Perché sur la colline de Sancerre, le château de Sancerre s’invente une nouvelle vie. La Tour des Fiefs, seul vestige encore sur pied de l’ancien édifice du Moyen Âge et qui offre une vue de carte postale, fait l’objet d’une opération de sauvetage à laquelle doit contribuer une exposition consacrée à Victor Vasarely, l’inventeur de l’art optique, jusqu’au 22 septembre. Journaliste pour Koikispass, Virginie Jannière est allée jeter un œil.
« Le Mont Saint-Michel de la région ». C’est en ces termes que David Chicard, nouveau propriétaire du château de Sancerre (Cher), présente la Tour des Fiefs, emblème de la ville et seul vestige encore debout de l’ancien château fort. Impossible de passer à côté : on peut l’apercevoir à des kilomètres à la ronde et sur de nombreuses bouteilles du célèbre vignoble. Pourtant, située sur un domaine privé, il n’était auparavant pas possible de la visiter.
Le patrimoine des Sancerrois
En octobre dernier, lorsque le Neversois rachète le château de Sancerre – et les 5 hectares de la propriété – à la famille Marnier (Le Grand Marnier, c’est eux !), son projet est d’abord hôtelier. Le château, désormais coquette bâtisse édifiée en 1874 par mademoiselle De Crussol d’Uzès, va accueillir, dès 2025, huit chambres de haut standing avec la possibilité de privatiser le domaine pour des événements. Mais pour l’investisseur, pas question de développer le tourisme au château sans rénover la tour. « C’est le patrimoine des Sancerrois. Elle leur appartient ! », explique David Chicard.
Pour me faire visiter, je suis accompagnée par le régisseur, Rémi Pierre, également président
de l’association des Amis de la Tour. L’immense cèdre du Liban à l’entrée annonce la beauté du jardin, récemment réagencé. Quant au romantique carrousel et aux parterres fleuris plantés entre les pierres éboulées du château disparu, ils feraient presque oublier le passé guerrier des lieux. « Le château a servi à deux reprises de bastion protestant pendant les guerres de Religion avant que le prince de Condé ne le rase en quasi-totalité en 1621. Ne subsiste que cette tour », raconte Rémi Pierre.

193 marches et 404 mètres d’altitude
Parvenus sur l’esplanade qui mène à la Tour des Fiefs, l’exposition Vasarely débute. Vingt-quatre des œuvres iconiques de l’inventeur de l’art optique sont présentées jusqu’au 22 septembre. Un voyage au pays des illusions qui s’achève par un panorama (bien réel) à couper le souffle. Pour cela, il faut gravir les 193 marches de la tour. Un premier étage, où trône encore une immense cheminée rongée par l’humidité, permet de marquer une pause.
« De l’eau s’infiltrait partout. Un financement participatif a déjà permis d’étanchéifier le toit et le second étage. Mais au total 300 000 euros seront nécessaires pour rénover intégralement la tour et l’ouvrir au public de manière pérenne », explique le régisseur. Une fois en haut, juchés à 404 mètres d’altitude, on contemple à 360 degrés la Loire, les toits de Sancerre et les hectares de vignes. « Vous verrez, entre l’exposition Vasarely, cette vue et l’atmosphère médiévale du monument, vos sens risquent d’être perturbés », avait prévenu David Chicard. Ce n’est pas une illusion d’optique, la visite vaut le détour.
Virginie Jannière
Infos pratiques : exposition Vasarely au château de Sancerre, Sancerre (18). Jusqu’au 22 septembre du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 18 h 30, nocturnes tous les vendredis jusqu’à 22 h (ouvert également le mardi en juillet et août). Tarif : 12,50 € (adulte), 7 € (7-14 ans), gratuit pour les moins de 6 ans. Infos et réservation sur lechateaudesancerre.fr





































