Lancée il y a 5 ans, l’association Bouge ton Coq a fait de la création d’épiceries participatives l’une de ses spécialités. Alors que trois se sont déjà ouvertes dans la Nièvre, Koikispass a souhaité en savoir plus sur ce concept auprès de Clara Durand, responsable des projets d’épiceries pour la Bourgogne-Franche-Comté.
En quoi consiste l’aide de Bouge ton Coq pour l’ouverture d’épiceries participatives ?
Clara Durand : Lorsqu’une commune nous sollicite, nous lançons une enquête auprès des habitants et nous organisons une réunion publique afin de constituer un collectif de bénévoles. Puis nous proposons un accompagnement aussi bien pour l’aménagement du local que pour la communication, la recherche de producteurs locaux ou encore la gestion. Le principe est que l’épicerie soit gérée uniquement par les bénévoles. Pour cela, chacun doit donner environ 2 heures de son temps chaque mois.
Combien d’épiceries existent aujourd’hui ?
À l’échelle nationale, plus de 200 épiceries participatives ont vu le jour. Certains départements en comptent jusqu’à 5 mais beaucoup n’en ont qu’une voire zéro ! La Nièvre quant à elle en totalise trois : Epices et tout à Champvert, La Belle équipe à Marigny-l’Église et La P’tite épicerie à Urzy. Pour un territoire rural, il s’agit d’un très bon résultat. Nous sommes aidés pour cela par le Département, qui nous soutient aussi financièrement, ainsi que par l’Association des maires ruraux.
Quel est le profil des porteurs de projets ?
Chaque projet est différent. Certaines épiceries sont portées par les habitants, d’autres par la mairie ou par un duo élus-citoyens. Il n’y a pas de modèle unique. À Urzy, l’épicerie repose sur un collectif de citoyens, tout comme à Champvert. À Marigny-l’Église, c’est la mairie qui a été moteur.
Quelles sont les craintes les plus fréquentes ?
Les craintes les plus fréquentes se cristallisent autour des prix ou de l’organisation. Mais en réalité, c’est plutôt simple. Il n’y a pas de marge puisque les produits transitent directement du producteur au consommateur. Par conséquent, les prix sont abordables. Et l’offre proposée par les épiceries est complète. On peut y faire toutes ses courses. Plus besoin de faire des kilomètres.
Ces épiceries créent-elles de nouvelles habitudes ?
Oui, clairement ! Ces épiceries créent de nouvelles routines, plus locales, et favorisent les rencontres. Elles font office de lieux de vie. On y vient pour faire ses courses, mais aussi pour discuter, faire du lien. Elles suscitent également la fierté et font naître des amitiés entre porteurs de projets.
Quelle place occupe la dimension solidaire ?
Elle est au cœur du modèle. Dans certaines, nous avons mis en place des caisses de solidarité anonymes, un dispositif qui permet d’aider sans stigmatiser.
Comment voyez-vous l’avenir des épiceries participatives Bouge ton Coq ?
Le modèle a fait ses preuves et répond à l’aspiration qui est de bien manger localement, à prix justes tout en recréant du lien social. De nouveaux projets sont en discussion pour 2026. Et souvent, une épicerie donne naissance à d’autres initiatives comme des cafés associatifs, des ateliers ou des vergers. C’est un cercle vertueux !
Informations pratiques : plus d’infos sur bougetoncoq.fr. Renseignements au 06 77 67 88 92 ou via [email protected]
Propos recueillis par Emmanuelle Héreil







































