Loin des boutiques de prêt-à-porter, l’atelier de Maïna Thareau à La Charité-sur Loire et celui de Jacqueline Heimberger à Nevers font naître des pièces uniques ou renaître des vêtements auxquels on tient.
Elle a installé son atelier dans la cave voûtée de sa maison, un peu à l’écart du centre-ville de La Charité. “C’est intimiste et c’est ce que je voulais. C’est plus agréable pour les clients”, confie Maïna Thareau, jeune couturière au parcours déjà bien rempli et à la tête de l’Épinglette. Celle qui fête cette année ses 20 ans de métier a débuté à 15 ans avec un BEP Métiers de la mode puis un diplôme des Métiers d’Arts avec une spécialisation dans la réalisation de costumes de scène. Durant 10 ans, elle exerce ses talents partout en France dans différents opéras ainsi qu’à la Comédie-Française à Paris.
Il y a 4 ans, l’envie de se poser conduit la Bretonne à La Charité-sur-Loire pour se rapprocher de son compagnon. Les retouches, la mise aux mesures, la réparation de vêtements représentent désormais 70% de son activité. “Mais je vais souvent beaucoup plus loin comme avec cette cliente qui n’arrivait pas à donner un costume trois pièces de son père. Je l’ai entièrement ajusté à sa taille, avec une nouvelle coupe qui lui ressemble. C’est formidable de garder la mémoire ainsi”.
Les vieilles fringues sortent du placard
Avec elle, les vieilles fringues sortent du placard. “Ne jetez pas les manteaux de vos grands-mères, même s’ils sont quatre fois trop grands, souffle-t-elle. Les tissus des vêtements anciens étaient souvent d’excellente qualité, il est toujours possible d’en faire quelque chose. J’ai des clientes qui craquent sur un modèle trouvé dans une friperie et qu’on réajuste ensuite. Même un simple ourlet raconte toute une histoire car je conseille et j’accompagne les idées de mes clients pour tout ce qui touche au textile”.
Mais Maïna consacre aussi une partie de son temps à la création pure, qu’il s’agisse de costumes de scène pour des compagnies locales ou bien de robes de cérémonies et de tenues sur-mesure. “Je peux aussi reproduire à l’identique une pièce qu’on adore de son dressing. Je ne pensais pas me régaler autant avec ce petit atelier. C’est très varié, tout est intéressant, je ne m’ennuie jamais”.
”La création sur-mesure n’est pas un luxe, les prix sont carrément abordables”
Cette passion pour les aiguilles, Maïna la partage avec Jacqueline Heimberger, couturière elle aussi et dont l’atelier se trouve rue des Francs-Bourgeois à Nevers. “Les gens ont tous des vêtements dont ils ne veulent pas se séparer, témoigne-t-elle. Je peux les modifier et les transformer”, explique Jacqueline qui avoue un faible pour les robes de mariée. “C’est mon dada ! Je trouve toujours une solution à tout, même pour les idées les plus originales comme cette robe de mariée en plumes noires, satin, strass et dentelles que j’ai dessinée et créée de A à Z façon haute couture. J’ai aussi quelques clientes qui m’apportent leurs anciennes robes de mariée. Selon mon inspiration et leurs besoins, je peux en faire une robe confortable à porter tous les jours”.

Une démarche que l’on pourrait qualifier de militante. ”La création sur-mesure n’est pas un luxe, les prix sont carrément abordables, défend Jacqueline. Et puis c’est un plaisir d’avoir une pièce unique que personne d’autre n’aura”. Comme quoi ce qui est rare n’est pas forcément cher.
Infos pratiques : L’Atelier de Jacqueline, 1, rue des Francs-Bourgeois, Nevers. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h. Tél. : 06.50.80.16.82. Plus d’infos sur Facebook @L’atelier de Jacqueline / L’Épinglette, 28 rue des fossés, La Charité-sur-Loire. Du lundi au samedi de 9h à 12h30. Tél. : 06 14 99 20 46. Plus d’infos sur lepinglette.fr
Isabelle Dany.





































