Alors que la fameuse pommade camphre-menthol n’est plus fabriquée depuis fin décembre à la suite de la fermeture de la pharmacie de la rue de Nièvre, ses utilisateurs se mobilisent via notamment une pétition lancée par Koikispass qui a réuni plus de 3 500 signatures. Nous avons fait le point sur la situation avec Philippe Cordier, ex-adjoint à la santé à la mairie de Nevers.
Pouvez-vous retracer l’histoire de cette fameuse pommade camphre-menthol ?
Philippe Cordier : C’est une pommade qui existe depuis 1945, fabriquée par la pharmacie de la rue de Nièvre à Nevers. Elle s’est d’abord appelée « Mentho-Borum » puis « Misiderme », comme une contraction de « mets-y sur le derme ». Le problème, c’est que la pharmacie a fermé fin décembre et qu’il n’y a pas eu de repreneur. Or la fabrication de la pommade dépendait de cette seule pharmacie ; s’il y avait eu rachat à la personne qui fabrique la recette, cela aurait été envisageable de poursuivre sa commercialisation. Mais l’Agence régionale de santé (ARS) a interdit sa production et empêche une autre pharmacie de la reprendre. En effet, la pommade n’est pas inscrite au formulaire national qui recense les formules validées par l’ARS. C’est vraiment dommage de perdre un tel produit qui ne comporte aucun antibiotique. De nombreux Nivernais l’ont chez eux. C’est une pommade peu coûteuse et efficace contre les irritations, les brûlures, les rhumes…
En fait, c’est un morceau du patrimoine de Nevers qui disparaît…
Il y a un attachement affectif des Neversois à cette pommade. C’est le baume des petits maux du quotidien. Il y avait une vraie demande. Et aujourd’hui, on m’interpelle dans la rue pour me dire « comment se fait-il que ce produit disparaisse ? ». Cela fait partie du patrimoine médical de Nevers. Rappelons d’ailleurs que les premiers collyres ont été inventés à Nevers par le docteur Chibret.
Que peut faire la municipalité pour éviter la disparition définitive du camphre-menthol ?
Elle peut émettre un avis. J’en ai aussi personnellement parlé au directeur départemental de l’Agence régionale de santé. Mais la mairie ne va pas influencer un service de l’État. Ce qui peut avoir un impact, ce sont les articles de presse comme le vôtre, mais aussi la pétition qu’a lancée Koikispass. J’ai vu qu’elle avait dépassé les 3 500 signatures. Et le nombre de signataires va sans doute encore augmenter. Espérons que, par ce biais, on pourra sensibiliser l’ARS à ce sujet !
Propos recueillis par Joséphine Lebard
Pour signer la pétition « Sauvons la pommade Camphre-Menthol », rendez-vous sur change.org





































