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“Trois petits puys en enfilade”, une randonnée à dos de volcans dans un patrimoine mondial à 2h de Nevers

Avec la rando “Trois petits puys en enfilade”, on passe d'un volcan à l'autre au coeur du patrimoine mondial / Photo par Steve Stillman pour Koikispass
Avec la rando “Trois petits puys en enfilade”, on passe d'un volcan à l'autre au coeur du patrimoine mondial / Photo par Steve Stillman pour Koikispass

A deux heures de route de Nevers, on peut s’offrir une succession de vues panoramiques sur la chaîne des puys tout en faisant travailler ses mollets grâce à l’itinéraire “Trois petits puys en enfilade”, un tracé de 13,5 km disponible sur Visorando auquel est allé se frotter le journaliste Renaud Charles pour Koikispass.

En ce dimanche matin post-fêtes, il est 7 heures et la nuit n’a pas encore fini sa nuit. Exceptionnellement, j’ai fait sonner mon réveil un peu plus tôt qu’à l’accoutumée. Pourtant j’aime dormir. Mais pas autant que ceux avec qui j’ai rendez-vous, les volcans d’Auvergne, qui sommeillent depuis plus de 8 000 ans. À côté d’eux, la Belle au bois dormant a l’air de faire une sieste. 

Après une traversée de deux heures de la campagne bourbonnaise, je parviens à leur chevet du côté de Saint-Ours (Puy-de-Dôme). Il est un peu plus de 10 heures et le thermomètre de la voiture continue d’afficher – 7 degrés. À  l’intérieur par contre, je vis au printemps. Le mercure taquine les 21 degrés. Une fois la portière ouverte, je m’apprête donc à encaisser un choc thermique de près de 30 degrés. Heureusement que j’ai appris à aimer le froid grâce aux Journées Celsius du Crapaud Sonneur à Beaumont-Sardolles. D’autant que, j’ignore pour quelle raison, je n’ai pas pris mes gants. Un acte manqué que mes mains vont rapidement me faire regretter. Impossible de les tenir hors de mes poches plus de 30 secondes. On est loin, très loin, de la température du magma en fusion. 

Décor de rêve

J’enclenche la balade “Trois petits puys en enfilade sur Visorando”, une boucle de près de 14 km qui va me faire grimper sur le dos de trois volcans : le puy de Jume, le puy de la Coquille et le puy des Gouttes, qui culminent tous à plus de 1 000 mètres. Le givre a tout recouvert de sucre glace. D’ordinaire sublime (et classé au patrimoine mondial de l’Unesco), le paysage se révèle féérique. Si mes mains se blottissent au fond de mes poches, mes yeux ne perdent pas une miette du décor. Quant à mes oreilles, elles savourent le silence. 

Soudain, une fumée blanche traverse mon champ de vision. Est-ce un volcan qui se réveille pour réchauffer l’atmosphère ? Car bien qu’endormis, les cônes auvergnats pourraient un jour se réveiller. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. L’essaim qui tourbillonne devant moi n’est autre qu’un rassemblement de flocons en goguette. Néanmoins, il a eu pour effet de décongeler mon imagination. Ma tête se peuple d’éruptions. De quoi me réchauffer au moins psychologiquement. 

La vue sur la chaîne des puys depuis le puy de la Coquille / Photo par Steve Stillman pour Koikispass
La vue sur la chaîne des puys depuis le puy de la Coquille / Photo par Steve Stillman pour Koikispass

Une forêt deux ambiances

Après un peu plus de 2 km sur un large sentier, un premier cratère se dresse devant moi : le puy de Louchadière. Il a la forme des volcans que je dessinais quand j’étais enfant (la lave en moins). Je reste de longues minutes à le contempler avant de poursuivre mon chemin. Une pensée rythme ma progression : mon Dieu que c’est beau ! Pourtant je n’ai encore rien vu.  

Parvenu vers le 5e km, l’ambiance vire au Seigneur des anneaux. Quelque chose de mystérieux plane. De part et d’autre du sentier deux clans se font face : d’un côté le peuple des hêtres dont les silhouettes rappellent celles de Sylvebarbe et de ses amis dans la forêt  de Fangorn, de l’autre celui des mélèzes qui se tiennent bien droit sur un tapis de mousse. Au pied de l’un d’eux, une flaque plus grande que la moyenne s’est métamorphosée en patinoire. Je m’y élance avec une grâce relative et il faut l’arrivée d’un couple de promeneurs et leur chien pour que finalement je me décide à interrompre mes arabesques. 

Pour le moment, le relief de la balade s’est révélé relativement plat. Mais une première côte m’attend au 6e km. Il va me falloir grimper sur 600 mètres pour parvenir au sommet du puy de Jume. De quoi me transformer en pompe à chaleur sous l’effet des efforts produits pour venir à bout de ce raidillon. Jusque-là frigorifiées, mes mains suffoquent dans les poches, à tel point qu’elles sont obligées d’évacuer. 

Le puy de Louchadière / Photo par Steve Stillman pour Koikispass
Le puy de Louchadière / Photo par Steve Stillman pour Koikispass

Drôle d’endroit pour une rencontre

Alors que je m’octroie une pause, je suis rejoint par deux randonneuses au rythme bien plus soutenu que le mien, Madeline et Annabel. La discussion s’enclenche aussitôt et se poursuit autour du cratère du puy de Jume, la très belle récompense de cette première ascension. Une conversation qui, contrairement aux volcans auvergnats, ne va plus s’éteindre et nous accompagner jusqu’à l’arrivée. Adeptes de Visorando (dont je découvre pour la première fois les fonctionnalités et qui, en plus de recommander des itinéraires, s’avère être un GPS précieux pour éviter de se perdre, même en cas d’éclipse de la 4G), elles me partagent quelques-unes de leurs balades fétiches comme le Tour du puy de Dôme et le Puy de Baladou

Ce qui me donne déjà envie de revenir. Une envie qui va croître au fil des panoramas sur la chaîne des puys et la plaine de la Limagne qui ponctuent la deuxième moitié de notre périple du jour (avec un coup de coeur particulier pour celui au sommet du puy de Jume, accessible par un chemin en cul-de-sac, et celui depuis le sommet du puy des Gouttes, d’où le puy de Dôme, le mont Fuji local, et le puy Pariou, star de la pub Volvic, se partagent la vedette). 

Une longue descente pour finir, avec notamment une portion assez raide, et nous voici de retour à notre point de départ avec mes deux compagnonnes de route. Le thermomètre affiche – 5, ma montre 15h30 et dans mon téléphone des dizaines de nouveaux clichés candidatent déjà au titre de plus belle photo de l’année.

Infos pratiques : balade “Trois petits puys en enfilade”, boucle de 13,5 km au départ de Saint-Ours (63). Durée : 5 h. Dénivelé positif : 400 mètres. Itinéraire à télécharger sur visorando.com ou sur l’appli Visorando à retrouver sur Google Play et l’App Store

L'une des pentes les plus raides du parcours sur les flancs du puy de Jume / Photo par Steve Stillman pour Koikispass
L’une des pentes les plus raides du parcours sur les flancs du puy de Jume
/ Photo par Steve Stillman pour Koikispass

Renaud CHARLES

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