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“In Extremis”, danse et acrobaties sur fond d’apocalypse

In Extremis, une réflexion dansée sur le « monde d’après » à La Maison le 1er mars / © Crédit photo Laurent Philippe

Avec In Extremis le 1er mars à La Maison à Nevers, le chorégraphe Frédéric Cellé met en scène six danseurs qui tentent de (sur)vivre après une apocalypse. Un « monde d’après » bourré d’humanité, mêlant danse contemporaine et acrobaties. 

Comment est née l’idée de ce nouveau spectacle aux prises avec l’actualité ?

Frédéric Cellé : Il faut remonter à 2019 et au mouvement des Gilets jaunes qui m’avait déjà donné l’idée d’une pièce collective. Cette envie a été renforcée par la crise sanitaire, les jeux de pouvoir et les manipulations, les illusions et les désillusions exacerbées. La chorégraphie a également été influencée par l’urgence vécue par notre compagnie lors du second confinement en octobre 2020. À la toute fin de notre résidence au Théâtre national de Chaillot à Paris, danseurs espagnols et italiens ont dû partir immédiatement avant que les transports ne s’arrêtent. Cela nous a marqués. Et le spectacle fait complètement écho à l’actualité : il traite de l’art de rebondir, de l’envie de résilience, ensemble ou en solo.

Vous utilisez la technique de l’acrodanse. Qu’est-ce que c’est ?

La danse contemporaine n’est, selon moi, pas toujours accessible. Dans un précédent spectacle en 2017 (L’Hypothèse de la chute), j’avais déjà mêlé danse contemporaine et techniques de sol circassiennes grâce à des jeux d’équilibre au sol. Ce langage chorégraphique me parle davantage. Pour In extremis, notre travail s’est axé sur l’art de la chute tout juste évitée. Cela ajoute un côté spectaculaire au service de la narration, plaisant pour le public. Je n’ai rien inventé, plusieurs chorégraphes l’ont fait avant moi comme Sidi Larbi Cherkaoui ou Jan Fabre.

Que souhaitez-vous provoquer chez le spectateur ?

J’ai envie de réveiller les consciences. J’aimerais que les gens se demandent ce que, eux, feraient dans la même situation. Chacun peut y voir de l’espoir, de la solidarité, ou bien à l’inverse de l’égoïsme et de la solitude. J’espère que ce spectacle donnera envie de choisir son propre chemin de vie, et d’insuffler davantage de bienveillance, d’empathie. In extremis raconte cette société très partagée, tout comme le désir de vivre ensemble malgré tout.

Une certaine rébellion semble habiter votre « monde d’après »…

La danse, pour moi, est l’art de la parole par le corps. Elle laisse libre cours aux interprétations, contrairement au texte, plus univoque. Ce n’est pas un spectacle politique ; néanmoins, il réveille une certaine actualité autre que celle du Covid : l’urgence environnementale ou encore l’accroissement de la violence dans les échanges entre les gens. On peut se demander qui nous sommes dans ce « monde d’après » tant désiré et en même temps exactement le même. 

Au fond, êtes-vous optimiste ou pessimiste ?

Je reste optimiste ! Et si tout n’était qu’une histoire de collectif ? On est encore capables de changer le monde, même au dernier moment, mais en a-t-on encore l’envie ? C’est un autre débat.

In Extremis par la compagnie Le Grand Jeté, le 1er mars à 20 h à La Maison, 2, boulevard Pierre-de-Coubertin, Nevers (58). Tél : 03 86 93 09 09. Plus d’infos sur maisonculture.fr

Virginie Jannière

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