À Arthel, le percussionniste Benjamin Flament a converti une vieille grange familiale en lieu de concerts et en résidence pour musiciens. Le but ? Faire découvrir des artistes dans un cadre qui permet la proximité et la convivialité.
Comment est née l’idée de transformer une grange familiale en lieu culturel ?
Benjamin Flament : Ma grand-mère vivait ici. C’est un lieu auquel je suis très attaché et qui me faisait fantasmer étant enfant. Le déclic est venu lors du second confinement, lorsque j’en ai fait un lieu de répétition. Le nom ensuite est inspiré du surnom de mon grand-père, qui était connu dans le village pour porter constamment son vêtement de travail.
Comment avez-vous aménagé les lieux ?
Il a fallu trois ans de travaux et de chantiers participatifs. Cette période a été l’occasion de rencontrer des gens formidables, qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour que le projet se fasse. Au départ, nous imaginions surtout un espace de création et de résidence. Mais dès l’inauguration en 2023, le concert que nous avons organisé a affiché complet. Idem pour la première sortie de résidence. C’est comme ça qu’est née l’idée d’une saison culturelle.
Quel esprit souhaitez-vous insuffler ?
Ce qui me porte, c’est d’attiser la curiosité. Les gens viennent pour découvrir des musiciens qu’ils ne connaissent pas forcément car ils nous font confiance. Ils n’aiment pas toujours mais cela ne les dissuade pas de revenir. L’une des satisfactions est de voir les sourires sur les visages du public et les musiciens heureux d’être là. Le lieu, qui peut accueillir 65 personnes en intérieur et jusqu’à 350 l’été dans le jardin et le verger, permet la proximité entre les artistes et les spectateurs, ce qui favorise la convivialité.
Comment le lieu a-t-il évolué depuis son ouverture en 2023 ?
Il vit à présent toute l’année grâce à l’augmentation du nombre de couchages qui permet d’accueillir plus d’artistes en résidence. Nous avons amélioré l’acoustique des espaces et un studio d’enregistrement a vu le jour. Notre priorité désormais est d’approfondir notre ancrage sur le territoire. Pour cela, nous menons des projets d’action culturelle avec des écoles et des collèges, notamment à Lurcy-le-Bourg et Brinon-sur-Beuvron. Nous avons aussi créé un dispositif d’accompagnement destiné aux jeunes artistes qui travaillent en solo. Nous en sommes à la deuxième édition pour laquelle nous avons reçu une cinquantaine de candidatures. L’idée est d’être dans la transmission. Enfin nous travaillons à la création d’un orchestre amateur pour lequel une quinzaine de musiciens nous ont déjà rejoints.
Comment faites-vous la programmation ?
On cherche un équilibre entre les concerts découvertes, les impros et les projets plus rassembleurs pour que chacun s’y retrouve. Nous veillons aussi à être éclectiques en variant les genres musicaux et en programmant aussi bien du jazz que des musiques du monde. Lorsque nous accueillons des artistes d’envergure nationale ou internationale, nous faisons en sorte de choisir ceux qui sont en tournée et ont prévu de se produire à une distance raisonnable de la Grange de l’Oiseau Bleu, ceci pour réduire leurs coûts de déplacement dans une logique éco-responsable. Prochainement, nous allons accueillir la pianiste improvisatrice Eve Risser et la chanteuse malienne Naïny Diabaté (dimanche 24 mai) ainsi que le trio formé par Jean-François Vrod, Sylvain Lemêtre et Frédéric Aurier qui proposera une performance originale de musique trad’ détournée. Quant à la programmation de cet été, elle est en cours de finalisation.
Infos pratiques : La Grange de l’Oiseau Bleu, 5, route de Montenoison, Arthel. Tél. 09 75 85 94 55. Tarifs entre 5 € et 20 €. Plus d’infos sur ciegreenlab.com
Propos recueillis par Isabelle Dany








































