Si l’essentiel des champignons de Paris est aujourd’hui produit en Chine ou bien encore en Pologne, le champignonniste Nicolas Garnier mise quant à lui sur les circuits courts. Installé à Urzy dans un ancien moulin, le fondateur des Champignons du coin vend ses récoltes tout au long de l’année sur les marchés de Cosne et Nevers ainsi que dans les boutiques de producteurs.
Si l’automne est la saison des champignons, il en est maintenant qui poussent tout au long de l’année du côté d’Urzy, dans un ancien moulin à eau. C’est ici que Nicolas Garnier a créé sa champignonnière Les Champignons du coin. Originaire de Coulommiers en Seine-et-Marne, le quadra n’est pas du genre débutant. Après avoir obtenu son BTS en production horticole à 20 ans, il entame sa carrière en vendant du matériel pour le jardinage d’intérieur puis se convertit à l’agriculture urbaine en faisant pousser des champignons et des endives dans d’anciens parkings souterrains d’Île-de-France.
En même temps, l’idée de s’installer à son compte germe tout doucement dans sa tête. Le besoin de nature le conduit régulièrement dans les forêts du Morvan qu’il adore. “En 2h30, on a l’impression d’être au Canada. Avec ma compagne qui travaille à Paris, on a commencé à y chercher une ferme pour cultiver des morilles en pleine terre. Mais le sol est beaucoup trop acide”.

Morilles, champignons de Paris, shiitakés et pleurotes
Ils étendent alors leurs recherches, analysent les sols d’une vingtaine de fermes et finissent par dégoter le moulin du Greux à Urzy. “Le sol est argilo-calcaire donc parfait pour les morilles qui poussent naturellement sur le terrain. La présence de la Nièvre apporte l’humidité nécessaire pour la culture en intérieur des champignons de Paris, shiitakés et pleurotes. Enfin les murs épais de l’ancien moulin gardent une température assez constante réduisant les besoins énergétiques”.
Plusieurs mois de travaux auront été nécessaires pour aménager les quatre salles de pousse et la chambre froide au rez-de-chaussée du moulin. Ici, le mycélium fait son nid sur du substrat composé de paille, de sciure de bois et de tourbe. “Il incube pendant un mois puis ensuite on récolte plusieurs fois par jour durant une dizaine de jours. La pousse est très rapide, on ne s’ennuie pas et il faut être très précautionneux pour ne pas abîmer les champignons”. A la fin de la récolte, les salles sont entièrement désinfectées et le substrat recyclé dans le jardin.
À la carte d’une vingtaine de restaurants
Pour commercialiser sa production, qui s’étend de septembre à juin, Nicolas Garnier a commencé en janvier par les marchés de Cosne-sur-Loire et Nevers. Aujourd’hui, on retrouve ses champignons à la carte d’une vingtaine de restaurants nivernais et dans les magasins de producteurs La Fermille à Saint-Benin-d’Azy, Secrets de Paysans à Coulanges-lès-Nevers, le Local paysan à Luzy, la P’tite Epicerie d’Urzy et le Grenier paysan à Moulins-Engilbert. Un mode de distribution en circuits courts qui garantit des champignons ultra-frais.
Et notre myciculteur ne compte pas s’arrêter là. Cet été, il s’est attelé à la construction d’un laboratoire afin de produire d’autres variétés de champignons. Car chez Nicolas Garnier, les idées ça pousse comme les champignons.
Infos pratiques : Les Champignons du coin sont en vente sur le marché de Cosne-sur-Loire les mercredis et dimanches et sur les marchés de Nevers du square de la Résistance le vendredi après-midi et du marché Carnot le samedi matin. Pas de vente directe sur l’exploitation. Plus d’infos sur leschampignonsducoin.fr
Isabelle Dany








































