Le dimanche après-midi de Pâques à la Toussaint, des visites guidées de la basilique de Vézelay sont proposées en compagnie d’un frère ou d’une sœur des Fraternités monastiques de Jérusalem. Journaliste pour Koikispass, Virginie Jannière y a pris part.
Il fait encore beau et chaud en cet après-midi de septembre, un temps à aller piquer une tête dans la Cure toute proche. Pourtant, à 14 h 30, comme tous les dimanches, une bonne quinzaine de personnes se trouvent dans le narthex de la basilique pour la visite hebdomadaire de Sainte Marie-Madeleine de Vézelay (Yonne), classée au patrimoine mondial depuis 1979.
À l’heure dite, une religieuse de la communauté des Fraternités monastiques de Jérusalem pénètre tout sourire dans la basilique. Après quelques secondes de présentation, elle se lance dans l’histoire de l’abbaye de Vézelay. Fondée par des moines bénédictins au IXe siècle en bas de la colline, à Saint-Père, elle fut détruite par les Normands avant d’être reconstruite au sommet de la colline. Son essor considérable date en réalité du XIIe siècle, à partir duquel elle devient un point de départ pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Une histoire mouvementée
Au fil du récit qui nous est conté, j’apprends que l’abbaye a alterné entre périodes de prospérité et de déclin, que la foudre s’est abattue sur la flèche de la basilique au XIXe siècle et qu’Eugène Viollet-le-Duc, encore tout jeune architecte, fut choisi pour reconstruire une partie de la basilique à seulement 26 ans.
Après cette riche entrée en matière, la visite peut commencer par le magnifique tympan qui surplombe l’entrée principale, un « Christ en gloire » entouré de ses apôtres. J’observe que nombre de détails sont païens, comme par exemple ces saynètes représentant les activités des champs à chaque saison. « Beaucoup de fidèles ne savaient pas lire au Moyen Âge, rappelle la religieuse. Ces gravures constituent une sorte de calendrier pour se repérer dans l’année ». Autre anecdote : les pèlerins avaient l’habitude de se faire laver les pieds par les moines dans un grand bassin placé dans le narthex.

Des anecdotes plein la tête
Tout au long de la visite, les petites histoires, délivrées avec talent par notre guide, se mêlent à la grande. Après une demi-heure passée dans le narthex, nous glissons sous la nef pour un exposé plus architectural autour de l’art roman et de l’art gothique ainsi que sur le quotidien des bâtisseurs d’églises et des tailleurs de pierre. Une heure s’est écoulée et il est temps pour la religieuse de prendre congé après une petite quête.
Je m’attendais à une visite poussiéreuse autant que pompeuse (pour ne pas dire pompante) et je repars avec en tête quantité d’anecdotes. Et si les voies du Seigneur restent impénétrables, j’ai la sensation d’avoir quand même percé quelques secrets…
Où manger ?
Du basilic à la basilique
Situé à l’entrée de la rue principale, Le Basilic, comme son nom ne l’indique pas, s’est fait une spécialité des plats locaux comme les œufs en meurette ou l’entrecôte à la sauce à l’époisses. Il n’y a pas de mal à se faire du bien.
Le Basilic, 21, place du Champ de Foire, Vézelay (89). Ouvert tous les jours.
Virginie Jannière
Infos pratiques : basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay, 24, rue Saint-Pierre, Vézelay (89). Visite guidée tous les dimanches à 14 h 30
(de Pâques à la Toussaint). Plus d’infos sur basiliquedevezelay.org







































