Avis aux amateurs d’aventures ! Itinérance Mushing propose des sorties pour vivre la forêt de Tronçais de l’intérieur, notamment à bord de « cani-karts ». Alors que nous avions tenté l’expérience l’hiver dernier, nous avons pris des nouvelles du musher Sylvain Cordeau.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est le mushing ?
Sylvain Cordeau : C’est un terme international qui englobe toutes les activités d’attelage canin, soit le cani-cross, la cani-randonnée, le cani-kart, la cani-trottinette, le traîneau, la cani-raquette, etc.
Comment êtes-vous devenu musher ?
Depuis toujours, j’ai une attirance pour le mushing. Ma vie a basculé quand j’ai passé plusieurs mois d’hiver dans le Grand Nord, aux sources de ce qu’est l’activité de chiens de traîneau aujourd’hui. Puis j’ai eu l’opportunité de passer mon diplôme d’État et de m’installer avec mes propres chiens en forêt de Tronçais en 2012 pour pratiquer le mushing dans le respect de mes valeurs.
Quelles sont-elles ?
J’entraîne et je prends soin de mes chiens comme on le ferait avec des sportifs de haut niveau. Pour cela, je respecte leur charge de travail, le poids qu’ils peuvent tirer, et les températures. C’est pour cela qu’entre mai et octobre on n’a pas pu faire de sorties en attelage. Avec le réchauffement climatique, on ne peut plus tout miser sur cette activité. Par ailleurs, je n’utilise aucun accessoire pour diriger mes chiens ; juste ma voix et ma présence. Il y a un message derrière ma pratique. J’aime la transmission. Avant de monter dans le kart, je parle au public de l’histoire du mushing et du travail avec les chiens. Faire des « tours de manège » pour les gens de passage ne m’intéresse pas.
Avec ce début d’automne trop chaud, sentez-vous que l’activité est menacée ?
Jusqu’à ce que je m’installe en 2012, les activités avec chiens, hors période neigeuse, restaient de l’ordre de l’exceptionnel. Puis les hivers doux se sont multipliés et on a sorti les karts. Désormais, on ne peut travailler avec les chiens que de novembre à début mai. Néanmoins, le réchauffement climatique n’est pas le seul facteur de menace. J’ai de plus en plus de mal à travailler avec les centres de loisirs, notamment parce que beaucoup d’enfants et d’adolescents ne parviennent plus à marcher longtemps du fait de la sédentarité qui augmente. C’est un triste constat. En revanche, j’adore travailler avec le public des instituts médico-éducatifs : leur relation aux animaux m’impressionne.
Quels conseils donnez-vous à ceux qui hésitent à se lancer dans une balade en cani-kart ?
Il faut venir sans a priori, ne pas être phobique des chiens, et surtout se renseigner sur la personne qui organise la sortie. Quelqu’un qui prend en compte le bien-être animal, qui a un peu bourlingué et qui est diplômé, c’est mieux !
Comment voyez-vous l’avenir d’Itinérance Mushing ?
Dans trois ou quatre ans, j’arrêterai. Mes chiens, aujourd’hui actifs, seront à la retraite et je n’ai pas envie de renouveler ma meute. Je ne pourrai plus m’en occuper à 75 ans ! J’ai promis à mes chiens de les emmener dans le Grand Nord pour fêter la fin de leur labeur. Faire une grande virée avec eux en Laponie serait un beau cadeau de départ en retraite !
Infos pratiques chien de traîneau : Itinérance Mushing, à Saint-Bonnet-Tronçais (03). Réservation obligatoire au 06 70 19 22 53. Tarifs : pour le cani-kart : 200 €, pour 4 personnes maximum. Pour le cani-rando : 40 € par personne. Trottinette électrique (« E-Fat-trott ») : 50 € par personne (sorties accompagnées). Plus d’infos sur itinerancemushing.com
Propos recueillis par Virginie Jannière