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Dans la peau des mineurs de fond à La Machine

Sur les traces des mineurs à La Machine / Photo par Romain Liger pour Koikispass

Si vous n’avez jamais lu ni vu Germinal, le musée de la Mine à La Machine vous permet de découvrir la vie des mineurs, avec notamment la visite d’un ancien tunnel d’où l’on extrayait le charbon. Koikispass s’y est rendu.

Incroyable mais vrai, la ville tient son nom de la première machine d’extraction du charbon : un manège à chevaux utilisé pour remonter les mineurs et leur précieux chargement. C’est dire l’importance de l’industrie minière dans cette petite ville située près de Decize. Si, au Nord, « c’était les corons », au sud de la Nièvre, il y avait plusieurs mines, fermées en 1974. En attendant la visite de la mine, on commence par le musée. Cet ancien siège administratif des « Houillères » entretient la mémoire des milliers de « gueules noires ». 

Passé la jolie collection de minerais et le petit film retraçant l’histoire du charbon, on découvre le quotidien des mineurs et de leurs familles. Casques, lampes, outils d’extraction et mannequins reconstituent la vie au fond de la mine, le bureau du directeur, les habitats des travailleurs ou l’école construite pour les enfants des mineurs.

Un voyage au centre de la terre

À moins de 500 mètres du musée s’élève la tour d’extraction de la mine au-dessus du « puits des Glénons ». Alors que l’on s’équipe de casques et de lampes de mineurs, la jeune femme de la « lampisterie » lâche : « Vous êtes treize, ça porte malheur ! » Petit frisson dans un auditoire déjà peu rassuré par cette expédition spéléologique. D’autant qu’ensuite elle nous dévoile la « salle des pendus ». Rien de macabre en fait, juste un espace où les mineurs accrochaient leurs affaires. Fait exceptionnel dans une mine, il était même possible d’y prendre une douche ! 

On se dirige ensuite vers le puits d’extraction. Devant les « cages » d’ascenseur, on découvre l’origine de ce terme. Les mineurs descendaient à plus de 430 mètres sous terre dans des cages de métal. Si des ruptures de câble pouvaient survenir avant l’installation des freins d’ascenseurs, la mortalité n’était rien comparée à l’époque où l’on utilisait de simples tonneaux. Heureusement, c’est à pied que nous nous faufilons en file indienne dans le boyau souterrain. Le guide nous dévoile alors l’enfer quotidien de ces hommes, aidés par des chevaux ou des ânes qui ne voyaient, eux, jamais la lumière du jour. 

Un environnement assourdissant

En plus de la chaleur qui y régnait, les mineurs devaient endurer les bruits assourdissants des pioches puis des marteaux-piqueurs ou encore de l’extracteur d’air. Sons que le guide nous donne brièvement à écouter. Les hommes finissaient par devenir sourds, on comprend pourquoi. En l’absence des rats, qui chapardaient les pitances et prévenaient des coups de grisou, c’est une colonie de chauves-souris qui nous accompagne. La visite terminée, certains ne sont pas fâchés de remonter à la surface. Nous apprenons alors que nous ne sommes descendus qu’à 5 mètres de profondeur. C’est bien la première fois que nous sommes pris de vertige sous terre.

Infos pratiques : Musée de la Mine, 1, avenue de la République, La Machine. Tarifs : de 4 à 8 €. Réservations et renseignements au 03 86 50 91 08. Plus d’infos sur ccsn.fr

Virginie Jannière

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