À Arleuf, au Cornemuse, on peut aussi bien déguster les spécialités du Morvan qu’écouter un concert de punk. Journaliste pour Koikispass, Antoine Gavory s’y est attablé.
Le Cornemuse ? Impossible de le rater ! Les fresques monumentales de l’artiste nivernais Bertrand Dios ou la pompe à essence vintage sont plus efficaces que des ralentisseurs. À l’intérieur de ce restaurant et café-concert, les couleurs de Dios recouvrent murs, plafonds et huisseries. Presque rien n’a changé depuis notre dernier passage sauf une chose. Ce ne sont plus Brigitte et Gérard Héraud, légendaires propriétaires du lieu disparus en 2020, qui sont aux commandes, mais une triplette bien connue pour animer la Cinémathèque de Bourgogne : Marine Hajduk, Nicholas Petiot et Sylvain Vereycken-Lazou, désigné jeune personnalité nivernaise 2021.
Autour d’une table, une famille s’est installée avec un jeu de société. Devant la cheminée, des chaises sont disposées en cercle. « Ce soir, l’association “Aivec las gars d’Arleu” organise une veillée », explique Nicholas. On croise également Amandine, éleveuse de brebis et jeune fromagère. « Pendant le confinement, j’ai pu vendre mes fromages ici parce que le Cornemuse a ouvert ses portes aux producteurs locaux. »
Un lieu inclassable
Impossible de ranger le Cornemuse dans une case. Son credo : être utile au territoire. « Vendre de la bière nous permet de porter des projets que des associations n’avaient pas les moyens de financer, expose Nicholas Petiot. Notre modèle, c’est la piraterie ! » Une générosité que l’on retrouve jusque dans les cuisines. « Le chef a carte blanche. La seule chose que l’on veut, c’est promouvoir les produits locaux », détaille Nicholas. À la carte, donc, le crapiau – une galette de seigle et de blé farcie aux lardons –, des liqueurs de Chaulgnes, les truites de Corancy, les terrines d’Anost et un excellent apéritif du Morvan. Ce midi-là, on craque pour le pot-au-feu maison avant de finir avec des « bêêlles morvandelles », les fromages de brebis de Villapourçon.
Du punk au jazz en passant par la musique traditionnelle
S’ils ne croient pas au commerce qui fait revivre le village « que l’on voit sur TF1 », l’équipe se donne du mal pour mettre l’ambiance avec une programmation musicale exigeante et touche-à-tout. « À l’origine, ici, c’est le trad qui avait sa place, confie Nicholas. On le fait revenir, mais on programme aussi du rock, de la dance, du punk, du jazz, de la cornemuse et des scènes ouvertes. L’idée est de créer le lien entre toutes les musiques. » Avant de partir, on visite la nouvelle terrasse de 150 places et la salle de spectacle au sous-sol. Et on se dit que le Cornemuse ne manque pas de souffle.
Infos pratiques : La programmation du Cornemuse est à retrouver sur lecornemuse.com
Antoine Gavory






































