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“Les citoyens sont les experts de leur propre vie et de la Nièvre”

Imagine la Nièvre a permis aux Nivernaises et aux Nivernais de partager leurs idées / Photo par Romain Liger pour Koikispass

Alors que la grande concertation publique Imagine la Nièvre s’achève ce 31 mars par une dernière rencontre organisée à Nevers, le président du conseil départemental Fabien Bazin dresse un premier bilan pour Koikispass.  

Dans quel contexte avez-vous lancé la concertation publique Imagine la Nièvre ?

Fabien Bazin : Il ne s’agit pas simplement d’une participation citoyenne. Notre volonté est de faire parler des gens très éloignés du débat public. Les élections régionales et départementales de juin dernier ont donné lieu à un débat confiné : on n’a pas pu rencontrer les Nivernaises et les Nivernais. Or, on ne peut plus faire sans, à la place, ni pour les gens : c’est ce que nous dit la baisse de la participation aux élections. Notre ambition est de retisser le lien de confiance entre les citoyens, l’administration et les élus. Ce travail collectif a débuté par une enquête qualitative pour comprendre la perception de la Nièvre par ses habitants. Il s’est achevé par l’expression de plus de 500 propositions ! Les citoyens sont les experts de leur propre vie et de la Nièvre d’aujourd’hui comme de celle qu’ils veulent pour demain.

En quoi cette concertation se distingue-t-elle de la convention citoyenne pour le climat organisée entre 2019 et 2020 ?

La convention citoyenne n’est qu’une « vitrine » dont on a vu les propositions être enterrées. Ce n’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. Nous avons choisi de prendre le temps, de réunir beaucoup de monde. Nous n’avons pas simplement invité les gens à des réunions publiques ; nous les avons relancés, leur avons fait prendre la parole, nous les avons écoutés. Il y avait des jeunes, des anciens, des aides à domicile, des chefs d’entreprise, des personnes en recherche d’emploi… Leur tendre le micro leur redonne de la force et de la confiance en leur légitimité pour s’exprimer. Leur parole leur sera restituée lors d’une rencontre le 25 juin. Nous demanderons à celles et ceux qui ont partagé leurs idées de les présenter eux-mêmes. Aux équipes techniques et administratives de s’en emparer pour les analyser et comprendre comment les intégrer à notre projet politique. Les Nivernaises et les Nivernais seront ensuite impliqués durant tout le mandat par le biais de référendums, de sondages et d’enquêtes, pour évaluer notre action à la lumière de leurs propositions. Nous comptons garder l’interaction permanente. L’équipe départementale s’engage à ce que la parole donnée soit utile et les projets conformes à leurs attentes.

Vous dites avoir réussi à toucher les jeunes, électorat pourtant réputé difficile à mobiliser…

Nous sommes allés dans les collèges, les missions locales, les centres sociaux, sur les terrains de foot… Nous avons discuté avec eux dès qu’on en a eu l’occasion. J’ai été frappé par la précision de leur analyse sur les enjeux du département. Ils décrivent parfaitement les choses. Même s’ils sont très positifs concernant l’avenir, la question du manque d’offre de transport est souvent revenue. Ils nous ont aussi parlé du besoin pour les jeunes de se rassembler, dans des boîtes de nuit et des endroits pour faire la fête de manière générale. Enfin, ils sont très sensibles à l’environnement, à l’offre de formation, au soutien de leurs projets. Un jeune Nivernais de 9 ans a même pris la parole devant une assemblée de 200 personnes pour nous enjoindre de préserver notre patrimoine pour faire venir les touristes !

Quels sont les autres thèmes principaux qui sont ressortis de ces rencontres ? 

Deux axes principaux se dégagent d’ores et déjà : la santé et la place des jeunes, justement, dans notre département. Les Nivernaises et Nivernais nous ont fait part de leur besoin d’avoir davantage de structures et de facilités dans le département pour ne pas devoir aller faire leurs études ailleurs. La question de l’attractivité de la Nièvre est aussi au centre des préoccupations. De ce côté-là, on poursuit sur notre lancée avec la campagne “Essayer la Nièvre”. Nous avons accueilli une centaine de familles ayant pour projet de s’installer dans le département pour qu’elles puissent le découvrir. Notre département s’inscrit pleinement dans le renouveau du monde rural.

Quelle est pour vous la définition du politique à la veille des grandes échéances électorales à venir ?

L’enjeu et l’ambition sont de faire travailler les gens ensemble. Et c’est difficile car il y a de la méfiance, de la défiance même. On ne peut plus continuer ni l’addition des dispositifs, ni l’utilisation d’un langage technocratique incompris des citoyens. Nous devons surtout travailler sur des projets de vie qui dessinent des projets de territoires et non des projets de territoires qui préjugent des projets de vie. Aujourd’hui, quatre ou cinq générations cohabitent, ce qui suscite beaucoup d’interrogations sur la maison de retraite de demain par exemple. On ne connaît pas la moitié des métiers qui existeront dans 10 ans et le changement climatique nous presse de considérer les enjeux des biens communs (santé, eau, forêt…). Aujourd’hui, c’est aux citoyens de dire et au politique de soutenir pour agir collectivement.

Parallèlement à la défiance vis-à-vis du monde politique, l’engagement des Français se renforce du fait notamment de la crise sanitaire. Comment l’élu que vous êtes se positionne-t-il par rapport à cette situation ?

Le bénévolat associatif est un outil très précieux. Rien qu’à Lormes [dont Fabien Bazin a été le maire pendant 20 ans, ndlr], il existe 60 associations pour 400 habitants ! De manière générale, le Département travaille le plus étroitement possible avec le secteur associatif. Par exemple, nous avons formé au numérique le conseil d’administration de Générations Mouvement, une association départementale qui promeut des actions à destination des seniors.

Quelles sont désormais les prochaines étapes d’Imagine la Nièvre ?

Le dernier rendez-vous a lieu ce 31 mars à l’ISAT à Nevers avec les jeunes. On veut se mettre au travail dans la foulée pour préparer la restitution du 25 juin. Enfin, une session extraordinaire du Conseil départemental sera organisée au mois de juillet pour adopter le projet de la Nièvre qui sera ensuite régulièrement soumis à l’évaluation des habitants.

Infos pratiques : La dernière rencontre Imagine la Nièvre aura lieu jeudi 31 mars à 18h30 à l’ISAT, 49, rue Mademoiselle Bourgeois à Nevers. Infos et inscriptions sur imaginelanievre.fr

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Propos recueillis par Manon Gayet

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