les start-up, elles nécessitent toutes des investissements importants pour pouvoir financer une croissance rapide.

Des start-up dans la Nièvre ?

A ceux qui pensent que la Nièvre est condamnée au marasme, divers acteurs politiques mais aussi économiques répondent numérique et travaillent tous azimuts dans cette direction…

Ont-ils raison ? Un certain nombre de start-up sont apparues dans le département ces dernières années, vont-elles réussir ? On vous en dit un peu plus…

Confrontée à la rude perspective du déclin économique et démographique, la ville de Nevers cherche aujourd’hui de nouveaux relais de croissance, et depuis quelques temps, travaille de toutes ses forces pour se développer dans le numérique ! Internet, start-up, open-source, big data, on ne parle plus que de cela du côté de la mairie et de l’agglo.

Aujourd’hui, l’Inkub abrite environ une douzaine de start-up

L’Inkub, un pôle choyé par la ville

« Nous travaillons sur le numérique depuis l’élection municipale, explique Alain Bourcier, vice-président de Nevers Agglo en charge du dossier. Ce domaine peut en effet laisser envisager une rapide croissance sans avoir besoin de lourdes infrastructures. Il suffit d’avoir la fibre… et des cerveaux. »

Vaisseau amiral de cette grande ambition : l’Inkub. Inauguré en juin 2016, il abrite aujourd’hui deux start-up majeures, Davi et Lunc, et plusieurs autres structures à divers stades de développement. « Il y a ici tout ce dont nous avions besoin pour nous développer, explique Pascal Arbault, fondateur de Davi. Des infrastructures robustes, des locaux agréables, une connexion internet rapide et un espace qui permet aussi de travailler avec d’autres entrepreneurs du numérique. De quoi se soutenir les uns les autres. »

« Disposer de ces start-up est absolument vital pour le département, confirme Franco Orsi, le président de la CCI de la Nièvre. Elles sont en effet une perspective d’emploi pour les jeunes de la région. à nous de les attirer et de les maintenir sur notre territoire. Nos écoles travaillent par ailleurs à former, elles aussi, de futurs créateurs qui pourront contribuer au développement de la région. »

Aujourd’hui, l’Inkub abrite environ une douzaine de start-up et Patrick Sinz, chargé de mission aux implantations numériques, compte en attirer « une trentaine d’ici la fin de l’année, au rythme d’environ 4 par trimestre. » Signe de son potentiel, l’Inkub pourrait par ailleurs voir sa gestion confiée dans les prochaines semaines au « Village by CA », une sorte de réseau de pépinières d’entreprises mis en place par le Crédit Agricole et que l’établissement implante à travers toute la France depuis deux ans.

Dans toute la Nièvre, des innovations

Mais l’innovation ne se limite pas seulement à l’Inkub et la Nièvre compte ailleurs d’autres acteurs très actifs en matières de technologies, parmi lesquels l’Agence de développement économique du Bassin de Cosnes plus couramment appelée l’Adeb Cosne.

Aujourd’hui, cette structure vient en aide aux porteurs de projets situés sur son territoire. « Nous sommes un médecin généraliste du développement économique, sourit son directeur Claude Martin. Notre mission : diagnostiquer le porteur de projet, qu’il soit créateur, développeur d’existant ou repreneur, avant de l’accompagner dans ses démarches, sur le plan administratif ou encore dans la recherche de partenaires. »

Au final, un coup d’œil attentif permet de déceler nombre de projets intéressants à travers toute la Nièvre. Qu’ils soient à Nevers, à Cosne, sur le Pôle Performance de Nevers Magny-Cours ou encore à Guérigny avec KLS Numérique. « Si la Nièvre n’est bien sûr pas au niveau de Paris, de Grenoble ou encore de Lyon, on y trouve malgré tout une belle dynamique, confirme Pierre-Alain Truan, délégué innovation à BPI France Bourgogne Franche-Comté qui soutient un certain nombre de projets innovants. Il y a dans ce département un vrai désir de soutenir les jeunes pousses, la proximité de la capitale et des conditions de vie moins frénétiques étant deux atouts que ce département peut valoriser. »

Parfois, bien loin de Nevers

Et pourquoi pas un petit clin d’œil à certains Nivernais partis entreprendre ailleurs ? C’est par exemple le cas de Romain Ravaud, parti en 2011 dans le Lot pour y fonder la société « Whylot » ; Cette société transforme et miniaturise des moteurs électriques pour en faire des merveilles technologiques économes en énergie, moins chères et tout aussi efficaces. Positionnée sur un marché en pleine croissance, cette start-up est appelée à devenir ce qui se fait de mieux en termes technologiques et recherche de nombreux jeunes talents… Nul doute que de jeunes nivernais y auraient leur chance…

Le principe de l’incubateur

Parfois appelés « pépinières », les incubateurs sont des lieux hébergeant de petites entreprises en phase de création ou de démarrage. Objectif : leur offrir les locaux et les infrastructures de communication nécessaires à leurs premiers pas.

