Redécouverte au XIXe siècle, la cité de Bibracte sur le Mont Beuvray est un décor dans lequel se plonger pour comprendre comment vivaient nos ancêtres les Gaulois. Journaliste pour Koikispass, Isabelle Dany y a passé une journée en immersion mêlant visite du musée et du site archéologique et repas traditionnel au restaurant le Chaudron.
Si vous ne connaissez les Gaulois qu’à travers les aventures d’Astérix et Obélix, alors vous risquez d’être surpris par Bibracte. Loin de n’être qu’un petit village d’irréductibles, la puissante capitale gauloise du peuple celte des Éduens a compté jusqu’à plus de 10 000 habitants à son apogée deux siècles avant notre ère. Et pour découvrir le rayonnement de cette cité perchée au sommet du Mont Beuvray, à cheval entre la Nièvre et la Saône-et-Loire, rien de mieux qu’une journée en compagnie d’un guide pour en percer les mystères. Ce que permet la “Grande journée gauloise” comprenant une visite guidée du musée et du site archéologique ainsi qu’un repas au restaurant le Chaudron.
On débute le matin par le musée. Notre guide Vincent conduit notre groupe au premier étage. “Les Gaulois sont de très bons artisans et éleveurs. C’est un peuple riche car ils commercent beaucoup avec les Romains dont ils apprécient particulièrement le vin”, nous confie-t-il. Les objets exposés dans les vitrines racontent la vie des habitants de Bibracte à l’époque de l’âge de fer. Et les différentes reconstitutions permettent d’appréhender l’importance de cette ville qui sera finalement abandonnée au profit d’Autun.
Jambon rôti aux myrtilles et cervoise bio
Au déjeuner, on profite au Chaudron d’un repas tel que les Gaulois les appréciaient à base de lentilles, de jambon rôti aux myrtilles, d’émincé de choux et de pommes au four. Eh non ! Pas de sanglier au menu ! Les Gaulois n’étaient pas des chasseurs mais des éleveurs… Assis sur des bancs autour de tables basses en bois, le déjeuner, nourrissant et roboratif, s’avale avec une cuillère en bois dans une assiette creuse en terre cuite tandis que la cervoise bio est servie dans des petites amphores. Ragaillardis, nous sommes prêts pour grimper le Mont Beuvray jusqu’au site archéologique.

La reconstitution d’une partie des deux remparts, bordés de profonds fossés, permet d’imaginer l’énergie monumentale déployée pour leurs constructions.“Il faut imaginer qu’il n’y avait pas de forêt mais seulement quelques arbres ici et là sur la montagne. Les remparts se voyaient de loin. Ils avaient une fonction défensive et prestigieuse”, dépeint notre guide. Nous avançons au milieu de l’artère principale de la cité tout en baignant dans ses récits. “À l’époque, de nombreux commerçants et artisans exercent à Bibracte, narre le guide. Trois mines d’argent et une mine de fer ont été mises à jour sur le Mont Beuvray. Et on retrouve également partout des tessons d’amphores. 55 tonnes ont été analysées et répertoriées”.
Vue et cité imprenables
Nous cheminons vers les fouilles du forum, vaste espace de vie qui témoigne de l’influence romaine après la guerre des Gaules. Dans un autre quartier se dressait un majestueux bâtiment de plus de 3 000 m² construit par les Gaulois sur le modèle romain pour épater la galerie avec ses thermes chauffés privés, son jardin intérieur et ses nombreuses pièces de réception.
“Nous arrivons au terme des 2h30 de visite, conclut notre accompagnateur. Il reste d’autres vestiges sur le site que je vous invite à découvrir jusqu’au sommet du Mont Beuvray”. Encore un dernier effort et nous voici au sommet du Mont d’où l’hiver et par temps clair on peut voir un autre Mont, Blanc celui-ci. Comme quoi à Bibracte, les Gaulois nous en font voir de toutes les couleurs.
Infos pratiques : musée et site archéologique de Bibracte, Mont Beuvray, Saint-Léger-sous-Beuvray (71). Musée ouvert de mars à novembre. Tarifs de la Grande journée gauloise (visites guidées du musée et du site archéologique + repas au Chaudron) : 40 € (plein tarif), 34 € (tarif réduit), 15 € (moins de 12 ans). Durée : 6h. Plus d’infos sur bibracte.fr
Isabelle Dany


































