Claude Lévêque, né à Nevers en 1955, est un artiste contemporain de renommée internationale, connu et reconnaissable. Son parcours atypique ainsi que ses œuvres sont intimement liés à sa terre de naissance.

Faidherbe, les jardins Sncf, la piscine de La Jonction

Parler de Nevers avec Claude Lévêque, c’est plonger dans son passé, dans le nôtre, dans l’histoire. Celle du quartier Faidherbe où il est né, les jardins SNCF aux bords de la voie ferrée, le quartier du Banlay, celui de son adolescence, et bien sûr : la piscine de La Jonction « le plus bel endroit de Nevers qui a bercé l’adolescence de tant de neversois. Il y a dans cet endroit une valeur de mémoire énorme » insiste celui qui revient sur le site dès que possible. Rien ne prédestinait l’enfant à devenir l’adulte qu’il est aujourd’hui. Elève médiocre, c’est sa mère qui l’incite à rejoindre les Beaux-arts après un CAP de menuisier « c’était pas mon truc ».

Ce que j’ai vécu à Nevers active encore mon présent*

*extrait de l’ouvrage « Nevers let love In » paru en 2012 aux éditions Delicta, en vente à la Librairie Le Cyprès, 17 Rue du Pont Cizeau Nevers 03 86 57 53 36.

Un an à l’Opéra Garnier

Depuis 1976, tout a été dit, ou presque, sur Claude Lévêque, sa vie, son œuvre. Dernièrement, ce sont ses projets pour les Opéras de Paris, « Les Saturnales » qui ont fait l’actu et suscité la polémique. « Je me doutais que le projet de l’Opéra Garnier allait créer des remous » évoquant ses deux énormes pneus de tracteur, couleur or, disposés de part et d’autre du grand escalier en rapport avec la symétrie mécanique et ornementale de l’architecte Charles Garnier. Ne surtout pas se fier aux apparences, elles peuvent être trompeuses. Sous ses airs rustiques, l’homme est sensible, à la ville comme dans ses lieux de travail. 

« Sensible à la façon dont les gens perçoivent mon travail, il fait parti de moi, de mon parcours, de mon histoire. Il y a un côté autobiographique ». Alors, l’artiste revendique sa volonté de toucher, d’émouvoir, d’affecter la sensibilité des visiteurs. « Que chacun s’approprie l’objet, qu’il y ait une réaction, un écho à une mémoire collective, à des souvenirs personnels ». Homme d’art, il ne saurait céder à la compromission. « L’Art a ses exigences, j’ai les miennes ». Si son œuvre peut paraître minimaliste, elle n’en demeure pas moins significative et prolifique. De Biennales en expos collectives, Claude Lévêque s’est fait un nom et une réputation. Il reste néanmoins très attaché à Nevers qui lui apparaît « aujourd’hui comme incroyablement cinématographique » et à qui il a consacré un livre « Nevers let love in », recueil de textes, de poésies, de photos de famille en noir et blanc, des instantanés des lieux de son enfance…

Pour découvrir ou redécouvrir son travail : www.claudeleveque.com