Largement déployés en région parisienne mais également présents en régions, ces incubateurs accueillent au maximum quelques dizaines d’entreprises. Outre la possibilité d’être abritées et de disposer sur place de premiers moyens matériels intéressants, les incubateurs offrent également aux entrepreneurs un environnement professionnel stimulant.

Entourés d’autres entreprises innovantes, ils peuvent en effet échanger, travailler et signer entre eux de premiers partenariats et contrats. L’incubateur le plus important de France est installé à Paris, il s’agit de Station F, lancée par Xavier Niel, le fondateur de Free. Il héberge aujourd’hui plusieurs centaines de start-up.

Parfois l’échec

Attention cependant, toutes les start-up ne réussissent pas, loin de là. Ainsi la 2e société à s’installer à l’Inkub, Oxom, a-t-elle mis la clé sous la porte début février, laissant ses 11 salariés repartir chacun de leur côté. « Nous avons un peu mis la charrue avant les bœufs, regrette le fondateur Emmanuel Lepage. Notre technologie, mature aux Etats-Unis, n’a pas totalement pris en France, et nous avons perdu un très gros client, Iconosquare, que nous n’avons pas su compenser… Tout cela fait partie de la vie des sociétés. » Une alerte qui rappelle tout de même que selon les statistiques, 60% des start-up françaises ne survivent pas plus de 4 ans…

Une start-up comment ça marche ?

Le cycle de vie d’une start-up peut se diviser en plusieurs étapes clés, qui sont les suivantes :

Les principales start-up de Nevers et de ses environs

Pas facile de dénicher une liste complète des entreprises innovantes présentes à Nevers et plus largement dans la Nièvre. En voici cependant une petite sélection que nous ne manquerons pas de compléter dans les mois à venir…

Davi

Créée en 2000 par Pascal Arbault

Domaine d’activité : Mise à disposition de chatbots (ou agents conversationnels)

Lunc

Créée en 2015 par O. Gene et J. Rosillo

Domaines d’activités : Location de numéros & emails temporaires et outil d’analyse des annonces

Première société à s’être installée à l’Inkub, Davi est dirigée par Pascal Arbault. Fondée voici 18 ans, Davi n’en reste pas moins une structure innovante proposant à ses clients des « chatbots » –on dit aussi agents conversationnels– que l’on trouve principalement sur les services clients des sites internet. Parmi ses principaux clients : Renault, Toyota, GMF, la Macif mais aussi l’Office du Tourisme de la-Charité-sur-Loire. L’entreprise a réalisé 650 000 euros de chiffre d’affaires en 2017 et prévoit environ 1 million pour 2019.

Elle compte une vingtaine de salariés dont cinq travaillent au siège, en Région parisienne, et une quinzaine à l’Inkub. Elle prévoit de recruter 5 personnes dans les prochains mois, à savoir un directeur technique, un directeur des opérations, un ingénieur en Intelligence artificielle, un directeur financier à temps partagé et un responsable qualité.

Lancée en mars 2015 par Olivier Gene et José Rosillo, Lunc a fait ses premiers pas à Paris avant de s’installer à l’Inkub à son inauguration, en juin 2016. Elle propose deux services : tout d’abord la location de numéros de téléphone et d’emails temporaires pour répondre au besoin d’internautes désireux de préserver leurs coordonnées personnelles. Ensuite un outil d’analyse proposé aux plateformes internet spécialistes de la mise en relation –leboncoin.fr, lacentrale.fr– pour leur permettre de mieux gérer les annonces déposées par les internautes tout en facilitant la mise en relation vendeur-acheteur potentiel. Forte d’une vingtaine de salariés, la jeune société vient de boucler un tour de table de 1,2 million d’euros. Elle prévoit de recruter dans les prochains mois 6 personnes dont 2 commerciaux, 2 spécialistes marketing et 2 développeurs informatique.

