Thierry Vasseur est photographe. Mais pas un photographe comme les autres. Sans aucune substance illicite ni schizophrénie particulière, il parvient à nous entraîner dans un monde fait de bombes sexy et de bizarreries ultra-colorées. Bienvenue dans le Pop-techno-narratif…

A l’heure où adolescent,  vous fantasmiez devant les sublimes créatures des couvertures de la célèbre série SAS, Thierry Vasseur, lui, les photographiait … Ça a de quoi énerver deux ou trois générations d’acnéiques, mais pour lui, SAS, c’est 11 années de sa vie. Juste 11 ans. Car derrière ce nom qui a apporté une vision plus glamour à la série SAS sur 50 couvertures, se cache surtout un artiste aussi inclassable que le mouvement qu’ils sont quelques-uns à représenter,  mélangeant à la fois la bricole délirante et la photographie pour un résultat surfant entre le pop’art et le Marvell. Né au tout début des années 60, Vasseur a évolué avec son époque.

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D’abord le noir et blanc. Des nus, puis un grand livre, Combat, ou des personnalités comme Jacques Villeret – parrain du projet –  André Pousse, Jacques Deray ou encore Reggiani, se mélangeaient à Alain Dominique Perrin (qui c’est celui-là ? Le PDG de Cartier International !), pour enfiler des gants de boxe et donner en une phrase leur idée du combat.  Puis vint la couleur, dans des reportages ramenés de ses voyages autour du monde – qui vont être déterminants dans son œuvre actuelle- puis les pin-up (veinard !), un passage donc chez SAS pour s’engager dans un mouvement proche du pop’art qu’il nomme le Pop-techno-narratif.

Aujourd’hui ses tableaux sont un peu le résumé de sa vie : une enseigne photographiée à Miami sur un bâtiment de New-York dans un paysage du Chili ou un morceau de flaque d’eau donnant un vaste paysage lunaire. Puis viennent les incontournables : la pénélope incarnée par sa photographe de femme, Gisèle Didi (on en reparlera !), les voitures improbables de l’artiste neversois Bertrand Dios. Un mélange du monde dans une œuvre unique. Quand on l’interroge, Vasseur répond «  Je crois que les voyages me manquent ! ». On appréciera le sens de l’autoanalyse.  S’il n’est pas le seul à user de la technique du montage photographique, en revanche un détail est important «  j’ai photographié tout ce que je mets dans mes tableaux, je ne vais pas chercher des images sur Internet. Nous sommes très peu en France à travailler ainsi ». Résultat : 7/8 œuvres achevées par an, mais la garantie d’avoir un 100% Vasseur.

Tout est à découvrir sur le net www.thierry-vasseur.fr ou mieux, au Drugstore à Corbigny, la galerie d’art vintage que Gisèle Didi a ouverte. Une exposition consacrée à ses différents travaux passés et présent sera aussi visible du 2 avril au 30 mai à l’Abbaye Saint-Germain d’Auxerre, dans le cadre du Mois de la photo puis à Avallon du 15 septembre à la Toussaint. Allez pour vous consoler, les éditions de La Martinière ont aussi publié un ouvrage : Eros et Thanatos ou SAS vu par Thierry Vasseur (disponible au Drugstore de Corbigny !)