Partir en voyage à vélo et découvrir des panoramas magiques à côté de chez soi, c’est la raison d’être de la “Route des grands lacs du Morvan” à vélo, un itinéraire pensé par Laurent Bouit, documentariste passionné de sports nature et d’itinérance.
Vous avez fait le tour de la planète pour y tourner de nombreux documentaires pour des émissions telles que Faut pas rêver ou Échappées belles. Comment avez-vous découvert le Morvan ?
Laurent Bouit : J’ai grandi en Saône-et-Loire, dans le Brionnais, ce n’est pas très loin. Et depuis 25 ans, j’ai une maison à côté de Nevers, ce qui m’a permis de sillonner la Nièvre et le Morvan, en trail et à vélo, à côté de mon activité de réalisateur. Je réalise dorénavant aussi des films autour de la marche à pied, du cyclisme, de l’itinérance et du sport en général.
Il y a trois ans, vous avez créé les itinéraires « Morvan gravel ». Cette fois, vous vous tournez vers le cyclotourisme. Pourquoi ?
La pratique du gravel reste une niche. Avec ce nouvel itinéraire vélo, j’avais envie de m’adresser à un public plus large, d’où l’idée de travailler un tracé cyclotouristique sur routes goudronnées qui forme une boucle depuis Nevers. Chaque été, Nevers voit débarquer de nombreux cyclotouristes qui suivent la Loire à vélo ou l’EuroVélo 6. Mais peu de gens entreprennent de sillonner la Nièvre et le Morvan au départ de Nevers. J’ai voulu réparer cela.
A qui s’adresse ce nouvel itinéraire ?
Pas besoin d’être ultra sportif mais l’itinéraire nécessite un minimum de condition physique. Il fait 260 km avec l’eau comme fil rouge. Si on veut prendre son temps, on roule trois ou quatre heures par jour, soit 35 à 40 km et on s’arrête chaque soir près d’un lac. Il n’y a jamais plus de 40 km entre chaque plan d’eau avec baignades autorisées – surveillées même ! – et plages de sable. C’est exceptionnel ! A part les véloroutes maritimes, je ne vois pas d’autres endroits où l’on trouve ça. L’idée est d’avoir du temps pour profiter de ces paysages.
Partir en vacances à côté de chez soi, c’est donc possible !
J’ai passé 20 ans à l’autre bout du monde pour réaliser des films qui incitaient les gens à prendre l’avion. Durant la crise du covid, nous nous sommes tous rendu compte qu’il y avait des choses à voir autour de chez soi. A travers mon métier de réalisateur, je m’efforce désormais de montrer comment se réapproprier notre espace proche. Inutile d’aller à l’autre bout du monde, ou même de la France, pour découvrir des pépites.

Côté vélo, qu’offrent la Nièvre et le Morvan ?
Un faible trafic routier ! Sur l’itinéraire de la “Route des grands lacs du Morvan”, on croise moins de dix voitures par 100 km. Ce territoire est traversé par de nombreuses petites routes étroites, ce qui donne un sentiment très agréable d’immersion dans la nature. Ce à quoi s’ajoute le côté balnéaire avec les lacs et les nombreux campings à la fois beaux et bon marché. On peut aussi choisir de dormir en chambres d’hôtes mais force est de constater que l’offre y est moins importante.
Quels conseils donneriez-vous à des néophytes de l’itinérance à vélo ?
Il faut d’abord se familiariser avec la technologie GPS car pour l’instant cet itinéraire n’est pas balisé physiquement. Ensuite, mon conseil serait de choisir une des étapes pour tester le temps d’un week-end. Je recommande par exemple l’étang du Merle, situé à 40 kilomètres de Nevers. C’est un endroit magique !
Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
Nous avons le soutien du Département de la Nièvre et nous développons également le côté participatif. Nous récoltons les retours d’expérience sur la page Facebook de “La Route des grands lacs du Morvan” afin de faire évoluer l’itinéraire si besoin. Ensuite, nous pourrons décliner l’itinéraire vers d’autres pratiques ou même penser à de nouveaux itinéraires. Tout est possible !
Propos recueillis par Virginie Jannière
Infos pratiques : plus d’infos sur Facebook. L’itinéraire est téléchargeable sur lanievrenaturellement.com et sur umap.openstreetmap.fr





