KLS Numérique

Créée en 2017 par Laurence Lagoutte

Domaine d’activité : Application de gestion des contrôles périodiques

Overview

Créée en 2017 par Stéphane Brard

Domaine d’activité : Projection d’images cohérentes sur tous types de surfaces

Fondée au sein du groupe Kremer et installée à Guérigny, KLS Numérique est devenue une start-up à part entière en décembre 2017. Son activité : la conception et la fourniture d’une application numérique de gestion des contrôles périodiques des équipements industriels de tous types. Cet assistant personnel nommé Temis utilisable via un PC mais aussi une tablette vient notamment d’être installé à la centrale nucléaire de Belleville… L’application de départ a été mise au point par l’entreprise Davi. KLS Numérique ne dispose pas de salarié pour le moment, mais sa fondatrice, Laurence Lagoutte, compte recruter 2 salariés d’ici la fin 2018 dont un développeur.

Overview est un projet lancé par Stéphane Brard qui sera ingénieur ISAT en juin prochain. Il consiste à projeter une image cohérente sur tout type de surface quelles que soit ses irrégularités –écran blanc, mais aussi mur, surface irrégulière, voire surface ovoïde. Parmi les principales applications possibles à cette technologie, les simulateurs qui ont besoin d’afficher une image capable par exemple d’entourer totalement la personne, comme en simulateur de vol. Stéphane Brard travaille sur ce projet à l’Inkub depuis un an environ. La société devrait être lancée officiellement dans les prochaines semaines.

Proto MicroTP

Créée en 2010 par Thierry Marcilly

Domaine d’activité : Concepteur / fabriquant de matériels pour l’extraction

Skwirrel

Créée par P. Huon, O. Gene et A. Parsons

Domaine d’activité : plateforme web de gestion de consommation d’énergie

Installée à Cosne, ProtoMicroTP a été fondée par Thierry Marcilly dès 2010 sous statut micro-entreprise mais n’a pris le statut de société qu’en 2015, au moment des premières embauches. Concepteur et fabriquant de matériels pour l’extraction, l’entreprise propose en fait des machines très spécifiques adaptées à des marchés de niche. Le tout avec des fournisseurs 100% européens, et pour des prix 30% moins cher que le marché. Parmi ses clients les plus récents le groupe sucrier Cristal union. En plein essor, l’entreprise double son chiffre d’affaires tous les ans depuis 4 ans. Partie à 210 000 euros en 2014, elle a réalisé 1,3 million d’euros en 2017 et prévoit un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros pour 2019-2020. L’entreprise prévoit une vingtaine d’embauches dans les deux ans.

Très proche de Lunc puisque les deux entreprises ont été fondées par les mêmes équipes, Skwirrel propose aux particuliers, aux professionnels et aux collectivités une plateforme web de gestion de consommation d’énergie.
La société va ainsi vérifier les factures de gaz, électricité ou encore fioul de son client, proposer des solutions pour optimiser ses contrats de fourniture, proposer un suivi de consommation ou encore identifier les travaux à même de réduire la facture énergétique du bâtiment tout en augmentant sa valeur. Skwirrel est aussi à l’initiative de programmes nationaux destinés à aider les ménages en précarité énergétique. Installée à Paris mais aussi à Nevers, la start-up emploie à l’Inkub une dizaine de salariés. Elle vient de lever
2 millions d’euros.

Cubik Home

Créée en 2011 par David Damichey

Domaine d’activité : Spécialiste de l’habitat modulaire

Piqo

Créée en 2016 par Emilien Court

Domaine d’activité : Fabriquant d’ordinateurs clés en main et sur-mesure

Installé dans le bourg de Magny-Cours, Cubik Home est un spécialiste de l’habitat modulaire qu’il propose dans un béton haute performance moins cher, bien moins épais et bien plus résistant que les bétons traditionnels. Fondée par David Damichey en septembre 2011, l’entreprise d’ingénierie et de recherche qui collabore notamment avec les laboratoires de l’Insa de Lyon a traversé des turbulences mais elle est cependant parvenue à relancer son activité ces deux dernières années et travaille aujourd’hui sur plusieurs projets de bureaux et de maisons en Bourgogne.

Fondée par Emilien Court, Piqo est un fabriquant d’ordinateurs qui propose à ses clients des machines clés en main, fabriqués sur-mesure dans un soucis d’éthique, de confidentialité, et de respect de l’environnement. Il a déjà vendu un millier de machines à des particuliers mais aussi des collectivités et des administrations. à signaler que tous les ordinateurs Piqo fonctionnent à partir de logiciels libres. Installée à l’Inkub depuis quelques mois, la société emploie 3 personnes.